
Le ministre portugais de l'Éducation face à des demandes d'enquête après des déclarations contradictoires sur le pilote de numérisation des examens
Les partis d'opposition réclament l'accès à toute la documentation et des auditions parlementaires urgentes après que le ministre de l'Éducation a d'abord nié l'existence d'un rapport sur un projet pilote de 2025, avant que son secrétaire d'État ne confirme que des informations écrites étaient disponibles.
Des versions contradictoires du gouvernement
Le 21 juillet, lors d'une audition parlementaire, le ministre de l'Éducation, Fernando Alexandre, a déclaré que « le gouvernement n'a pas de rapport » sur le projet pilote de 2025 pour la correction numérique des examens de philosophie et de mathématiques, accusant l'ancien président du JNE, Luís Duque de Almeida, de ne jamais en avoir remis un. Quelques heures plus tard, le secrétaire d'État à l'Éducation, Alexandre Homem Cristo, a précisé que, bien qu'aucun rapport formel n'existait, les services avaient reçu des informations écrites. Le lendemain, dans un entretien à RTP, le ministre lui-même a reconnu que des informations écrites étaient disponibles, contredisant son démenti précédent. Cette séquence a alimenté les accusations d'incohérence de la part des partis d'opposition.
Nous avons été confrontés aux auditions du 21 juillet, où, de manière surprenante, le ministre de l'Éducation nous a dit qu'après tout, il n'y avait pas de rapport sur le projet pilote, pour que le secrétaire d'État vienne le corriger et dire qu'il y avait des informations écrites. Ce sont des déclarations complètement contradictoires.
Un projet pilote aux échecs connus
Le pilote a été mené en 2025 pour les examens de philosophie et de mathématiques. Selon Fabian Figueiredo du Bloc de gauche, « pratiquement toutes les erreurs survenues cette année avaient déjà été identifiées dans le projet pilote ». Le JNE a signalé que plus de 5 300 notes avaient été modifiées au cours du cycle d'examens de 2026, soulevant des questions sur la fiabilité du système de correction numérique. L'opposition estime que la décision d'étendre la correction numérique à tous les examens cette année a été prise sans une évaluation adéquate du pilote. L'Initiative libérale a demandé à plusieurs reprises pourquoi le gouvernement avait opté pour un déploiement complet plutôt qu'une approche progressive pour certains examens de 11e année, et si l'accès aux fonds du Plan de relance et de résilience (PRR) de l'UE avait influencé la décision.
Il serait étrange que le gouvernement n'ait pas de rapport. Comment un projet pilote est-il mené et ensuite on décide de le déployer ?
L'opposition exige des documents et des auditions
Le 23 juillet, le Bloc de gauche, l'Initiative libérale et Livre ont chacun soumis des demandes pour toutes les informations écrites liées au pilote, y compris les rapports, notes techniques, courriels et comptes rendus de réunions. L'Initiative libérale a également demandé des auditions urgentes de l'actuel président du JNE, Rui Pires, et de son prédécesseur, Luís Duque de Almeida, pour clarifier quelles informations avaient été transmises au ministère. Le parti a souligné que toute réforme doit être bien planifiée pour éviter des erreurs qui « servent de carburant à ceux qui ne veulent rien réformer ». La demande de Livre exige spécifiquement « une copie complète de toutes les informations écrites existantes sur le test pilote de philosophie, y compris les rapports, notes techniques, notes de réunion, notes de conversations téléphoniques, courriels, présentations, avis, procès-verbaux ou tout autre document, quelle que soit leur dénomination formelle ».
Hier, le ministre a donné une longue interview disant qu'il avait entendu les entités et que, sur la base des considérations d'EduQA et du JNE, il avait des indications que ce projet pouvait avancer et qu'il y avait des informations écrites. Alors, quoi ? Y avait-il des informations écrites ? N'y a-t-il pas de rapport ? N'y a-t-il pas de diagnostic du projet pilote ?
Appels à une commission d'enquête parlementaire
Fabian Figueiredo est allé plus loin, arguant qu'une commission d'enquête parlementaire est nécessaire pour « établir toutes les décisions politiques ». Le député du Bloc de gauche a noté que le secrétaire d'État avait demandé des données et des rapports sur le pilote, qui ont ensuite été envoyés au ministère, contredisant l'affirmation initiale du ministre selon laquelle il n'y avait pas de documentation. La controverse a érodé la confiance dans le système national d'examens, l'Initiative libérale déclarant la nécessité de « restaurer la confiance dans le mécanisme d'évaluation ». Le parti souhaite également examiner toute la correspondance entre le gouvernement, l'IAVE (Institut d'évaluation de l'éducation) et le JNE concernant le pilote et la décision de généraliser la correction numérique.
- Projet pilote pour la correction numérique des examens de philosophie et de mathématiques mené.
- Le ministre Fernando Alexandre déclare au parlement qu'il n'y a pas de rapport sur le pilote.
- Le secrétaire d'État Alexandre Homem Cristo dit que des informations écrites existaient.
- Le ministre reconnaît dans un entretien à RTP que des informations écrites sont disponibles.
- Les partis d'opposition soumettent des demandes pour toute la documentation et appellent à des auditions urgentes.

