
La Cour constitutionnelle roumaine valide un amendement qui pourrait mettre fin au mandat du maire de Timișoara Fritz
La Cour constitutionnelle de Roumanie a validé une disposition qui pourrait mettre fin au mandat de maire de Dominic Fritz dans les 30 jours suivant l'entrée en vigueur de la loi, tout en annulant à l'unanimité les règles contestées de déclaration de patrimoine pour les partenaires de vie des responsables publics.
Décision de la CCR sur la loi sur l'intégrité
La Cour constitutionnelle de Roumanie (CCR) s'est prononcée lundi 17 août 2026 sur plusieurs dispositions contestées de la nouvelle loi sur l'intégrité, annulant certaines tout en validant la plus politiquement sensible. À l'unanimité, la Cour a déclaré inconstitutionnelle l'expression « personnes ayant des relations analogues à celles entre époux », qui aurait obligé les partenaires de vie des responsables publics à déclarer leurs biens et intérêts. Également à l'unanimité, elle a annulé la publication des déclarations d'intérêts financiers des conjoints, et à la majorité, la publication de ces déclarations pour les responsables publics et fonctionnaires eux-mêmes.
Cependant, à la majorité des voix, la CCR a validé la disposition selon laquelle une fonction publique, une dignité ou un mandat cesse automatiquement 30 jours après l'entrée en vigueur de la loi pour les personnes dont l'incompatibilité ou le conflit d'intérêts a été définitivement établi avant la promulgation de la loi. Cette disposition touche directement Dominic Fritz, chef de l'USR et maire de Timișoara, dont le cas a été définitivement confirmé par la Haute Cour de cassation et de justice (ÎCCJ) le 18 juin 2026, confirmant un rapport de l'ANI qui l'avait reconnu en conflit d'intérêts administratif. Fritz avait initialement été sanctionné par une amende de 10 % de son salaire.
Réaction de Fritz
Fritz a annoncé qu'il contesterait la décision devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), qualifiant l'arrêt de validation d'un « abus de pouvoir brutal » de la majorité PSD au sein de la CCR. Il a déclaré que si le président promulguait la loi, son mandat de maire prendrait fin dans 30 jours, constituant une sanction rétroactive pour des actes antérieurs à l'entrée en vigueur de la loi.
Le chemin se poursuit jusqu'à la CEDH, où les appels téléphoniques de Kiseleff ne parviennent pas. Je ne me battrai pas pour moi, mais pour le vote libre donné par les habitants de Timișoara.
Fritz a expliqué que son « acte » était d'avoir signé un double d'un rapport déjà signé par l'ancien maire lors de son deuxième jour de mandat en 2020, pour un plan d'urbanisme de zone (PUZ) élaboré entièrement avant qu'il ne devienne maire. Il a noté que, selon la nouvelle loi, les actes normatifs comme un PUZ ne peuvent plus être qualifiés de conflit d'intérêts, ce qui signifie que l'ANI ne pourrait pas constater de conflit même si elle analysait sa signature de 2020 aujourd'hui.
Contestation présidentielle et contexte européen
Le président Nicușor Dan avait contesté la loi, arguant que la disposition relative aux partenaires de vie manquait de critères objectifs tels que la durée de la relation, la cohabitation, l'interdépendance économique ou la reconnaissance publique. Sa partenaire, Mirabela Grădinaru, avait déjà publié ses déclarations de patrimoine et d'intérêts avant l'adoption de la loi. La décision unanime de la CCR d'annuler l'expression « relation analogue à celle entre époux » résout effectivement cette préoccupation.
La loi sur l'intégrité est une étape clé du plan de relance PNRR roumain, et le pays doit l'adopter avant le 31 août pour éviter la perte d'environ 771 millions d'euros de fonds européens, selon une source. Fritz a cité un montant de 770 millions d'euros dans son message Facebook.
Quelle est la suite ?
La loi n'est pas encore en vigueur. Plusieurs dispositions ayant été déclarées inconstitutionnelles, l'acte normatif doit retourner au Parlement pour mise en conformité avec la décision de la CCR. Ce n'est qu'après l'achèvement de la procédure législative, la promulgation par le président et la publication au Moniteur officiel que le mécanisme de 30 jours pourra commencer à s'appliquer. Si le texte sur la cessation du mandat reste dans la forme déclarée constitutionnelle par la CCR et que la loi entre en vigueur, la situation de Fritz deviendra directement soumise à celle-ci.
- Fritz signe un double d'un rapport déjà signé par l'ancien maire, dès son deuxième jour de mandat, pour un PUZ élaboré avant qu'il ne devienne maire
- La Haute Cour de cassation et de justice confirme définitivement le rapport de l'ANI établissant un conflit d'intérêts administratif de Fritz
- La CCR valide à la majorité la disposition de cessation du mandat à 30 jours pour les personnes ayant fait l'objet d'une constatation définitive de conflit d'intérêts antérieure

