
La France met à l’arrêt trois réacteurs nucléaires et en limite huit autres alors que les températures des cours d’eau grimpent lors de la troisième canicule de 2026
Trois réacteurs nucléaires ont été mis à l’arrêt et huit autres fonctionnent à capacité réduite alors que la troisième canicule en deux mois en France pousse les températures des cours d’eau au-delà des limites environnementales.
Des réacteurs à l’arrêt sur trois cours d’eau
L’opérateur EDF a confirmé dimanche que le réacteur 2 de Golfech sur la Garonne, le réacteur 3 du Bugey sur le Rhône et le réacteur 2 de Chooz sur la Meuse ont été mis à l’arrêt. Huit autres unités fonctionnent avec une production réduite : les réacteurs 1 et 2 de Saint-Alban, 1 et 3 du Blayais, 4 et 5 du Bugey, le réacteur 1 de Chooz et le réacteur 3 de Tricastin. L’unité de Tricastin a été limitée pendant la journée mais est revenue à un fonctionnement normal en fin d’après-midi, a indiqué EDF à l’AFP.
En raison des conditions climatiques et pour respecter la réglementation sur les rejets, et donc sur l’environnement, les réacteurs : numéro 2 de Golfech, numéro 3 du Bugey et numéro 2 de Chooz sont arrêtés.
Au total, 11 des 57 réacteurs du pays sont concernés, ce qui réduit la production d’un parc qui fournit environ 70 % de l’électricité française.
- Golfech 2
- À l’arrêt
- Bugey 3
- À l’arrêt
- Chooz 2
- À l’arrêt
- Saint-Alban 1
- Restriction
- Saint-Alban 2
- Restriction
- Blayais 1
- Restriction
- Blayais 3
- Restriction
- Bugey 4
- Restriction
- Bugey 5
- Restriction
- Chooz 1
- Restriction
- Tricastin 3
- Restriction (retour à la normale en fin d’après-midi)
Pourquoi le cours d’eau est important
Chaque centrale nucléaire française est située au bord d’un fleuve ou de la mer, puisant l’eau pour refroidir ses réacteurs. En période de canicule, cette eau entre dans la prise d’eau plus chaude et sort du canal de rejet encore plus chaude. Pour protéger les écosystèmes, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) fixe des températures maximales de rejet pour chaque site. Lorsque les températures des cours d’eau augmentent, EDF doit réduire la puissance ou arrêter complètement une unité pour rester dans ces limites. Le même schéma a forcé des arrêts lors de la deuxième canicule en juin.
La troisième vague en deux mois
Météo France a désormais placé plus d’un tiers du pays en alerte rouge canicule, contre 24 départements samedi. Environ 26 millions d’habitants sont concernés par les avertissements. Les prévisionnistes s’attendent à ce que les températures élevées persistent au moins jusqu’au milieu de la semaine prochaine. L’épisode de chaleur actuel est la troisième vague de chaleur extrême à frapper la France depuis le début de l’année.
- Troisième canicule en France ; trois réacteurs mis à l’arrêt, huit limités
- La deuxième canicule a forcé des arrêts de réacteurs d’EDF
- Des températures élevées devraient persister au moins jusqu’à la mi-semaine prochaine
Course pour maintenir l’éclairage
Avec onze réacteurs à l’arrêt ou limités, le gestionnaire du réseau électrique français fait face à une marge d’approvisionnement plus serrée alors que la demande de climatisation atteint son pic. Les 57 réacteurs sont refroidis par les cours d’eau ou la mer, sans solution rapide lorsque ceux-ci surchauffent. Les arrêts de juin avaient déjà révélé la fragilité estivale du parc ; la répétition en juillet suggère que le schéma s’aggrave à mesure que les canicules deviennent plus fréquentes.
Les incendies accentuent la pression
Au-delà du secteur énergétique, les températures élevées alimentent les incendies de forêt. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré que les autorités estiment que les flammes ont détruit un total de 25 000 hectares, une superficie deux fois plus grande que Paris.
Les autorités estiment que les flammes ont détruit un total de 25 000 hectares de terres.
Les moyens de lutte contre les incendies sont sollicités dans les régions les plus touchées tandis que l’alerte rouge reste en vigueur pour lundi, couvrant environ 40 % de la population.


