
La Cour fédérale allemande autorise les propriétaires d'appartements à installer une climatisation contre l'avis de la majorité
La Bundesgerichtshof a statué vendredi que les copropriétaires peuvent exiger l'autorisation d'installer des climatiseurs split sur leurs balcons, même lorsque l'association des propriétaires vote contre, à condition que les droits des autres résidents ne soient pas excessivement compromis.
La plus haute juridiction civile allemande a renforcé la position des propriétaires d'appartements individuels souhaitant rafraîchir leur logement, en statuant que la demande d'une famille berlinoise d'installer un climatiseur split sur son balcon doit être autorisée. Cette décision, rendue par la Bundesgerichtshof (BGH) à Karlsruhe le 17 juillet 2026, précise que le seul bruit de fonctionnement futur ne constitue pas un motif d'interdiction.
L'affaire berlinoise qui a atteint Karlsruhe
L'affaire a débuté à Berlin, où une famille propriétaire d'un appartement dans un immeuble collectif prévoyait plusieurs modifications, dont l'installation d'un climatiseur split sur son balcon. L'association des copropriétaires a rejeté leur demande en décembre 2023. Les opposants ont fait valoir que le bruit, l'eau de condensation et l'air chaud rejeté pourraient déranger les autres résidents et réduire la valeur locative et de vente des appartements voisins. La famille a intenté une action en justice. Dans un premier temps, l'Amtsgericht Berlin-Pankow a rejeté leur demande, mais le Landgericht Berlin a infirmé ce jugement et accordé l'autorisation sous réserve de conditions spécifiques concernant l'exécution, le boîtier et le fonctionnement de l'appareil.
Le fonctionnement d'un climatiseur doit être toléré dans certaines limites.
L'association des copropriétaires a fait appel de la décision du tribunal régional de Berlin devant la BGH, arguant que les effets bien connus du fonctionnement des climatiseurs présentaient un risque sérieux de diminution de la valeur des propriétés voisines. La BGH a toutefois confirmé le raisonnement du tribunal inférieur : seules les conséquences directement liées à l'installation elle-même sont pertinentes, et non celles découlant de l'utilisation ultérieure.
Bruit et limites de la règle majoritaire
En règle générale, les modifications structurelles telles que les systèmes split fixes nécessitant un perçage de la façade doivent être approuvées par l'association des copropriétaires. Si la majorité vote non, un tribunal peut néanmoins accorder l'autorisation si tous les propriétaires concernés consentent ou s'il n'y a pas de nuisance excessive. La juge présidente, Bettina Brückner, a déclaré qu'une évaluation doit être effectuée. Le tribunal a clairement indiqué que les sons émis par un appareil en fonctionnement ne sont pas en soi une raison pour interdire l'installation.
Le fonctionnement d'un climatiseur doit être toléré dans certaines limites.
Les limites de bruit locales s'appliquent toujours une fois l'appareil en marche, et les voisins conservent le droit d'engager des poursuites judiciaires contre un bruit inacceptable. La décision ne donne pas aux propriétaires un blanc-seing : les installations doivent être réalisées par des professionnels et ne doivent pas causer de perturbations déraisonnables ou de désavantages significatifs pour autrui.
Une décision parallèle et un marché en pleine croissance
Ce jugement fait écho à une décision de la BGH de l'année précédente, lorsque la majorité d'une association de copropriétaires avait voté en faveur de l'installation d'un climatiseur et qu'un seul propriétaire avait intenté une action pour l'empêcher. La BGH avait rejeté cette contestation, statuant que seuls les impacts structurels directs importent pour évaluer la validité, et non le bruit redouté d'une utilisation ultérieure. Le message cumulé est clair : la Cour considère de plus en plus le refroidissement comme une adaptation légitime à un climat qui se réchauffe.
La demande de climatisation domestique en Allemagne augmente fortement. Un sondage représentatif YouGov cité par DIE WELT montre qu'environ 17 % des personnes possèdent désormais un climatiseur à domicile, contre 15 % en juillet 2025, tandis que 20 % prévoient d'en acquérir un (contre 10 % un an plus tôt). Les ventes de climatiseurs de pièce, principalement des splits, sont passées d'environ 260 000 à 320 000 unités entre 2023 et 2025, selon le Fachverband Gebäude-Klima. Les chiffres pour 2026 ne sont pas encore disponibles, mais une nouvelle croissance est attendue.
Implications pour les pompes à chaleur et la vie en communauté
Cette décision est également une bonne nouvelle pour les propriétaires souhaitant installer des pompes à chaleur, qui font souvent office de climatiseurs et se heurtent à une résistance similaire de la part des voisins ou des associations invoquant des problèmes de bruit. DIE WELT souligne le point sociétal plus large : le changement climatique est un fait, et les adaptations nécessaires entraînent des coûts inévitables, tant privés que publics. Cependant, l'éditorial déplore également que de tels litiges parviennent jusqu'aux plus hauts juges civils du pays, arguant qu'une société civilisée devrait résoudre ces conflits sans avocats ni tribunaux. L'espoir est que le jugement incite les associations et les propriétaires à planifier de manière proactive des solutions de chauffage et de refroidissement collectives, bien que le résultat le plus probable soit que d'autres litiges suivront, la frontière entre nuisance tolérable et excessive étant testée au cas par cas.
- Possède un AC (juil. 2025)
- 15 %
- Possède un AC (juil. 2026)
- 17 %
- Prévoit d'acheter (juil. 2025)
- 10 %
- Prévoit d'acheter (juil. 2026)
- 20 %
- L'association des copropriétaires de Berlin rejette la demande de la famille d'installer un climatiseur split sur son balcon.
- L'Amtsgericht Berlin-Pankow rejette la demande de la famille en première instance.
- Le Landgericht Berlin infirme le jugement du tribunal inférieur, accordant l'autorisation sous conditions d'exécution, de boîtier et de fonctionnement.
- La BGH statue dans une affaire parallèle que seuls les impacts structurels directs, et non le bruit de fonctionnement redouté, déterminent la validité du vote d'une association sur l'installation d'un climatiseur.
- La BGH confirme la décision du Landgericht Berlin : la famille a le droit d'installer le climatiseur sur son balcon.

