
La Pologne refuse de lever l'embargo sur les céréales ukrainiennes malgré la pression de l'UE
Le vice-ministre Adam Nowak a déclaré lors d'une réunion à Bruxelles que la levée de l'interdiction porterait préjudice aux agriculteurs et aux consommateurs, tandis que la Commission européenne menace d'engager une procédure d'infraction.
La Pologne refuse de lever l'embargo
La Pologne ne retirera pas son interdiction unilatérale sur certains produits agricoles ukrainiens, a déclaré le vice-ministre de l'Agriculture Adam Nowak après une réunion des ministres de l'Agriculture de l'UE à Bruxelles lundi. Il a souligné l'approche de la récolte, lorsque les prix des céréales sont au plus bas saisonnier et que de nombreux agriculteurs manquent de capacité de stockage, les obligeant à vendre directement depuis le champ. Lever l'interdiction maintenant, a-t-il argué, déstabiliserait le marché.
Compte tenu de la situation sur les marchés agricoles (nous sommes avant la récolte, quand les prix des céréales sont généralement les plus bas, car les agriculteurs sont souvent contraints de vendre directement du champ faute de stockage), nous ne voyons aucune possibilité de lever cette interdiction unilatérale, car elle serait défavorable pour les marchés agricoles polonais, pour les agriculteurs polonais et, surtout, à notre avis, également pour les consommateurs.
La Commission européenne invoque un nouvel accord commercial
La Commission européenne continue de faire pression pour la levée de l'embargo. Le porte-parole Olof Gill a rappelé la semaine dernière qu'un nouvel accord commercial UE-Ukraine est en vigueur depuis novembre 2025, introduisant des contingents tarifaires réduits conçus pour protéger les agriculteurs européens. Selon la Commission, les interdictions maintenues par la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie ne sont plus justifiées et risquent de fragmenter le marché unique.
Nous n'excluons pas la possibilité que des mesures supplémentaires soient nécessaires à un moment donné, mais à ce stade, nous poursuivons notre engagement (dans les discussions) et cela restera ainsi pour l'instant.
Normes inégales et vulnérabilité de la récolte
Nowak a souligné que les producteurs ukrainiens bénéficient d'un accès libéralisé au marché sans avoir à respecter les normes rigoureuses imposées aux agriculteurs polonais. Cette asymétrie, combinée à la pression saisonnière de la récolte, rend Varsovie peu encline à faire des compromis. L'embargo actuel a été introduit après qu'un afflux de produits agricoles ukrainiens a inondé le marché de l'UE suite à la libéralisation du commerce en 2022, ce qui a entraîné une forte baisse des prix et de graves difficultés pour les producteurs nationaux.
L'Ukraine a obtenu un accès libéralisé aux marchés européens sans avoir à respecter les mêmes normes strictes que les agriculteurs polonais devaient et doivent encore respecter, donc pour l'instant nous ne voyons aucune perspective de lever l'embargo.
La visite de Hansen n'a pas fait évoluer la position
Le commissaire européen à l'Agriculture, Christophe Hansen, s'est rendu en Pologne les 18 et 19 juin pour les journées de terrain Krajowe Dni Pola et a tenu des réunions avec le secteur bancaire, les organisations agricoles et les commissions parlementaires conjointes. Varsovie a profité de l'occasion pour délivrer un message sans ambiguïté.
Nous avons clairement signalé que nous ne voyons aucune possibilité de lever ce mécanisme, car la libéralisation du commerce est préjudiciable à la Pologne ; c'est le seul moyen de sauver la stabilité du marché agricole en Pologne.
Moments clés du différend
- L'UE libéralise le commerce avec l'Ukraine ; un afflux d'importations agricoles conduit la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie à imposer des embargo unilatéraux.
- Un nouvel accord commercial UE-Ukraine entre en vigueur avec des contingents réduits pour protéger les agriculteurs européens.
- Le commissaire européen à l'Agriculture, Christophe Hansen, se rend en Pologne et entend l'opposition de Varsovie à la levée de l'embargo.
- Le vice-ministre Adam Nowak déclare aux ministres de l'Agriculture de l'UE à Bruxelles que la Pologne ne peut pas lever l'interdiction avant la récolte.
La suite
La Commission n'a pas encore engagé de procédure d'infraction, mais la déclaration de Gill indique que Bruxelles garde cette option ouverte. Pendant ce temps, la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie maintiennent leurs embargos, arguant que le nouvel accord commercial, bien qu'il limite des produits sensibles comme le sucre, la volaille, les œufs, le blé, le maïs et le miel, ne compense pas le déséquilibre concurrentiel. Aucune date pour de nouvelles discussions n'a été annoncée.


