
La France prévoit 5,5 milliards d'euros d'économies sur les retraites pour diviser par deux le déficit de la Sécurité sociale d'ici 2027
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a présenté des mesures visant à ramener le déficit à 12 milliards d'euros, en limitant l'indexation des retraites au-delà de 1 260 euros et en instaurant un âge de départ incitatif à 65 ans.
Objectifs de déficit pour la Sécurité sociale
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé que le gouvernement prévoit de ramener le déficit de la Sécurité sociale entre 12 et 13 milliards d'euros en 2027, contre 22 milliards d'euros projetés pour 2026. L'annonce, faite le 30 septembre 2026 dans un entretien à Challenges, précède la présentation du budget de l'État et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) au Conseil des ministres. L'exécutif entend mettre un terme à la progression automatique des dépenses sociales, en ciblant en priorité les dépenses de retraites. Selon Jean-Pierre Farandou, les projections initiales faisaient état d'une hausse d'environ 13 milliards d'euros des dépenses de retraites en l'absence de mesures.
Sans mesures spécifiques, le coût des retraites augmenterait d'environ 13 milliards d'euros l'an prochain. La moitié de cette hausse est due à la démographie et l'autre moitié à la revalorisation intégrale des pensions.
Indexation des retraites et baisse de l'abattement fiscal
Pour atteindre l'objectif de déficit, le gouvernement recherche 5,5 milliards d'euros d'économies au total sur le système de retraites. Une mesure centrale vise 4,1 milliards d'euros via la sous-indexation ou la désindexation partielle des pensions supérieures à 1 260 euros par mois, un montant qui correspond à 85 % du salaire minimum (SMIC). Les pensions égales ou inférieures à ce seuil bénéficieront d'une revalorisation légale intégrale afin de protéger le niveau de vie de base. Le droit français impose généralement aux pensions de base d'être revalorisées chaque année en fonction de l'inflation de l'année précédente, mais le projet pour 2027 suspend cette indexation automatique générale.
Nous ne baisserons aucune pension. La question est de savoir de combien nous les augmenterons.
Les 1,4 milliard d'euros d'économies restants reposent sur des ajustements de la fiscalité des personnes physiques inscrits dans le projet de loi de finances. Le gouvernement propose de ramener de 4 439 euros à 3 000 euros le plafond de l'abattement d'impôt sur le revenu de 10 % accordé aux retraités. Jean-Pierre Farandou a indiqué que les discussions parlementaires évalueront à la fois le plafond fiscal et les niveaux d'indexation des pensions, ce qui permettra aux parlementaires d'ajuster la composition finale des mesures.
- Sous-indexation au-delà de 1 260 euros
- 4.1 mds €
- Baisse du plafond de l'abattement fiscal
- 1.4 mds €
Âge de départ incitatif et réformes structurelles
Au-delà des ajustements budgétaires immédiats, l'exécutif a esquissé des changements structurels sur l'âge de départ à la retraite. Le plan prévoit l'instauration d'un âge de départ incitatif fixé à 65 ans minimum. Les salariés qui partent avant ce seuil subiront une décote, tandis que ceux qui prolongent leur activité au-delà de 65 ans bénéficieront d'une surcote sur leur pension. Les taux précis de décote et de surcote restent à débattre au Parlement.
À plus long terme, Jean-Pierre Farandou a proposé de remplacer l'indexation automatique sur l'inflation par un modèle de négociation collective annuelle associant les organisations patronales et les syndicats, sur le modèle de la fixation des salaires. Dans un entretien ultérieur sur France 2, le ministre a déclaré que le gouvernement donnait la priorité à la protection des bénéficiaires aux revenus modestes, préservant les moyens du revenu de solidarité active (RSA), de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) et de la pension de retraite minimale, tout en laissant les tranches de pensions plus élevées ouvertes aux modifications parlementaires.

