
La Chambre vote pour limiter les pouvoirs de guerre de Trump en Iran, quatre républicains font défection, mais un veto se profile
La Chambre des représentants des États-Unis a adopté une résolution sur les pouvoirs de guerre ordonnant le retrait des troupes du conflit iranien, marquant la première fois que le Congrès approuve une mesure visant à restreindre la campagne militaire vieille de trois mois.
Un camouflet bipartisan
La Chambre des représentants des États-Unis a voté mercredi 215 contre 208 en faveur d'une résolution sur les pouvoirs de guerre ordonnant au président Donald Trump de mettre fin à l'implication américaine dans les hostilités contre l'Iran. Quatre républicains — Thomas Massie du Kentucky, Tom Barrett du Michigan, Warren Davidson de l'Ohio et Brian Fitzpatrick de Pennsylvanie — se sont joints aux démocrates pour faire passer la mesure au-dessus du seuil de la majorité, défiant ainsi la direction du parti. Ce vote représente la première fois depuis le début du conflit fin février que le Congrès réussit à adopter une loi visant à limiter la campagne militaire.
Nous sommes piégés dans quelque chose qui ne finira pas parce qu'un président incompétent l'a déclenché en ne pensant qu'à son ego, sans se préparer aux conséquences.
La réponse de Trump
Jeudi, Trump s'est rendu sur sa plateforme Truth Social pour condamner le vote, le qualifiant de « antipatriotique » et arguant qu'il perturbait la diplomatie. Il a déclaré que la résolution avait été adoptée « en plein milieu de mes négociations finales pour mettre fin à la guerre avec la République islamique d'Iran ». Trump a réservé son mépris particulier aux quatre transfuges républicains, les qualifiant de « GRANDSTANDERS » qui « devraient avoir honte d'eux-mêmes ». Il a qualifié la résolution de « sans signification ».
Qui ferait une chose aussi antipatriotique. Ils savent où en sont les négociations.
Conflit constitutionnel
La résolution invoque la War Powers Resolution de 1973, une loi adoptée après la guerre du Vietnam qui exige que les présidents obtiennent l'autorisation du Congrès dans les 60 jours suivant l'introduction de forces américaines dans des hostilités. Ce délai a expiré le 1er mai, il y a plus d'un mois. Les démocrates affirment que Trump viole désormais la loi. La Maison Blanche et la direction républicaine rétorquent que le président conserve une large autorité en tant que commandant en chef et qu'un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril avait mis fin aux hostilités, malgré la poursuite d'un blocus naval et de récents échanges de frappes limitées.
Nous ne sommes pas dans une situation d'hostilité — nous sommes engagés avec quasiment le même nombre de forces que nous maintenons en permanence dans la région.
Symbolique mais significative
La résolution reste largement symbolique. Elle doit encore passer au Sénat, où une mesure similaire a reçu une approbation procédurale initiale le mois dernier, et nécessiterait une majorité des deux tiers dans les deux chambres pour passer outre un veto présidentiel quasi certain. Le président de la Chambre, Mike Johnson, a qualifié la résolution de « dangereuse », arguant qu'elle pourrait affaiblir la position de négociation américaine. Néanmoins, le vote reflète une inquiétude croissante au Congrès, même parmi les républicains, face à un conflit que les sondages suggèrent que plus de 60 % des électeurs considèrent comme une erreur à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.
Négociations bloquées
Les efforts pour parvenir à un cessez-le-feu durable ont progressé par à-coups. L'administration Trump a alterné entre menaces militaires et promesses de percée diplomatique, Trump déclarant mercredi qu'un accord pourrait intervenir d'ici ce week-end. Les principaux points de blocage incluent l'avenir du programme nucléaire iranien et le contrôle du détroit d'Ormuz. L'administration chercherait un accord nucléaire plus solide que le Plan d'action global conjoint de 2015, dont Trump s'est retiré en 2018, le qualifiant de « stupide » et « défectueux ».
- Les États-Unis et Israël lancent des frappes aériennes sur l'Iran, débutant le conflit
- Le cessez-le-feu entre en vigueur, bien que le blocus naval et des frappes limitées se poursuivent
- Le délai de 60 jours de la War Powers Resolution expire sans autorisation du Congrès
- La Chambre adopte la résolution sur les pouvoirs de guerre par 215 voix contre 208, avec quatre voix républicaines


