
La Banque de France maintient la croissance française du troisième trimestre à 0,1 %, l'incertitude bondit
La Banque de France a confirmé lundi 12 octobre 2026 tabler sur une croissance du PIB français de 0,1 % au troisième trimestre. L'incertitude des entreprises a fortement augmenté en septembre, les prix des carburants constituant la principale préoccupation.
Prévision de croissance inchangée
La Banque de France a confirmé lundi 12 octobre 2026 tabler sur une croissance du PIB français de 0,1 % au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, où l'économie avait stagné. Cette estimation, publiée dans la note de conjoncture mensuelle de la banque centrale, est inchangée par rapport à sa prévision de la mi-septembre, lorsqu'elle avait abaissé le chiffre de 0,2 %. Selon cette estimation, le secteur des services a tout juste compensé la faiblesse de l'industrie manufacturière, de la construction et de l'agriculture. La banque a également abaissé sa prévision pour l'ensemble de l'année à 0,4 %, contre 0,5 %, après une contraction de 0,2 % au premier trimestre et une stabilité au deuxième.
- Avant la mi-septembre
- 0.2 %
- Mi-septembre
- 0.1 %
- Octobre 2026
- 0.1 %
- Prévision précédente
- 0.5 %
- Prévision actuelle
- 0.4 %
Divergences sectorielles
L'enquête mensuelle menée auprès de 8 500 dirigeants, réalisée entre le 27 septembre et le 5 octobre, montre que la production manufacturière a continué de progresser en septembre, mais moins que ne l'attendaient les entreprises. L'aéronautique est restée très active, tandis que l'agroalimentaire, la métallurgie et la production automobile ont également progressé. L'habillement, le textile et la chaussure ont nettement rebondi, et les produits informatiques, électroniques et optiques ont augmenté moins que prévu. La production d'équipements électriques a reculé, ce que la banque attribue à une production élevée en août, alors que la demande est restée soutenue, portée par les centres de données. L'activité du caoutchouc, des plastiques et du verre est restée globalement stable, et le bois, le papier et l'imprimerie se sont stabilisés après deux mois de baisse. La construction a à peine progressé, soutenue par la reprise des chantiers retardés par les canicules estivales, mais les carnets de commandes restent minces, en particulier pour les maisons individuelles.
Coûts, trésorerie et incertitude
Les dirigeants ont indiqué que les entreprises étaient prises entre la hausse des coûts et la faiblesse des ventes. Les prix des matières premières industrielles, en particulier l'énergie, les carburants et les métaux, ont fortement augmenté en septembre, mais les entreprises n'ont répercuté qu'une partie de cette hausse sur leurs clients. Les positions de trésorerie se sont dégradées dans l'industrie comme dans les services, les restaurants faisant état d'une demande faible et les sociétés de services professionnels signalant des délais de paiement plus longs. L'indicateur d'incertitude de la banque, fondé sur l'analyse textuelle des réponses des dirigeants, a bondi en septembre, inversant un recul continu depuis mars, les prix des carburants constituant la principale préoccupation. La banque indique que certaines entreprises reportent leurs projets et que les ménages deviennent plus prudents dans leurs dépenses.
Perspectives pour octobre
Pour octobre, les entreprises s'attendent à une accélération de la production industrielle, mais la production automobile devrait chuter fortement en raison d'arrêts temporaires d'usines liés à des pénuries d'approvisionnement. L'activité des services devrait continuer de croître à un rythme plus lent, et la construction devrait être à peu près stable. La banque décrit une économie évoluant dans un environnement fragile, citant la hausse des prix du pétrole à la fin de l'été et une incertitude accrue. L'Insee publiera sa première estimation du PIB du troisième trimestre le 30 octobre.

