
La Grèce prévoit une croissance de 2,3 % du PIB dans son projet de budget 2027, la dette passant sous celle de l'Italie
Le gouvernement grec a soumis son projet de budget 2027 au Parlement le 5 octobre 2026, tablant sur une croissance économique de 2,3 %, des excédents budgétaires et une dette publique ramenée à 128,8 % du PIB.
Prévisions budgétaires et objectifs de croissance
La Grèce a soumis son projet de budget 2027 au Parlement le 5 octobre 2026, tablant sur une accélération de la croissance portée par la hausse de l'investissement et de la consommation privée. Le gouvernement prévoit une progression du produit intérieur brut réel de 2,3 % en 2027, après 2,0 % en 2026. L'investissement fixe devrait croître de 7,9 % l'an prochain, tandis que la consommation privée devrait augmenter de 1,5 %. Le plan budgétaire prévoit un excédent global des administrations publiques de 0,6 % du PIB en 2026 et de 0,3 % en 2027. L'excédent primaire, qui exclut le coût du service de la dette, est estimé à 3,6 % du PIB en 2026 et à 3,3 % en 2027, soutenu par un excédent primaire de 8,9 milliards d'euros enregistré sur sept mois plus tôt dans l'année.
Le ministre des Finances Kyriakos Pierrakakis a présenté les chiffres du projet après leur dépôt officiel.
Malgré un environnement extérieur défavorable, l'économie grecque devrait continuer d'enregistrer une croissance nettement plus forte que la moyenne de la zone euro pour la septième année consécutive.
Réduction de la dette et rendements des obligations souveraines
Le gouvernement grec s'attend à une baisse rapide de la dette publique, de 146,1 % du PIB en 2025 à 136,8 % en 2026, puis à 128,8 % en 2027. Cette trajectoire correspond à une diminution cumulée de 67 points de pourcentage depuis 2020, favorisée en partie par des remboursements anticipés de prêts de sauvetage d'urgence. Les prévisions gouvernementales indiquent que le ratio dette/PIB de la Grèce passera sous celui de l'Italie avant la fin de 2026. Ce redressement budgétaire a modifié les coûts d'emprunt sur les marchés obligataires souverains européens. Le 5 octobre 2026, le rendement de l'obligation d'État grecque à 10 ans s'établissait à 4,49 %, sous les 4,66 % de l'Italie et les 4,90 % de la France.
- 2025
- 146.1 % du PIB
- 2026
- 136.8 % du PIB
- 2027
- 128.8 % du PIB
- Grèce
- 4.49 %
- Italie
- 4.66 %
- France
- 4.9 %
Évaluation du Conseil budgétaire et règles de dépenses
Le Conseil budgétaire hellénique a formellement validé le cadre macroéconomique du projet de budget tout en relevant des divergences dans les hypothèses économiques. Alors que le ministère des Finances anticipe une croissance de 2,3 % en 2027, le Conseil prévoit une croissance de 2,0 % en 2027 et de 1,9 % en 2026. L'organisme indépendant a également signalé des risques liés à l'objectif d'investissement de 7,9 %, pointant la fin du Fonds de relance et les récentes hausses de taux d'intérêt de la Banque centrale européenne. L'inflation globale devrait reculer de 3,6 % en 2026 à 2,4 % en 2027, les coûts de l'énergie élevés représentant toutefois un risque persistant. Les dépenses primaires nettes doivent augmenter de 8,0 % en 2026, contre un plafond européen recommandé de 3,6 %, et de 3,6 % en 2027, contre un plafond de 3,1 %, en recourant aux clauses de flexibilité européennes pour la défense et la sécurité énergétique.
Pression sur les ménages et dispositif de soutien
Malgré les gains économiques globaux, les ménages grecs continuent de subir la pression de coûts de la vie élevés. Le pouvoir d'achat réel des ménages grecs reste parmi les plus faibles de l'Union européenne, avec un salaire mensuel moyen de 1 500 € inchangé par rapport à 2009. Environ 1,5 million de personnes, soit près d'un quart de la population adulte, ont des difficultés à rembourser leurs emprunts en cours. En réponse, le budget 2027 alloue 2,2 milliards d'euros d'allègements fiscaux et de subventions directes ciblant les familles à faible revenu et les retraités. Ces mesures visent à compenser les factures d'énergie résidentielle élevées et la hausse des dépenses de logement sans enfreindre les objectifs d'excédent primaire.


