Les États-Unis réduisent les visas des journalistes étrangers à 240 jours et limitent le séjour des étudiants à quatre ans
Le département de la Sécurité intérieure a annoncé le 17 juillet 2026 une règle finale qui remplace le système de « durée de statut » par des limites fixes pour les titulaires de visas F, J et I, touchant plus de 1,1 million d’étudiants étrangers et des centaines de journalistes accrédités.
Modifications apportées par la règle
La nouvelle réglementation met fin au système de « durée de statut » qui permettait aux étudiants étrangers (visas F), aux visiteurs d’échange (visas J) et aux journalistes (visas I) de rester aux États-Unis tant qu’ils remplissaient les conditions du programme. Selon la règle finale, les titulaires de visas F et J seront admis pour un maximum de quatre ans, tandis que les titulaires de visas I seront limités à 240 jours, soit environ huit mois. Les ressortissants chinois titulaires d’un visa I sont soumis à un plafond plus strict de 90 jours. Les titulaires de visa peuvent demander une prolongation sans quitter le pays, mais chaque renouvellement nécessite une approbation fédérale. La règle interdit également aux étudiants diplômés de modifier leurs objectifs éducatifs ou de changer d’établissement sans autorisation, et réduit de moitié la fenêtre de départ après la fin des études, passant de 60 à 30 jours. La date d’entrée en vigueur est le 15 septembre 2026, 60 jours après la publication au Federal Register, sous réserve d’examen par le Congrès.
- Ancien visa I (jusqu’à 5 ans)
- 1825 jours
- Nouveau visa I (240 jours)
- 240 jours
- Nouveau visa I chinois (90 jours)
- 90 jours
Justification du DHS
Le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a défendu ces changements comme une mesure de sécurité nationale. Il a fait valoir que des milliers de ressortissants étrangers avaient abusé du système en s’inscrivant en permanence à des cours pour éviter de quitter le pays. Le DHS a déclaré que les nouvelles limites fixes permettraient au gouvernement de « contrôler, vérifier et surveiller correctement les personnes à l’intérieur de nos frontières ». Le département a également cité une forte augmentation ces dernières années du nombre d’étudiants et de journalistes utilisant ces catégories de visa.
Pendant des décennies, les étudiants étrangers ont été admis aux États-Unis de manière indéfinie, permettant à des milliers de personnes d’abuser de notre système d’immigration en s’inscrivant en permanence à des cours pour éviter de devoir quitter les États-Unis.
Les organisations de défense de la liberté de la presse condamnent la mesure
Les organisations internationales de défense de la liberté de la presse ont réagi vivement. Reporters sans frontières (RSF) a déclaré que la règle « prive les journalistes internationaux de la possibilité de couvrir l’actualité aux États-Unis et rend extrêmement difficile, voire impossible, pour les médias internationaux d’opérer sur le sol américain ». L’organisation a averti qu’un « cycle incessant de renouvellements de visas restreint la liberté de la presse », car les journalistes ressentiront la pression d’éviter de contrarier l’administration par peur d’un refus. Le Comité pour la protection des journalistes a qualifié la politique de « comportement d’une démocratie en régression, et non du fer de lance international de la liberté d’expression ». RSF a exhorté le Congrès à intervenir.
Nous sommes indignés que l’administration Trump ait cruellement limité la durée des visas pour les journalistes étrangers, la faisant passer d’une période allant jusqu’à cinq ans à huit mois fixes.
Les défenseurs des étudiants mettent en garde contre les perturbations
La NAFSA : Association of International Educators a qualifié la règle de « malavisée et inutile ». La directrice générale Fanta Aw a déclaré qu’elle « injecte de l’incertitude, de la bureaucratie et de la peur dans un système qui a longtemps fonctionné efficacement. C’est une solution en quête de problème. » Les étudiants en doctorat et ceux en sciences, technologie et médecine sont particulièrement exposés, car ces programmes dépassent systématiquement quatre ans en raison de retards de recherche, de publication et de financement. L’ancien responsable du DHS Doug Rand a déclaré que la règle ferait l’effet inverse de la réduction des formalités administratives, tandis que David J. Bier du Cato Institute a soutenu qu’il n’y avait pas de base juridique pour les nouvelles restrictions d’études et de transfert. Les États-Unis accueillent plus de 1,1 million d’étudiants étrangers, la plus grande population de ce type au monde.
Cette politique injecte de l’incertitude, de la bureaucratie et de la peur dans un système qui a longtemps fonctionné efficacement. C’est une solution en quête de problème.
La Chine menace de représailles
Le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié les restrictions de visas de « discriminatoires » et a exigé leur retrait immédiat. Le porte-parole Lin Jian a déclaré que cette mesure « viole gravement le consensus en trois points sur les questions médiatiques conclu entre la Chine et les États-Unis en 2021, et affecte sérieusement le travail normal des médias chinois aux États-Unis ». Pékin s’est réservé le droit de prendre des contre-mesures réciproques. La limite spéciale de 90 jours pour les journalistes chinois ne s’applique pas à ceux de Hong Kong ou de Macao.
Cette mesure viole gravement le consensus en trois points sur les questions médiatiques conclu entre la Chine et les États-Unis en 2021, et affecte sérieusement le travail normal des médias chinois aux États-Unis.
Durcissement plus large de l’immigration
La règle sur les visas est la dernière d’une série de restrictions en matière d’immigration sous la présidence de Donald Trump, qui a lancé une vaste répression après son entrée en fonction en janvier 2025. L’administration a déjà révoqué des visas d’étudiants et des cartes vertes pour des opinions idéologiques, retiré le statut légal à des centaines de milliers de migrants et tenté de plafonner le nombre d’étudiants internationaux dans certaines grandes universités. Une proposition similaire visant à mettre fin à la durée de statut avait été évoquée pendant le premier mandat de Trump en 2020, mais avait été retirée lorsque Joe Biden a accédé à la présidence en 2021. La nouvelle règle a été relancée l’année dernière et finalisée cette semaine.
- Le DHS publie la règle finale limitant la durée des visas
- Les nouvelles limites de visa entrent en vigueur, 60 jours après la publication


