
La Nouvelle-Calédonie vote aux premières élections provinciales depuis 2019, alors que les discussions sur l'indépendance s'annoncent
Les électeurs du territoire français du Pacifique se sont rendus aux urnes dimanche pour des élections provinciales longtemps retardées, avec un taux de participation de 54,4 %, alors que la question de l'indépendance plane sur les futures discussions avec Paris.
Les bureaux de vote ont ouvert à 8 heures, heure locale, sous haute sécurité, avec environ 2 500 policiers déployés pour sécuriser les bureaux à travers l'archipel. À la fermeture du scrutin à 18 heures, la participation avait atteint 54,42 %, légèrement en dessous des 58,49 % enregistrés à la même heure en 2019. Quelque 192 500 électeurs éligibles ont voté pour élire 76 conseillers pour trois assemblées provinciales : 40 dans la province Sud, 22 dans la province Nord et 14 aux îles Loyauté.
Mes grands-parents se sont battus durement pour obtenir le droit de vote. Je veux voir les choses changer.
Un scrutin marqué par l'impasse et la violence
Les élections étaient initialement prévues pour 2024 mais ont été reportées trois fois après des émeutes en mai de cette année qui ont fait 14 morts et causé plus de 2 milliards d'euros de dégâts. La violence a éclaté à propos d'un projet visant à étendre le droit de vote aux résidents non autochtones de longue durée. Une loi ultérieure a ajouté environ 10 575 résidents nés sur place, auparavant exclus, sur les listes électorales, dont plus de 4 000 Kanaks ayant un statut civil coutumier.
La ligne de fracture indépendantiste
Le scrutin oppose les loyalistes pro-France à un camp indépendantiste mené par le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste). Alors que les partis pro-France se sont unis derrière une seule liste loyaliste, les divisions au sein du mouvement indépendantiste font que plusieurs groupes se présentent séparément. Un nombre croissant de petits partis font campagne sur des questions sociales et de relance économique plutôt que sur des questions constitutionnelles.
Par-dessus tout, j'espère que nous pourrons stabiliser le pays et parvenir à trouver un terrain d'entente.
Trois référendums et un accord rejeté
La Nouvelle-Calédonie a organisé trois référendums sur l'indépendance, en 2018, 2020 et 2021, qui ont tous donné une majorité en faveur du maintien au sein de la France. Le vote de 2021 a été boycotté par les groupes indépendantistes, qui continuent de bénéficier d'un fort soutien parmi la population autochtone mélanésienne kanak. Un projet d'accord de Bougival, qui aurait créé un État calédonien et consacré la nationalité calédonienne dans la Constitution française tout en supprimant les futurs référendums, a été rejeté par le principal groupe indépendantiste.
- Premier référendum sur l'indépendance : une majorité choisit de rester partie de la France.
- Deuxième référendum sur l'indépendance : le résultat favorise à nouveau le maintien sous souveraineté française.
- Troisième référendum boycotté par les groupes indépendantistes ; le maintien au sein de la France est confirmé.
- Émeutes éclatent au sujet de l'extension prévue du droit de vote ; 14 morts, 2 milliards d'euros de dégâts.
- Une loi ajoute 10 575 résidents nés sur place aux listes électorales.
- Élections provinciales tenues avec une participation de 54,42 % ; 192 500 électeurs élisent 76 conseillers.
La suite
Sur les 76 conseillers élus, 54 formeront le Congrès, l'organe principal de gouvernement du territoire et seule autorité législative. Les membres du Congrès éliront ensuite jusqu'à 11 membres de l'exécutif collégial. Le nouveau rapport de forces déterminera qui mènera la prochaine série de négociations avec Paris sur le statut politique de la Nouvelle-Calédonie. Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s'était engagé à maintenir des déploiements de forces de l'ordre jusqu'à la mi-juillet, soulignant la sensibilité du scrutin.

