La Banque d'Angleterre devrait maintenir ses taux à 3,75 % alors que la guerre en Iran provoque des fluctuations pétrolières
La Banque d'Angleterre devrait largement laisser son taux directeur inchangé à 3,75 % jeudi, prolongeant une pause entamée en décembre, alors que la fermeture du détroit d'Ormuz depuis cinq mois maintient l'inflation au-dessus de l'objectif.
Décision sur les taux attendue
Le Comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre doit annoncer sa dernière décision sur les taux d'intérêt jeudi à 12h00 BST, avec un maintien à 3,75 % comme attente générale. Le comité de neuf membres, composé de cinq femmes et quatre hommes, devrait voter à 7 contre 2 en faveur d'un statu quo, selon la plupart des économistes interrogés par Reuters, prolongeant une pause en place depuis décembre. Le taux directeur de la Banque est à son plus bas niveau depuis février 2023, et peu d'analystes prévoient un changement à court terme. Le gouverneur Andrew Bailey s'adressera à la presse à 12h00 GMT, une heure après la publication de la décision, des minutes de la politique et des nouvelles prévisions économiques.
Pressions inflationnistes et énergétiques
L'inflation au Royaume-Uni était de 2,6 % sur un an en juin, en légère baisse par rapport au mois précédent mais toujours au-dessus de l'objectif de 2 %. Le taux devrait augmenter en juillet alors que des millions de foyers en Écosse, en Angleterre et au Pays de Galles ressentent l'impact d'une hausse de 13 % des prix de l'énergie domestique, conséquence directe de l'effet de la guerre en Iran sur les coûts de l'énergie de gros. Le mois dernier, la BoE a revu à la baisse ses prévisions de pic d'inflation cette année à un peu plus de 3,25 %, contre une prévision de 3,6 % à 3,7 % en avril. Bien que les prix du gaz naturel aient augmenté depuis, les contrats à terme sur le pétrole restent proches du scénario le plus bas de la BoE, malgré un pic au-dessus de 100 dollars le baril la semaine dernière.
Contexte des banques centrales mondiales
L'approche attentiste de la BoE contraste avec celle des autres grandes banques centrales. La Banque centrale européenne a relevé ses taux en juin, tandis que la Réserve fédérale américaine a laissé ses taux inchangés mercredi. Cependant, trois des douze membres du Comité fédéral de l'open market ont déclaré qu'ils auraient préféré une hausse d'un quart de point, et le président Kevin Warsh a affirmé n'avoir « aucune tolérance » pour l'inflation. La BoE avait déjà signalé en mars que les baisses de coûts d'emprunt précédemment attendues étaient exclues en raison de la guerre, une position que le gouverneur Bailey a réitérée.
- La BoE signale que les baisses de taux sont exclues en raison de la guerre en Iran
- La Banque centrale européenne relève ses taux d'intérêt
- La Réserve fédérale maintient ses taux ; trois membres du FOMC s'opposent en faveur d'une hausse
- La BoE devrait maintenir le taux directeur à 3,75 %
- Les marchés à terme des taux intègrent une hausse d'un quart de point
- Une autre hausse d'un quart de point attendue par les marchés
Réactions des marchés et des analystes
Les marchés à terme des taux d'intérêt mercredi laissaient entrevoir une hausse d'un quart de point d'ici novembre et une autre d'ici mars 2027, même si la plupart des économistes ne prévoient aucun changement cette année. Le chef économiste Huw Pill et le membre extérieur du MPC Megan Greene devraient avoir voté à nouveau pour une hausse, la vice-gouverneure Clare Lombardelli et la membre extérieure Catherine Mann étant considérées comme les plus susceptibles de se joindre à eux. Mann a déclaré ce mois-ci qu'une baisse des coûts d'emprunt sur le marché pourrait rendre plus difficile le contrôle de l'inflation.
Ni les prix actuels du pétrole ni les données économiques récentes ne justifient une réponse hâtive, que ce soit sous la forme d'une hausse immédiate des taux ou d'un ensemble de communications trop restrictives.
Contexte politique
Un statu quo serait un soulagement pour le nouveau Premier ministre Andy Burnham, qui a privilégié des mesures sur le coût de la vie, notamment la suppression d'une taxe sur les factures d'électricité des ménages. La BoE devrait également publier sa dernière analyse sur le resserrement quantitatif avant une décision sur le dénouement de son portefeuille de dettes publiques en septembre.
Un nouveau gouvernement qui trouve ses marques, et la situation au Moyen-Orient devenant de plus en plus incertaine, signifient qu'un statu quo sur la décision du taux de base serait une dose de stabilité bienvenue. Les gens ont eu plus qu'assez d'incertitude au cours de l'année écoulée, et même une pause temporaire allège un peu la pression.


