Les candidats de la primaire de gauche s'affrontent sur les alliances avec LFI et sur Gaza lors du deuxième débat
Cinq candidats à la primaire social-démocrate française ont débattu pendant deux heures le 1er octobre 2026, avant le vote des adhérents plus tard dans le mois.
Affrontements sur les alliances avec La France Insoumise
Les cinq candidats engagés dans la primaire social-démocrate française se sont affrontés le 1er octobre 2026 lors d'un débat diffusé sur France 2 et France Inter. Les tensions ont porté sur les liens politiques futurs avec Jean-Luc Mélenchon et son parti, La France Insoumise (LFI). Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a qualifié Mélenchon d'éléphant dans la pièce, avertissant que la division risquait de porter le Rassemblement national à la victoire en 2027. L'eurodéputé Raphaël Glucksmann a rejeté toute alliance avec les factions radicales, accusant Faure de fatalisme dans son approche électorale.
Vous êtes habités par l'esprit de la défaite.
Le député socialiste Jérôme Guedj a lui aussi critiqué Faure, lui reprochant de courtiser LFI au détriment de la clarté du parti. Faure a répondu qu'il avait reconstruit le Parti socialiste après la désertion de figures historiques, ajoutant qu'une rupture crédible avec les politiques en place ne peut s'appuyer sur des conseillers issus des majorités présidentielles précédentes.
Calendrier de la primaire et prochains votes
Cette rencontre a constitué le deuxième rendez-vous télévisé de la campagne, après un premier débat organisé sur LCI le 24 septembre 2026. Les cinq prétendants (Glucksmann, Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel) ont débattu pendant plus de deux heures sur un plateau vide de la Maison de la radio, à Paris. Un troisième et dernier débat télévisé est prévu dimanche soir, le 4 octobre 2026, sur BFMTV. Les adhérents voteront lors de deux tours, les 9 et 10 octobre puis les 16 et 17 octobre 2026, pour désigner leur candidat à la présidentielle.
- Premier débat télévisé, sur LCI
- Deuxième débat diffusé sur France 2 et France Inter
- Dernier débat diffusé sur BFMTV
- Ouverture du premier tour du vote des adhérents
- Second tour du vote des adhérents
Désaccords sur le terme de génocide à Gaza
La politique étrangère a produit une nouvelle divergence nette entre Faure et Glucksmann sur la qualification des opérations militaires israéliennes à Gaza. Faure a soutenu que les conditions juridiques de la Convention de 1948 sur le génocide étaient réunies, comparant la situation aux déclarations communes antérieures concernant les Ouïghours en Chine. Glucksmann a refusé d'employer le mot génocide, soulignant que la Cour pénale internationale retient la qualification de crimes contre l'humanité, et a jugé obscènes les exigences sémantiques de Faure.
Votre combat, c'est donc que j'emploie ce terme. Mon combat, c'est que Netanyahu paie pour ses crimes, qu'il soit traduit devant la justice internationale. Mon combat, c'est que le calvaire des Palestiniens à Gaza prenne fin. Mon combat, c'est que la colonisation en Cisjordanie s'arrête.
Guedj s'est accordé avec Glucksmann sur la terminologie, critiquant les tentatives d'instaurer des tests de pureté idéologique à gauche. Ségolène Royal a déclaré comprendre les candidats qui refusent d'employer le mot, tout en ajoutant que certains ministres israéliens ont publiquement exprimé une intention génocidaire à Gaza.
Débats de fond et terrains d'entente
Au-delà des fractures internes, les cinq candidats se sont rejoints sur plusieurs sujets politiques. Tous ont déclaré le chef du Rassemblement national, Jordan Bardella, inéligible après les accusations d'antisémitisme publiées par Mediapart. Les participants ont également condamné les violences lors des récentes manifestations lycéennes, ainsi que des cas de violences policières. Les discussions socio-économiques ont porté sur l'éducation, Glucksmann et Maurel insistant sur les salaires des enseignants et la taille des classes dans les écoles publiques françaises.
- 1980
- 30.1 élèves
- 2010
- 25.8 élèves
- 2025
- 21.7 élèves
Selon les chiffres du ministère de l'Éducation nationale cités pendant l'émission, la taille moyenne des classes de maternelle en France s'établissait à 21,7 élèves en 2025, contre 25,8 en 2010 et 30,1 en 1980. Les données de l'OCDE pour 2024 recensaient 22 enfants par enseignant dans les écoles maternelles françaises, contre une moyenne de 13 dans les pays membres de l'OCDE.


