
Une cour d'appel américaine bloque la salle de bal de 400 millions de dollars de Trump à la Maison-Blanche, prochain recours devant la Cour suprême
Une cour d'appel fédérale de Washington a confirmé vendredi une injonction suspendant la construction de la salle de bal de 400 millions de dollars de Donald Trump à la Maison-Blanche, estimant que le Congrès doit autoriser le projet et accordant à l'administration un délai de 14 jours pour faire appel devant la Cour suprême.
Décision de justice
Vendredi 7 août, la Cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia a confirmé par 2 voix contre 1 une injonction préliminaire suspendant la construction de la salle de bal du président Donald Trump à la Maison-Blanche. Les juges Patricia Millett et Bradley Garcia, nommés respectivement par les présidents démocrates Barack Obama et Joe Biden, formaient la majorité, tandis que la juge Neomi Rao était en désaccord. Cette décision confirme une ordonnance d'un tribunal inférieur rendue plus tôt en 2026, que l'ANSA date d'avril et Die Welt de mars, suspendant le projet jusqu'à ce que le Congrès l'autorise expressément.
L'avis de la cour commençait par une réflexion sur la Maison-Blanche en tant que « maison du peuple », soulignant que le Congrès contrôle le bâtiment et ses abords. Les juges ont écrit qu'ils n'avaient connaissance d'aucun exemple dans l'histoire américaine où un président avait unilatéralement et avec des fonds privés démoli des parties substantielles de la Maison-Blanche que le Congrès avait autorisées et que les contribuables américains avaient payées, jusqu'à présent. Millett et Garcia ont écrit que le président n'a pas, et ne revendique pas, d'autorité constitutionnelle sur cette propriété, qui est entretenue pour l'usage de tous les présidents, actuels et futurs, et pour le peuple américain.
- L'aile Est de la Maison-Blanche est démolie pour faire place à la salle de bal
- Un tribunal inférieur émet une injonction préliminaire suspendant la construction (Die Welt date de mars ; ANSA d'avril)
- La cour d'appel confirme l'injonction par 2 voix contre 1, suspend la décision pendant 14 jours pour un recours devant la Cour suprême
Le projet
Le projet de salle de bal, estimé à environ 400 millions de dollars, remplacerait l'aile Est centenaire de la Maison-Blanche, démolie en octobre 2025. La salle de bal prévue couvre environ 90 000 pieds carrés (environ 8 360 mètres carrés). Trump a décrit la structure comme un cadeau au peuple américain, bien que des fonds fédéraux provenant des impôts aient été impliqués. Le projet est l'un de ceux lancés par Trump lors de son second mandat concernant l'architecture des bâtiments fédéraux.
Le National Trust for Historic Preservation a intenté la plainte initiale, alléguant que Trump n'avait pas demandé l'autorisation appropriée du Congrès avant de commencer la construction. La cour a accepté, écrivant que permettre la construction causerait un « préjudice permanent et irréversible » aux « intérêts historiques, architecturaux et esthétiques » représentés par les plaignants. Les juges ont estimé que le Congrès n'avait délégué l'autorité sur le projet ni au président ni au National Park Service. La majorité a écrit que « qu'une immense salle de bal doive ou non être construite, c'est au Congrès d'en décider et cela ne relève pas de l'auto-assistance de l'exécutif ».
La réponse de Trump
Trump a réagi avec colère sur Truth Social, qualifiant la décision de « honte nationale » et de menace pour la sécurité nationale du plus haut niveau. Il a fait valoir que le projet comprend des bunkers militaires souterrains, des installations médicales, une protection contre les drones et les missiles, et d'autres dispositifs de sécurité, le tout formant selon lui une seule unité vaste, coûteuse et hautement complexe. Il a qualifié la structure de « centre militaire » et a déclaré que la décision expose les responsables et les visiteurs de la Maison-Blanche à des attaques. Il a décrit la salle de bal comme « totalement sécurisée » et « désespérément nécessaire ».
Cette décision injuste doit être annulée dans son intégralité par la Cour suprême.
Trump a également contesté le cadre de la cour concernant l'autorité présidentielle, écrivant que les présidents ne sont pas de simples locataires et ont de nombreux droits, y compris le droit de réparer, rénover, sécuriser, protéger et embellir le domaine de la Maison-Blanche sans l'autorisation du Congrès. Il a critiqué le raisonnement de la cour sur la qualité pour agir, affirmant que le plaignant n'en a aucune, et a déclaré que la décision « compromet gravement la vie et le bien-être des personnes qui travaillent et travailleront à la Maison-Blanche ».
Prochaines étapes
La cour d'appel a suspendu sa décision pendant 14 jours pour permettre à l'administration Trump de faire appel devant la Cour suprême, ce que Trump a confirmé qu'il ferait immédiatement. La cour a noté que sa décision ne tranche pas la question de savoir si la salle de bal doit finalement être construite, ni n'établit qu'elle ne peut pas l'être à l'avenir, seulement que le Congrès doit l'autoriser. L'affaire prépare une nouvelle confrontation devant la Cour suprême sur les limites du pouvoir présidentiel pendant le second mandat de Trump.
- Confirmée (Millett, Garcia)
- 2 voix
- En désaccord (Rao)
- 1 voix

