
La France demande à l'UE de reporter les règles sur le méthane et d'assouplir les normes de carburant pour faire face à la crise énergétique
Le président Emmanuel Macron a proposé un report d'un an des exigences de déclaration du méthane de l'UE et des ajustements temporaires des normes de qualité du diesel, alors que les perturbations au Moyen-Orient resserrent les approvisionnements en carburant en Europe.
Propositions françaises pour assouplir les réglementations énergétiques
Le président français Emmanuel Macron a demandé à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen de reporter les réglementations environnementales et d'assouplir les normes de qualité des carburants dans toute l'Union européenne. Dans une lettre datée du 18 septembre 2026, Macron a appelé à un report d'un an des nouvelles règles de déclaration du méthane, décalant leur mise en œuvre du 1er janvier 2027 au 1er janvier 2028. Il a également proposé de relâcher les normes techniques relatives à la densité des carburants, aux limites de vaporisation et à la désulfuration. Les raffineurs français estiment que l'ajustement de ces spécifications techniques pourrait augmenter la production nationale de diesel et de kérosène de 5 % à 20 %. En outre, le gouvernement français a suggéré d'autoriser les distributeurs à remplacer le diesel B7, qui contient jusqu'à 7 % de biodiesel, par du diesel B10, contenant jusqu'à 10 % de biocarburant. Macron a également recommandé d'étendre le mécanisme européen d'achat conjoint de gaz établi en 2023 pour inclure les hydrocarbures liquides tels que le diesel et le carburéacteur.
- L'UE adopte un règlement imposant la déclaration des émissions de méthane pour les importations de combustibles fossiles
- La Commission européenne recommande de renoncer aux pénalités pour non-conformité jusqu'à la fin de 2029
- Emmanuel Macron transmet une lettre à Bruxelles demandant des flexibilités sur les règles relatives aux carburants et au méthane
- Le groupe de coordination du gaz de l'UE se réunit pour examiner les conditions énergétiques des États membres
- Entrée en vigueur prévue des obligations de déclaration du méthane de l'UE
- Date de début révisée proposée pour la déclaration du méthane de l'UE selon le plan français
Pressions sur le marché des carburants et dépendance aux importations
L'initiative française fait suite à des perturbations sur les marchés énergétiques internationaux liées au conflit au Moyen-Orient. La fermeture du détroit d'Ormuz et les pannes de l'oléoduc Est-Ouest de l'Arabie saoudite ont restreint la disponibilité du pétrole brut, réduisant les stocks mondiaux de plus de 500 millions de barils. Les estimations françaises indiquent que les livraisons mondiales de pétrole brut pourraient chuter d'au moins 4 millions de barils par jour une fois les stocks saoudiens existants épuisés. Les économies européennes restent dépendantes des expéditions du Moyen-Orient, important 36 % de leur kérosène et 18 % de leur diesel de la région. Les prix européens du gaz naturel sont passés de 27 euros à 80 euros par mégawattheure cette année, tandis que les prix du pétrole brut ont dépassé 100 dollars le baril. Les entreprises logistiques opérant en France ont signalé des difficultés croissantes à sécuriser les livraisons pour les semaines à venir.
- Kérosène
- 36 %
- Diesel
- 18 %
Réponse de la Commission européenne et examen technique
La porte-parole de la Commission européenne, Anna-Kaisa Itkonen, a confirmé que Bruxelles a reçu la lettre et évalue les demandes. La Commission avait précédemment conseillé aux États membres en juillet de renoncer aux pénalités financières pour non-conformité en matière de déclaration du méthane jusqu'à la fin de 2029, tout en maintenant le calendrier de déclaration formel. Itkonen a noté que le groupe de coordination du gaz de l'UE se réunira jeudi pour examiner les conditions d'approvisionnement dans les États membres. La Commission a également souligné la directive européenne sur la qualité des carburants, qui permet à Bruxelles d'accorder des exceptions temporaires de qualité sans adopter de nouvelle législation. Les États membres doivent délibérer sur les spécifications des carburants lors d'une prochaine réunion du groupe de coordination du pétrole dans les semaines à venir.
La situation reste extrêmement volatile. Si nous constatons des problèmes de sécurité d'approvisionnement, nous sommes bien sûr prêts à envisager d'autres mesures.
Opposition environnementale et contexte réglementaire
Le règlement européen sur le méthane, adopté en 2024, exige que les importateurs de pétrole, de gaz et de charbon mesurent, surveillent et vérifient les émissions associées à leurs chaînes d'approvisionnement afin de limiter les fuites de gaz à effet de serre. Les réglementations ont été critiquées par les importateurs de combustibles fossiles et le gouvernement des États-Unis, qui affirment que les règles pourraient restreindre les expéditions d'énergie vers l'Europe. Les groupes environnementaux se sont opposés à la proposition française de reporter les exigences de déclaration, arguant que l'assouplissement des normes ne résoudra pas les problèmes d'accessibilité financière des carburants.
Retarder la loi sur le méthane ne fera pas baisser les prix de l'énergie et n'améliorera pas la sécurité énergétique, mais créera de l'incertitude.
Les organisations environnementales notent que le méthane représente le deuxième contributeur au réchauffement climatique après le dioxyde de carbone. La Commission européenne n'a pas encore indiqué si elle acceptera les propositions françaises, tandis que les ministres français préparent des mesures ciblées de soutien aux carburants au niveau national.


