
Fumée toxique des incendies de Gironde et des Landes recouvre Bordeaux, 2,5 millions de masques FFP2 à distribuer
Depuis le 22 juillet, les incendies en Gironde et dans les Landes produisent d'épais panaches de particules toxiques qui recouvrent la région, provoquant une forte hausse des appels pour détresse respiratoire et la distribution de millions de masques de protection.
La fumée recouvre le sud-ouest
Depuis le 22 juillet, deux incendies majeurs en Gironde et dans les Landes produisent une épaisse fumée toxique qui a dérivé sur Bordeaux et les villes environnantes. Le feu de Saumos s'est rapidement propagé et son panache a assombri le ciel, les habitants décrivant une invasion de fumée pénétrant dans les maisons par les fenêtres. Les capteurs de qualité de l'air près de l'incendie ont enregistré des concentrations de particules fines d'environ 500 microgrammes par mètre cube (µg/m³), bien au-dessus du seuil de sécurité de 15 µg/m³ fixé par l'Organisation mondiale de la santé.
C'est un cocktail de polluants composé de nombreux gaz et particules de tailles diverses, notamment les fameuses particules ultrafines, celles d'un millième de cheveu, ainsi que les particules fines de deux microns et demi de diamètre.
- Limite OMS
- 15 µg/m³
- Près du feu de Saumos
- 500 µg/m³
- Exposition des pompiers
- 5000 µg/m³
Une cascade d'effets sur la santé
Des médecins et des agences sanitaires ont prévenu que la fumée n'est pas seulement un irritant, mais une menace sérieuse pour la santé. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a noté que les particules fines peuvent pénétrer profondément dans les poumons et même passer dans le sang, déclenchant des crises d'asthme, des bronchites et une décompensation de maladies chroniques. Bruno Crestani, pneumologue et président de la Fédération du Souffle, a déclaré à l'AFP que les effets ne sont pas seulement respiratoires.
Ces particules peuvent passer dans le sang et même activer des processus comme la décompensation d'un diabète, provoquer un AVC, un infarctus du myocarde.
Colas Tcherakian, pneumologue à l'Hôpital Foch, a ajouté que les particules fines peuvent voyager très loin géographiquement et profondément dans les bronches, atteignant les alvéoles où l'oxygène réside normalement, et même passer dans le sang.
Demande de masques et réponse du public
À Biscarrosse, Anaïs Lacave, pharmacienne, a déclaré avoir vendu 80 masques FFP2 rien qu'en juillet, contre quatre depuis le début de l'année. « Depuis le début de l'année, on en avait vendu quatre. Et là, on voit que rien qu'au mois de juillet, on en a vendu déjà 80. C'est vraiment lié aux incendies actuellement », a-t-elle déclaré. En réponse, les autorités régionales de Nouvelle-Aquitaine ont annoncé des plans pour distribuer 2,5 millions de masques FFP2 aux habitants, alors que le SAMU a enregistré une forte hausse des appels pour détresse respiratoire.
Protéger les personnes vulnérables
Le Dr Clairelyne Dupin, pneumologue à l'Hôpital Paris Saint-Joseph, a recommandé à ceux qui ne peuvent pas quitter les zones touchées par les incendies de se confiner chez eux autant que possible, en gardant les fenêtres et les systèmes de ventilation fermés. Les populations les plus vulnérables sont les personnes âgées, les nourrissons, les personnes souffrant de maladies pulmonaires préexistantes et les asthmatiques. Une étude de 2022 sur les incendies de forêt en Gironde a révélé que si les évacuations de 46 000 personnes ont permis de réduire les appels d'urgence pendant les incendies, les cas d'asthme post-incendie ont augmenté dans tous les groupes d'âge, et les enfants ont connu une hausse des otites moyennes due à l'irritation par la fumée.
