
La CFDT refuse tout dialogue avec le Rassemblement national d'extrême droite en vue de la présidentielle 2027
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a annoncé que le syndicat maintiendra un cordon sanitaire et boycottera Marine Le Pen en vue de la présidentielle française de 2027, tout en proposant un impôt sur les successions dès le premier euro.
Boycott de l'extrême droite et cordon sanitaire
La Confédération française démocratique du travail (CFDT) a annoncé mardi 25 août 2026 qu'elle ne dialoguera pas avec les candidats d'extrême droite pendant la campagne présidentielle de 2027. Intervenant sur RTL, la secrétaire générale Marylise Léon a confirmé que le syndicat maintient son cordon sanitaire, refusant toute réunion bilatérale ou débat avec la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen. La dirigeante syndicale a déclaré que le Rassemblement national ne peut être traité comme un parti ordinaire car il promeut systématiquement des politiques de préférence nationale. Elle a exprimé son inquiétude que les concepts d'extrême droite s'infiltrent progressivement dans le monde du travail, créant division et stigmatisation parmi les travailleurs. La CFDT a confirmé qu'elle reste ouverte aux discussions avec les autres candidats à la présidentielle, de tous bords politiques.
La CFDT a une position extrêmement claire sur le fait qu'elle ne dialogue pas avec les candidats d'extrême droite, même si une grande partie de la population peut considérer que ses idées sont acceptables ou qu'il s'agit d'un parti comme un autre.
Impôt sur les successions et réduction du déficit
Au-delà des règles d'engagement électoral, Léon a présenté le programme fiscal du syndicat visant à réduire le déficit public de la France à 5 % du produit intérieur brut d'ici 2027. La proposition économique centrale consiste à taxer toutes les successions dès le premier euro à un taux symbolique de 1 %. Dans le droit fiscal français actuel, les héritiers bénéficient d'un abattement de 100 000 euros par enfant et par parent avant l'application des droits. Léon a décrit la réforme comme une mesure nécessaire de justice sociale et fiscale, demandant si les personnalités politiques auront la détermination de soutenir cette refonte même si elle déstabilise une partie de leur électorat. Des recherches du Conseil d'analyse économique indiquent que le 1 % des héritiers les plus riches reçoit en moyenne plus de 4,2 millions d'euros nets de droits, tandis que le 0,1 % supérieur reçoit environ 13 millions d'euros.
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Cotisations retraite et contexte électoral
La CFDT a également plaidé pour des contributions fiscales des retraités les plus aisés via la désindexation des pensions les plus élevées, sans préciser de seuil de revenu exact. Cette position s'appuie sur les prises de position syndicales antérieures lors des négociations sur les retraites, où la direction a soutenu des contributions ciblées des hauts revenus plutôt que des ajustements uniformes. La proposition fiscale intervient alors que plusieurs plateformes politiques commencent à se dessiner en vue du scrutin de 2027, où au moins 23 candidats ont annoncé leur candidature selon un décompte du Parisien. Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire organisée par Place publique et le Parti socialiste, a de son côté proposé un impôt sur les grosses successions. L'ancien ministre de l'Économie Bruno Le Maire a noté lors d'une audition au Sénat en février 2022 que les deux tiers des successions en France ne paient actuellement aucun droit de succession.
En cas de victoire, on verra. En attendant, nous luttons contre ces idées d'extrême droite qui infiltrent le monde du travail.
Précédents syndicaux et trajectoire politique
Le boycott du Rassemblement national s'inscrit dans les positions établies de la CFDT lors des élections nationales. Lors des élections législatives de 2024, l'organisation a appelé ses membres à voter pour tout candidat opposé à l'extrême droite. Lors du second tour de la présidentielle de 2022, le syndicat a explicitement exhorté les électeurs à se mobiliser contre Marine Le Pen en soutenant Emmanuel Macron, tout en précisant que ce vote ne constituait pas une approbation du bilan ou du programme de Macron. Un récent sondage Harris Interactive a placé Le Pen en tête avec plus de 35 % des intentions de vote au premier tour, suivie de Jean-Luc Mélenchon de La France Insoumise avec 16 % à 17 % et Édouard Philippe d'Horizons avec 14 % à 19 %. Léon a souligné que si les sondages favorisent actuellement le Rassemblement national, le résultat final de l'élection reste imprévisible.

