- 16 oct.Des agents interpellent un homme rue Marszałkowska lors d'une manifestation devant le Tribunal constitutionnel ; la police indique qu'une policière a été blessée
- 17 oct.La KSP publie sur X un enregistrement bodycam de cinq minutes et une seconde séquence filmée au commissariat
- Contact avec l'avocate, 17 octobreL'avocate Magdalena Leszczyńska obtient un premier contact avec l'homme détenu, plus de 24 heures après l'interpellation
L'interpellation rue Marszałkowska
Vendredi 16 octobre, des agents qui encadraient une manifestation devant le Tribunal constitutionnel à Varsovie ont interpellé un homme rue Marszałkowska. La police affirme qu'il a agressé une policière, transportée à l'hôpital, et qu'une fouille a permis de trouver un couteau sur lui. Samedi 17 octobre, la Komenda Stołeczna Policji (KSP) a publié sur X un enregistrement bodycam de cinq minutes, suivi d'une seconde séquence filmée au commissariat. Dans le premier enregistrement, les agents l'abordent à un passage piéton, lui demandent une pièce d'identité et lui suggèrent de s'écarter. Il bouscule un agent et une policière, puis court dans un immeuble, où il est maîtrisé dans le vestibule d'entrée. Il crie qu'on l'attaque et qu'on l'étrangle, et un agent lui répond qu'il ne l'étrangle pas.
La version policière
La KSP affirme que l'homme a résisté passivement puis activement dès le début, n'a pas obéi aux injonctions et a refusé de donner ses données personnelles ou de présenter une pièce d'identité. Le communiqué ajoute que des personnes à l'intérieur de l'immeuble ont entravé les agents et ignoré les instructions, ce qui, selon la police, a accru le sentiment de menace. La police rejette par ailleurs les affirmations faisant état d'une plaie à la tête, affirmant que de telles lésions n'existent pas, et soutient qu'elle n'a pas bloqué son accès à un avocat, ajoutant qu'il a refusé tout contact jusqu'à présent.
« Il n'a pas obéi aux injonctions des agents, a refusé de donner ses données personnelles et de présenter une pièce d'identité. »
La police a présenté la vidéo comme un moyen de permettre au public de juger l'intervention à partir des images elles-mêmes, plutôt qu'à partir de récits et de commentaires dont certains, selon elle, pourraient viser à diffuser de la désinformation.
Réactions politiques et couteau
Des responsables du PiS et la chaîne Telewizja Republika ont qualifié l'intervention d'injustifiée et d'excessivement brutale, et affirmé que les droits de l'homme avaient été violés. Jarosław Kaczyński a décrit une attaque violente contre le bureau d'Adam Borowski, qu'il a présenté comme le médiateur social pour les droits civiques, et déclaré :
« Des vitres brisées, des collaborateurs malmenés. Les méthodes de ce pouvoir, c'est la violence et l'agression. »
L'ancien ministre de la Culture Piotr Gliński, qui dit connaître l'homme comme membre de la garde citoyenne et du soutien technique du camp de la manifestation, a écrit que le couteau était un petit canif pliant à manche en bois, utilisé au camp pour couper une pomme. RMF24 a rapporté que les premières affirmations selon lesquelles la policière avait été poignardée se sont révélées fausses. L'eurodéputé PiS Jacek Ozdoba a écrit sur les réseaux sociaux que les agents n'avaient pas informé l'homme que son épouse avait envoyé l'avocate Magdalena Leszczyńska.
La version des avocats et la manifestation
L'avocate Magdalena Leszczyńska a signalé au parquet un soupçon de dépassement de pouvoirs par des agents de police. Lors d'une conférence de presse samedi 17 octobre, elle a déclaré que son équipe avait été autorisée à rencontrer Piotr W. plus de 24 heures après l'interpellation, alors qu'elle réclamait un contact depuis 15 heures le 16 octobre. Elle a indiqué que cinq agents étaient restés dans la salle pendant le premier entretien, qu'il était resté menotté tout du long et que son état était tragique, avec une plaie à la tête et des vertiges. Elle soutient également que le couteau n'a été trouvé qu'après l'interpellation.
La déclaration de Piotr W., lue lors de la conférence de presse et diffusée par Ordo Iuris, indique qu'il n'a eu aucun contact avec son épouse après la détention, qu'il voulait les avocats qu'elle avait désignés, qu'il n'avait pas reçu de copie du procès-verbal de rétention et qu'il n'avait subi aucun examen médical ni scanner à l'hôpital. Il écrit n'avoir jamais refusé d'avocat, mais ne faire confiance à personne, et craindre pour sa vie, sa santé et sa famille.
Lors d'un rassemblement samedi 17 octobre au matin, les organisateurs ont annoncé à la foule que les avocats avaient pu le joindre, et Adam Borowski a déclaré que la pression avait porté ses fruits. M. Borowski avait averti que le groupe marcherait vers le siège de la police rue Nowolipie si aucun contact n'était autorisé. Il a aussi affirmé que les autorités tentaient d'arrêter le président du Tribunal constitutionnel, Święczkowski, et de monter un dossier contre Piotr W.