
Commission européenne : nous avons procédé à des vérifications, pas à une enquête, sur l'ancien commissaire Avramopoulos
La Commission européenne a repoussé jeudi les accusations de l'ancien commissaire européen Dimitris Avramopoulos, affirmant qu'elle n'avait effectué que des vérifications internes de conformité, et non une enquête, sur ses activités post-mandat avec l'ONG Fight Impunity, que les autorités belges soupçonnent de faire partie d'un réseau criminel lié au scandale du Qatargate.
La Commission fait la distinction entre vérifications et enquête
Le porte-parole Balazs Ujvari, lors du point presse quotidien à Bruxelles, a déclaré que la Commission n'avait jamais utilisé le terme « enquête interne » et que le processus à la fin de 2022 était strictement un ensemble de vérifications internes. « Nous avons bien effectué certaines vérifications internes, mais pas une enquête interne. Il y a une différence entre les deux », a-t-il dit. Les vérifications visaient à s'assurer qu'Avramopoulos avait respecté les conditions imposées lorsque le Collège des commissaires a approuvé son rôle auprès de l'ONG Fight Impunity en février 2021, après consultation du comité d'éthique indépendant.
Il s'agissait d'une activité post-mandat approuvée par le Collège en février 2021, avec certaines restrictions. À la fin de l'année 2022, nous avons effectué des vérifications internes pour voir si l'ancien commissaire avait respecté toutes les dispositions pertinentes. C'était des vérifications internes, pas une enquête.
La porte-parole Paola Pinho a ajouté que le rôle de la Commission se limitait à garantir le respect de sa propre décision. Examiner les activités de l'ONG elle-même, ou les allégations de faute désormais poursuivies par les autorités belges, est « une question complètement différente » et ne relève pas de la compétence de la Commission.
Mandat d'arrêt et accusations graves
Un mandat d'arrêt belge a été émis lundi contre Dimitris Avramopoulos, qui a été commissaire européen à la Migration, aux Affaires intérieures et à la Citoyenneté. Il est accusé de participation à une organisation criminelle, de corruption répétée d'un agent public et de blanchiment d'argent. Avramopoulos a rejeté l'affaire, la qualifiant de « burda » (absurdité) et insistant sur le fait qu'il est seulement interrogé par la police belge, et non par la justice, qu'il a accusée d'«expédience».
Toute cette histoire est absurde.
Le mandat n'a pas été envoyé via le ministère de la Justice mais directement à la police grecque, ce qui, selon Avramopoulos, montre qu'il s'agit d'une affaire policière et non judiciaire. Il a également affirmé que le ministre de la Protection du citoyen, Michalis Chrysochoidis, avait gardé le mandat dans son tiroir pendant deux à trois jours avant d'agir, et que le bureau du Premier ministre était informé.
Gouvernement grec : pas de dissimulation, procédure suivie
Le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis, a rejeté toute suggestion de traitement de faveur. « Personne ne protège personne. Les autorités ont reçu la demande, l'ont transmise directement au procureur, et le procureur suit la procédure prescrite », a-t-il déclaré. Il a confirmé que le mandat avait été transmis dans les 24 heures au procureur compétent, puis au Parlement pour la procédure de levée d'immunité. Marinakis a également déclaré que les réponses d'Avramopoulos « semblent convaincantes », mais que seule la justice peut décider.
Ne nous précipitons pas pour juger. M. Avramopoulos a donné des réponses qui semblent convaincantes. Que ce qu'il dit soit vrai, la justice décidera.
Il a défendu le ministre Chrysochoidis, notant que la procédure est gérée par la Police hellénique et ne passe pas par le bureau du ministre, et que les responsables concernés n'ont laissé aucun doute sur le traitement de l'affaire.
La suite au Parlement
Le Parlement grec devrait voter dans les prochains jours sur la levée de l'immunité d'Avramopoulos. L'affaire sera d'abord soumise au Comité d'éthique, dont le président, George Georgantas, a indiqué qu'il était prêt à convoquer une session dès la semaine prochaine. Avramopoulos sera invité à fournir des explications.
- Le Collège des commissaires approuve l'activité post-mandat d'Avramopoulos avec Fight Impunity, avec des restrictions.
- La Commission effectue des vérifications internes pour vérifier la conformité avec la décision de 2021 ; aucune violation constatée.
- Mandat d'arrêt belge émis contre Avramopoulos pour accusations d'organisation criminelle, corruption et blanchiment d'argent.
- Le porte-parole de la Commission clarifie que les vérifications n'étaient pas une enquête ; le gouvernement grec dit qu'il n'y a pas de dissimulation.
- Le président du Comité d'éthique convoque une session ; Avramopoulos sera invité à fournir des explications avant le vote sur l'immunité.
Tensions au sein de Nouvelle Démocratie
L'affaire a suscité des tensions internes au sein du parti au pouvoir. Avramopoulos a ouvertement critiqué le ministre Chrysochoidis, tandis que des sources au ministère de la Protection du citoyen ont répondu qu'aucun citoyen ne bénéficie d'un traitement de faveur et que les services de police traitent les affaires sensibles sans fuites. Marinakis a souligné que la décision de savoir si Avramopoulos restera sur les listes électorales de Nouvelle Démocratie relève uniquement du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis.

