
Nicușor Dan convoque des discussions lundi alors que la Roumanie marque 69 jours sans gouvernement
Le président Nicușor Dan rencontrera les dirigeants de l'ancienne coalition au pouvoir lundi matin au palais de Cotroceni, alors que le blocage politique du pays entre dans son 69e jour sans gouvernement stable.
La réunion
Le président Nicușor Dan a convoqué les dirigeants de l'ancienne coalition au pouvoir à des discussions lundi 13 juillet à 09h00 au palais de Cotroceni. L'administration présidentielle a confirmé la réunion le 12 juillet. Sont invités le président du Parti social-démocrate (PSD) Sorin Grindeanu, le président du Parti national libéral (PNL) Ilie Bolojan, le président de l'Union sauvez la Roumanie (USR) Dominic Fritz, le président de l'Union démocrate des Magyars de Roumanie (UDMR) Kelemen Hunor, et le chef du groupe parlementaire des minorités nationales, Varujan Pambuccian.
Deux mois de blocage
La Roumanie est sans gouvernement pleinement fonctionnel depuis le 5 mai, lorsque le cabinet Bolojan a été destitué par une motion de censure adoptée avec 281 voix. La motion a été déposée par le PSD après avoir retiré son soutien, avec l'opposition de l'Alliance pour l'unité des Roumains (AUR). Lundi marquera 69 jours de paralysie politique. Un gouvernement intérimaire dirigé par Ilie Bolojan est resté en place, mais ses pouvoirs sont limités et il ne peut pas faire adopter de grandes lois par le Parlement.
- Gouvernement d'Ilie Bolojan destitué par un vote de censure avec 281 voix pour
- Le président désigne Adrian Veștea (PNL) comme Premier ministre
- Le Parlement rejette le gouvernement Veștea avec seulement 189 voix
- Le président Dan au sommet de l'OTAN déclare ne voir aucune solution émerger
- Nouveau cycle de consultations avec les chefs de parti au palais de Cotroceni
Après l'échec de Veștea, le PSD a proposé son président Sorin Grindeanu, tandis qu'une coalition de centre-droit composée du PNL, de l'USR et de l'UDMR s'est ralliée au député européen libéral Siegfried Mureşan. Aucun des deux n'a encore obtenu les votes nécessaires.
Le scepticisme de Dan et la demande publique
S'exprimant à Ankara mercredi après le sommet de l'OTAN, le président Dan a clairement indiqué qu'il ne voyait pas de solution rapide. « Pour l'instant, strictement pour l'instant, je ne sens pas qu'une solution émerge », a-t-il déclaré. Il a insisté sur le fait que les partis parlementaires doivent s'approprier le problème et déclarer publiquement leurs propositions.
Lors de la réunion de lundi, je veux que chaque dirigeant dise quelle solution majoritaire il voit, et je leur demanderai de ne pas me le dire seulement à moi, mais de vous le dire aussi, car ils portent la responsabilité principale.
Dan a souligné qu'il ne nommerait pas un candidat juste pour cocher une case procédurale. « Je ne proposerai pas un Premier ministre dont je sais qu'il n'a aucune chance d'obtenir une majorité », a-t-il déclaré, notant que Grindeanu et Mureşan manquent tous deux actuellement du soutien nécessaire.
Une série de désignations échouées
La crise politique a déjà connu plusieurs faux départs. Le premier choix du président, son propre conseiller et député européen Eugen Tomac, a été présenté comme un technocrate mais s'est retiré après n'avoir pas réussi à rallier un soutien. À la mi-juin, Dan a désigné Adrian Veştea du PNL comme Premier ministre. La désignation de Veștea est intervenue après le retrait de Tomac et visait à construire l'unité libérale, mais la direction du PNL a refusé de soutenir son propre membre. Cette décision a suscité une vive réprimande du chef du PNL, Ilie Bolojan, qui l'a qualifiée d'« acte hostile » et a déclaré ne pas avoir été consulté.
La tentative d'imposer un Premier ministre issu des rangs d'un parti, sans même une consultation préalable et après toutes les décisions prises à l'unanimité par les instances du parti, viole tous les principes d'une coopération politique loyale.
Lorsque le Parlement a voté sur le cabinet proposé par Veştea, il n'a reçu que 189 voix, bien loin de la majorité nécessaire.
La suite
Les consultations de lundi à Cotroceni sont les dernières d'une série qui n'a jusqu'à présent rien donné. Le président Dan maintient que la construction d'une majorité est le travail des partis, pas le sien. Avec les deux candidats rivaux incapables d'attirer suffisamment de soutien et aucun compromis évident à l'horizon, les analystes politiques évoquent de plus en plus la possibilité d'élections anticipées, bien qu'aucune mesure formelle n'ait été prise. La réunion devrait révéler si un parti est prêt à briser l'impasse.

