
La police antiterroriste dirige l'enquête sur le meurtre de Widdecombe après de nouvelles preuves ; le suspect de nouveau arrêté
Le meurtre d'Ann Widdecombe, ancienne ministre conservatrice et porte-parole de Reform UK pour l'immigration, est désormais considéré comme une attaque terroriste présumée après l'émergence de nouvelles preuves.
L'attaque
Ann Widdecombe a été retrouvée morte à son domicile de Haytor Vale, un village du parc national de Dartmoor dans le Devon, le matin du 9 juillet. La police estime qu'elle a été agressée environ 24 heures plus tôt. La septuagénaire de 78 ans était apparue sur TalkTV depuis sa propriété peu après 8 heures le 8 juillet et devait participer à une émission de Channel 5 via Zoom à 13 heures le même jour, mais elle ne s'est jamais connectée et n'a pas répondu aux appels ultérieurs. Son corps a été découvert vers 11h40 le 9 juillet, présentant de graves blessures à la tête. La maison était sa résidence depuis 2008.
L'enquête prend un tournant
La police du Devon et des Cornouailles avait initialement déclaré qu'aucune information ne suggérait un lien terroriste. Le commissaire adjoint Matt Longman a déclaré aux journalistes le 10 juillet que la force ne croyait pas que le meurtre était politiquement motivé. Cette évaluation s'est effondrée au cours du week-end. Le 13 juillet, le chef de la police antiterroriste britannique, Laurence Taylor, a annoncé que son unité prenait la direction de l'affaire après « de nouvelles informations et de nouvelles preuves ».
Nous menons plusieurs pistes d'enquête pour déterminer le mobile de cette attaque.
La ministre de l'Intérieur, Shabana Mahmood, a confirmé ce changement à la Chambre des communes, qualifiant le meurtre de « jour noir » pour la vie politique britannique. Elle a révélé que le suspect en garde à vue ne faisait pas partie du programme Prevent du gouvernement, qui surveille les personnes à risque de radicalisation.
Arrestations
Un homme de 26 ans a été placé en garde à vue à Newton Abbot, à 18 km du domicile de Widdecombe, le 10 juillet, mais a été relâché le 11 juillet et ne fait plus partie de l'enquête. Le 11 juillet, des agents ont arrêté un homme blanc britannique de 28 ans dans une propriété à Rotherham, dans le Yorkshire du Sud, à plus de 400 km de Haytor Vale. Il a d'abord été arrêté pour suspicion de meurtre. Le 13 juillet, après l'intervention de l'unité antiterroriste, il a été de nouveau arrêté pour suspicion de commission, préparation ou incitation d'actes de terrorisme. La police avait déclaré le 12 juillet qu'elle ne recherchait personne d'autre.
- Ann Widdecombe apparaît sur TalkTV depuis son domicile de Haytor Vale.
- Widdecombe ne se connecte pas à un appel Zoom prévu pour Channel 5 ; l'équipe de production alerte son personnel.
- La police retrouve Widdecombe morte à son domicile avec de graves blessures à la tête.
- La police du Devon et des Cornouailles arrête un homme de 26 ans à Newton Abbot ; relâché par la suite.
- La police déclare ne rechercher personne d'autre et ne pas soupçonner de mobile politique.
- Un homme britannique de 28 ans est arrêté à Rotherham, dans le Yorkshire du Sud.
- L'unité antiterroriste prend la direction de l'enquête ; le suspect est de nouveau arrêté pour des infractions terroristes.
Le tabloïd The Sun a publié une image de vidéosurveillance montrant le suspect montant dans une voiture rouge dans le Yorkshire du Sud le 8 juillet avec un objet long dépassant de la poche de son pantalon. Les autorités ont lancé un appel à témoins.
Réaction politique
Reform UK, le parti de droite où Widdecombe était porte-parole pour l'immigration et la justice, est sous le feu des critiques pour sa réaction. Le chef du parti, Nigel Farage, a qualifié le meurtre de « prémédité » et a organisé un hommage floral télévisé devant le domicile de Widdecombe, ce qui a suscité des accusations de politisation de la mort. Le chef adjoint Richard Tice a fait valoir que le parti avait demandé à plusieurs reprises une protection accrue pour ses députés et avait été ignoré par la police, le gouvernement et les autorités parlementaires.
Je reconnais la préoccupation particulière que le Parti réformiste ressent aujourd'hui.
Mahmood a proposé à Farage une rencontre avec le directeur du RAVEC, l'organisme indépendant qui gère la sécurité des personnalités publiques. Farage affirme depuis longtemps qu'il est le politicien le plus menacé et attaqué du Royaume-Uni. Lors de sa campagne de 2024 pour un siège parlementaire, un milk-shake et une tasse de café lui ont été lancés.
Une figure controversée
Widdecombe a été députée conservatrice pendant 23 ans et a occupé trois postes ministériels de haut rang sous John Major : Prisons, Emploi et Home Office, entre 1994 et 1997. Conservatrice sociale convaincue, convertie de l'anglicanisme au catholicisme, elle s'est forgé une réputation de positions intransigeantes sur l'immigration, la justice et les valeurs traditionnelles. En 2019, elle a quitté les conservateurs pour rejoindre le Parti du Brexit de Farage, puis Reform UK. Au-delà de la politique, elle était candidate à l'émission Strictly Come Dancing.
Si la classification terroriste est confirmée, la mort de Widdecombe serait le troisième meurtre idéologique d'un politicien britannique en une décennie. La députée travailliste Jo Cox a été poignardée à mort par un extrémiste d'extrême droite le 16 juin 2016, une semaine avant le référendum sur l'UE. Le député conservateur David Amess a été tué par un partisan du groupe État islamique le 15 octobre 2021. Reform UK, le Parti travailliste et les conservateurs sont désormais les trois principales forces politiques du pays.


