Généré par IA·En savoir plus
© Ouest France
Élections·-2 h

La Colombie vire à droite : le trumpiste et outsider Abelardo de la Espriella remporte la présidence d’un point de pourcentage

Abelardo de la Espriella, un homme d’affaires de 47 ans et « outsider » autoproclamé, a battu le sénateur de gauche Iván Cepeda lors du second tour du 21 juin, faisant basculer le pays nettement à droite après quatre ans de pouvoir de gauche.

Le résultat le plus serré

Avec plus de 99 % des bureaux de vote dépouillés, Abelardo de la Espriella a obtenu 49,65 % des voix contre 48,71 % pour Iván Cepeda au second tour de dimanche, selon les résultats préliminaires. La marge d’environ un point de pourcentage en a fait le scrutin présidentiel le plus serré de l’histoire récente de la Colombie. Quelque 41 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, et la participation a été massive dans une élection perçue comme un référendum sur le premier gouvernement de gauche du pays.

Résultats du second tour, 21 juin 2026 · %
Abelardo de la Espriella
49.65 %
Iván Cepeda
48.71 %

Qui est Abelardo de la Espriella ?

Surnommé « El Tigre », cet avocat millionnaire de 47 ans s’est présenté comme un candidat antisystème promettant une répression des groupes armés liés au trafic de drogue. De la Espriella, un novice politique qui admire ouvertement Donald Trump et bénéficiait du soutien de Washington, a fait campagne sur un programme virulent de lutte contre la guérilla. L’élection marque l’ascension fulgurante d’un candidat qui s’est présenté comme un patriote et un outsider, capitalisant sur un profond mécontentement envers l’administration sortante de Gustavo Petro.

La gauche défaite

Iván Cepeda, sénateur de 63 ans, philosophe et défenseur des droits humains, a porté la popularité de son allié, le président Gustavo Petro. Petro, empêché par la Constitution de briguer un second mandat, avait présidé à la réduction de la pauvreté et à la hausse des salaires dans l’un des pays les plus inégalitaires du monde. Cepeda, distancé par de la Espriella après le premier tour, a considérablement réduit l’écart au second tour, manquant de peu de créer la surprise face au favori de droite.

Violence et cocaïne

Le vote de dimanche s’est déroulé dans un contexte de recrudescence de violences inédite depuis l’accord de paix de 2016 avec la guérilla des FARC. Des dirigeants communautaires ont été menacés et tués, des civils ont été victimes d’attaques à la bombe, et un candidat à la présidence a été assassiné pendant la campagne. La Colombie reste le premier producteur mondial de cocaïne, et de la Espriella a gagné en promettant une réponse de fer contre les réseaux du crime organisé et de la guérilla qui ont prospéré dans la détérioration de la sécurité.

Ce que ce changement signifie

La victoire de de la Espriella met fin à la période historique de quatre ans de la gauche à la présidence et réaligne la Colombie sur une ligne plus dure, proche des États-Unis. Le mandat serré, cependant, révèle un pays profondément polarisé, où une grande partie de l’électorat reste fidèle aux acquis sociaux de l’ère Petro. Le nouveau président devra faire face à une pression immédiate pour tenir ses promesses en matière de sécurité tout en gérant un congrès et une rue toujours profondément divisés.

Bogotá

6 sources

Recevoir Pollar Weekly

La semaine en actu, chaque vendredi. Gratuit.

Gratuit. Sans traceurs, sans pub. Désinscription à tout moment.

Plus de Politique & Économie