
La Diète polonaise vote à 419 voix contre 19 la criminalisation du patostreaming, le projet de loi transmis au Sénat
Le Sejm a approuvé le 11 juin une législation qui fait de la diffusion ou de la publication en ligne de vidéos montrant des crimes graves, des actes de cruauté envers les animaux ou des traitements humiliants un délit pénal. Le texte est désormais transmis au Sénat.
Large soutien transpartisan
Le projet de loi a été adopté par 419 voix pour, 19 contre et une abstention. La coalition au pouvoir et le principal parti d'opposition, Droit et Justice (PiS), ont tous deux soutenu le texte. Les 178 députés PiS ayant voté l'ont approuvé, tandis que le parti Confédération a constitué le noyau de l'opposition.
- Pour
- 419
- Contre
- 19
- Abstentions
- 1
Ce que la loi interdit
La mesure criminalise la diffusion en ligne de contenus montrant la commission d'une infraction grave, la maltraitance ou la mise à mort d'animaux (y compris les céphalopodes), ou un traitement dégradant d'une autre personne, même avec son consentement. La diffusion de tels contenus dans le but d'obtenir un gain financier ou personnel est passible d'emprisonnement. Les infractions impliquant un mineur sont punies de trois mois à cinq ans d'emprisonnement.
Plusieurs exceptions sont prévues. La loi ne s'applique pas aux actes entrepris dans le cadre d'une activité artistique, éducative, de presse ou scientifique, ni lorsque le contenu sert l'intérêt public.
Cheminement vers le vote
La volonté de réguler le patostreaming a pris de l'ampleur après le lancement par Polsat News de sa campagne « Nie dla patocelebrytów » (Non aux patho-célébrités) à l'automne 2024. Le 17 janvier 2025, le média a rapporté que les ministères des Affaires numériques, de la Justice et de l'Éducation avaient commencé à élaborer des protections pour les mineurs en ligne. Le PiS et la Coalition civique ont ensuite déposé leurs propres propositions de loi. La Commission extraordinaire pour les modifications de codification a approuvé des amendements le 10 juin, ouvrant la voie au vote de jeudi.
- Polsat News lance la campagne « Nie dla patocelebrytów »
- Les ministères commencent à élaborer des protections pour les mineurs en ligne
- La commission approuve les amendements au projet de loi
- Le Sejm adopte l'interdiction avec 419 voix pour
La visite de Magical et ses conséquences
La veille du vote, le patostreameur Daniel « Magical » Zwierzyński a été aperçu dans les couloirs du Sejm. Les journalistes ont établi qu'il avait été invité par le député Łukasz Mejza. La ministre de l'Égalité, Katarzyna Kotula, a déclaré qu'elle demanderait à la Chancellerie du Sejm d'expliquer comment le laissez-passer avait été délivré. Malgré la controverse, Mejza a voté en faveur de l'interdiction.
Prochaines étapes
Le texte adopté est désormais transmis au Sénat. S'il est approuvé sans modification, il sera présenté au président pour signature.


