
La régularisation des migrants en Espagne expire avec plus d’un million de candidats et un nuage juridique européen
Le processus extraordinaire de régularisation des migrants du gouvernement espagnol se termine aujourd’hui, le 30 juin, avec plus d’un million de personnes inscrites, tandis que la Cour suprême examine si cette politique viole le droit de l’UE.
Clôture de la période de régularisation massive
La fenêtre de dépôt des candidatures, ouverte le 16 avril, se ferme aujourd’hui. Selon les chiffres du gouvernement, plus d’un million de personnes se sont inscrites au programme, qui accorde des titres de séjour temporaires et des permis de travail aux migrants se trouvant en Espagne avant le 1er janvier 2026, sans casier judiciaire. Au 15 juin, 900 000 demandes avaient été déposées et 360 000 admises en traitement, donnant lieu à des autorisations provisoires.
- Le gouvernement approuve le décret royal 316/2026 pour une régularisation extraordinaire
- Ouverture de la période de dépôt des candidatures
- Plus de 900 000 demandes déposées et 360 000 admises en traitement
- Date limite ; la Cour suprême propose un renvoi à la CJUE
La Cour suprême soulève des questions de compatibilité avec l’UE
La cinquième section de la chambre contentieuse-administrative de la Cour suprême a proposé de renvoyer le décret à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) afin d’évaluer s’il est conforme au droit de l’UE, notamment à la Convention de Schengen et au règlement 2016/399. La cour a répondu aux recours des gouvernements régionaux de Valence et d’Aragon, tous deux dirigés par le PP conservateur, qui contestent certains aspects du décret royal 316/2026. Les juges ont accordé aux parties concernées un délai de cinq jours pour formuler leurs observations avant de se prononcer sur d’éventuelles mesures provisoires.
…une mesure adoptée par un État membre, par le biais d’une norme réglementaire infra-légale, dans le cadre d’une régularisation massive et sans coordination préalable avec les autres États membres, en vertu de laquelle un ressortissant d’un pays tiers bénéficiant d’une première autorisation de séjour temporaire d’un an acquiert le droit de circuler librement dans l’espace Schengen pendant 90 jours sur une période de 180 jours.
La même cour avait précédemment rejeté un recours d’urgence de la Communauté de Madrid, qui soutenait que les services publics s’effondreraient.
Le gouvernement lance un plan d’intégration
Alors que le processus de régularisation s’achève, le Premier ministre Pedro Sánchez a présenté le Plan d’intégration et de citoyenneté, doté de 505 millions d’euros pour sa première année. Ce plan vise l’emploi, l’éducation, le logement, la santé, la coexistence et les mesures anti-discrimination. Parmi ses allocations, 30 millions d’euros sont réservés à des programmes visant à renforcer la maîtrise des langues co-officielles par les migrants et leur compréhension des normes et valeurs espagnoles. Le gouvernement a qualifié la régularisation de « jalon qui a fait de l’Espagne un pays plus juste, plus fort et meilleur ».
Barcelone traite des milliers de demandes
À Barcelone, la mairie a assisté 87 000 personnes via les services municipaux mis en place pour le processus, selon la première adjointe Raquel Gil. Au cours des deux mois et demi écoulés, la ville a déployé jusqu’à cinq centres dédiés pour réduire les longues files d’attente dans les bureaux des services aux citoyens. La ville a délivré 34 576 certificats de vulnérabilité et 378 293 certificats d’enregistrement et dépliants, ces derniers en hausse de 50 % par rapport à la même période l’an dernier.
Critiques politiques de la gauche
La secrétaire générale de Podemos, Ione Belarra, a exhorté le gouvernement à prolonger le délai et a condamné ce qu’elle a appelé une « chasse à l’ICE » des migrants via des vols d’expulsion collectifs. Elle a également critiqué les règles d’immigration de l’UE comme une source de « racisme institutionnel », tout en notant que l’Espagne conserve sa souveraineté sur ses politiques migratoires.
Qu’ils prolongent le délai et arrêtent d’essayer de traquer les gens comme ils le font avec les vols d’expulsion collectifs.


