
Sheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, ancien émir qui a transformé le Qatar en puissance mondiale du GNL, décède à 74 ans
Sheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, qui a gouverné le Qatar de 1995 à 2013 et supervisé sa transformation en premier exportateur mondial de GNL, est décédé dimanche à l'âge de 74 ans. La cour royale a annoncé une période de deuil de quatre jours ; les prières funéraires ont eu lieu à la mosquée Imam Muhammad ibn Abd al-Wahhab à Doha.
Sheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, l'ancien émir du Qatar connu comme le père émir, est décédé à l'âge de 74 ans. Sa mort a été annoncée dimanche par le Diwan Amiri, qui n'a pas précisé la cause. Une période de deuil public de quatre jours a été décrétée, tandis que Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, son fils et successeur, recevait les chefs d'État et dignitaires en visite au palais de Lusail jusqu'à mercredi.
Ascension au pouvoir
Sheikh Hamad a pris le pouvoir à son père, Sheikh Khalifa bin Hamad Al Thani, lors d'un coup d'État palatial sans effusion de sang le 27 juin 1995, alors que l'ancien émir voyageait en Suisse. Il avait été nommé prince héritier en 1977 et avait été ministre de la défense après avoir étudié à la Royal Military Academy de Sandhurst au Royaume-Uni. Son père régnait depuis 1972 après avoir destitué un parent ; le clan Al Thani gouverne le Qatar depuis 1825.
En 2013, Sheikh Hamad a abdiqué volontairement en faveur de son fils Tamim, un geste décrit par l'AFP comme le premier transfert volontaire de pouvoir de ce type dans l'histoire moderne du monde arabe. Il a justifié cette décision en disant qu'il était temps pour une nouvelle génération.
Transformation économique
Lorsque Sheikh Hamad a pris le pouvoir, le Qatar faisait face à l'épuisement de ses réserves pétrolières et à des difficultés financières. Pendant son règne de 18 ans, le produit intérieur brut a été multiplié par 24, porté par d'énormes investissements dans le gaz naturel. Le champ North Field, le plus grand réservoir de gaz au monde partagé avec l'Iran, a alimenté une industrie d'exportation de GNL qui a commencé les expéditions en 1996. En 2006, le Qatar était devenu le plus grand exportateur mondial de GNL, et en 2010, sa capacité de production atteignait 77 millions de tonnes par an.
L'économie s'est développée à une échelle sans précédent.
Lui et sa deuxième épouse, Sheikha Moza bint Nasser, ont impulsé la création de l'Autorité d'investissement du Qatar, un fonds souverain qui gère aujourd'hui environ 600 milliards de dollars d'actifs. Le fonds a investi les revenus du gaz dans l'immobilier, les banques et les entreprises occidentales, de la Costa Smeralda au Paris Saint-Germain. Une constitution permanente a été adoptée après un référendum, les premières élections municipales ont eu lieu, et la Vision nationale du Qatar 2030 a été établie, visant une économie fondée sur la connaissance et un développement durable.
- Sheikh Hamad bin Khalifa Al Thani né à Doha
- Nommé prince héritier et ministre de la Défense
- S'empare du pouvoir lors d'un coup d'État sans effusion de sang alors que son père est en Suisse
- Début des exportations de GNL ; lancement d'Al Jazeera
- Le Qatar devient le plus grand exportateur mondial de GNL
- Obtient le droit d'organiser la Coupe du monde de la FIFA 2022
- Abdique volontairement en faveur de son fils Sheikh Tamim
- Décède à 74 ans ; prières funéraires à la mosquée Imam Muhammad ibn Abd al-Wahhab
Médias, sport et profil mondial
Sous Sheikh Hamad, le Qatar a créé le réseau d'information Al Jazeera. En décembre 2010, le pays a obtenu le droit d'organiser la Coupe du monde masculine de la FIFA 2022, devenant ainsi la première nation arabe à accueillir le tournoi. La candidature a été entachée d'accusations de corruption, et le Qatar a ensuite été critiqué pour son traitement des travailleurs étrangers et son bilan en matière de droits de l'homme.
Sa vision a préparé le terrain pour que la nation émerge comme un acteur dans la région du Golfe et au-delà.
Politique étrangère et médiation
Sheikh Hamad a poursuivi une stratégie d'équilibre entre des interlocuteurs irréconciliables. Le Qatar a accueilli la plus grande base militaire américaine dans la région, Al Udeid, tout en maintenant des relations avec l'Iran, le Hamas, les talibans et les Frères musulmans. Doha a agi comme médiateur dans des crises, notamment l'accord de Doha de 2008 entre les factions libanaises et le document de Doha pour la paix au Darfour en 2011. En 2012, Sheikh Hamad est devenu le premier chef d'État à se rendre à Gaza sous le Hamas, promettant 400 millions de dollars d'aide.
Le Qatar a également maintenu un bureau commercial israélien jusqu'en 2008, établi après une visite de Shimon Peres en 1996, malgré l'absence de relations diplomatiques formelles. Le soutien aux rebelles en Libye et en Syrie, y compris les fournitures militaires, a suscité des accusations selon lesquelles le Qatar favorisait les groupes jihadistes, ce que Doha a constamment rejeté, affirmant une politique fondée sur la médiation.
Funérailles et réactions
Les prières funéraires ont suivi la prière du Maghrib après le coucher du soleil dimanche à la mosquée Imam Muhammad ibn Abd al-Wahhab à Doha. Des rangées d'hommes en tenue traditionnelle qatarie faisaient face au corps enveloppé de Sheikh Hamad. Les membres proches de la famille, dont Sheikh Tamim, ont porté le corps hors de la mosquée. Il a été inhumé au cimetière de Lusail, ce que Zein Basravi d'Al Jazeera a décrit comme une simple sépulture islamique.
Ce sera une simple cérémonie funéraire islamique, une simple sépulture islamique.
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a présenté ses condoléances sur les réseaux sociaux, qualifiant Sheikh Hamad de dirigeant visionnaire qui a joué un rôle décisif dans le développement du Qatar et de la région au sens large.


