Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, ancien émir qui a transformé le Qatar en puissance gazière et médiatique, meurt à 74 ans
Le gouvernement qatari a annoncé son décès dimanche 12 juillet 2026. Il a régné de 1995 à 2013 et a volontairement abdiqué en faveur de son fils.
Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, qui a régné sur le Qatar de 1995 jusqu'à son abdication surprise en 2013, est décédé dimanche 12 juillet 2026 à l'âge de 74 ans, a annoncé le gouvernement qatari. Le Diwan de l'Émir a publié un communiqué pleurant la perte de « l'émir père », qualifiant sa mort de grande perte pour la nation.
C'est le cœur résolu dans la foi en la volonté et la destinée de Dieu que le Diwan de l'Émir pleure le décès de Son Altesse l'Émir Père, Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, une grande perte pour la nation.
Ascension au pouvoir et transformation économique
Cheikh Hamad est arrivé au pouvoir en 1995 après avoir déposé son père, Cheikh Khalifa, lors d'un coup d'État palais sans effusion de sang. Il a hérité d'un petit émirat marginal aux caisses presque vides et s'est attelé à le transformer en un acteur régional et international majeur. En quelques années, il a jeté les bases du développement accéléré du Qatar, le transformant en l'un des plus grands producteurs mondiaux de gaz naturel liquéfié. Cette transformation a été soutenue par la création de l'Autorité d'investissement du Qatar, le fonds souverain chargé d'investir des milliards de dollars, notamment à l'étranger.
Diplomatie régionale et Al Jazeera
Fidèle allié des États-Unis, Cheikh Hamad a simultanément positionné le Qatar comme un acteur incontournable de la politique arabe, jouant tour à tour le rôle de médiateur, de financier et de courtier diplomatique. Un élément clé de cette stratégie a été le lancement en 1996 de la chaîne d'information internationale Al Jazeera, devenue l'un des principaux instruments d'influence du Qatar et jouant un rôle majeur lors des soulèvements du Printemps arabe. Sous son règne, le Qatar a également commencé à canaliser des centaines de millions de dollars vers la bande de Gaza, finançant des projets routiers le long de la côte. Un hôpital de la ville de Gaza porte son nom.
Réformes intérieures et abdication
Sur le plan intérieur, Cheikh Hamad a introduit des réformes politiques, notamment l'adoption par référendum en 2003 d'une constitution qui prévoit une séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, tout en maintenant l'autorité exécutive entre les mains de l'émir et de son cabinet. En 2013, il a surpris la région en abdiquant volontairement en faveur de son quatrième fils, Cheikh Tamim, dans un Moyen-Orient où les dirigeants restent souvent au pouvoir jusqu'à leur dernier souffle. Depuis son retrait, il était resté relativement discret et loin des regards publics.


