
Le gouvernement belge se divise sur le blocage des visas pour 13 étudiants boursiers palestiniens de Gaza
La ministre de la Migration Anneleen Van Bossuyt a refusé l'entrée à 13 étudiants boursiers palestiniens de Gaza, suscitant les objections des partenaires de la coalition et des dirigeants universitaires.
Blocage au sein du cabinet sur les visas gazaouis
La Belgique connaît une division interne au sein du gouvernement fédéral après que la ministre de l'Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt a bloqué l'entrée de 13 étudiants et chercheurs palestiniens. Ces 13 personnes ont obtenu des bourses et ont été admises dans des universités belges, mais restent dans la bande de Gaza sans visa de sortie. Les partenaires de la coalition Les Engagés, Vooruit et CD&V soutiennent l'arrivée de ces étudiants en Belgique, tandis que la Nouvelle Alliance flamande (N-VA) et le Mouvement Réformateur (MR) s'y opposent. Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a élaboré une procédure d'évacuation pour le groupe, mais a retiré sa proposition le 11 septembre 2026 après n'avoir pas réussi à obtenir un consensus au sein du cabinet.
- Le cabinet fédéral ne parvient pas à un accord sur le plan d'évacuation des étudiants après l'opposition de la N-VA
- Les recteurs de dix universités belges publient une lettre ouverte demandant l'admission des étudiants
- La commission de l'intérieur se réunit alors que la ministre de la Migration conditionne l'entrée aux expulsions afghanes
Compromis proposé avec des expulsions
Lors d'une audition de la commission parlementaire de l'intérieur le 16 septembre 2026, Van Bossuyt a défendu sa décision en faisant valoir que l'octroi de l'entrée créerait un précédent dangereux pour de futures demandes d'asile. Elle a déclaré qu'elle n'envisagerait un compromis que si les partenaires de la coalition acceptent d'accélérer l'expulsion d'environ 60 migrants afghans en situation irrégulière condamnés pour crimes graves et soutiennent les centres de retour de l'Union européenne. Van Bossuyt a également noté que 300 personnes supplémentaires à Gaza attendent d'être admises en Belgique et qu'environ 1 800 personnes titulaires de visas belges se trouvent encore dans l'enclave. Prévot a critiqué ce lien proposé, déclarant que la dignité humaine ne devrait pas être traitée comme un otage dans les négociations.
En un an et demi à ce poste, j'ai appris que si vous ouvrez une porte, certaines ONG et certains juges l'ouvrent complètement.
Réactions du secteur académique et des étudiants
Les administrateurs universitaires et les étudiants concernés ont vivement critiqué la position du gouvernement. Les recteurs de dix universités belges ont publié une lettre conjointe exhortant le gouvernement fédéral à autoriser l'arrivée des boursiers. Séverine Vermeire, rectrice de la KU Leuven, a signalé que trois des étudiants devaient commencer leur semestre académique à l'université le 16 septembre 2026. Peter Hellinckx, président du département d'électronique et des TIC à l'Université d'Anvers, a expliqué qu'un étudiant en ingénierie sélectionné pour des études avancées en intelligence artificielle ne peut désormais pas assister.
Il n'y a qu'une seule bonne décision : ces 13 étudiants doivent être autorisés à venir en Belgique.
Parmi les étudiants bloqués figure Ahmed Abujami, un médecin de 28 ans ayant obtenu une bourse pour un master en santé publique à l'Institut de médecine tropicale d'Anvers. Abujami a exprimé sa déception de perdre une année académique malgré avoir réussi des sélections académiques rigoureuses, soulignant qu'il cherchait cette formation pour contribuer à reconstruire les capacités sanitaires à Gaza. Salwa Abu Elhaj, admise à la KU Leuven pour étudier les sciences de la communication, a également signalé que ses chances de s'inscrire diminuent chaque jour.
Affrontement parlementaire et arguments juridiques
La politique a suscité une forte opposition lors de l'audience de la commission, tant de la part des députés de l'opposition que des représentants de la coalition. Le chef de file des Verts (Groen) à la Chambre, Matti Vandemaele, a noté que l'ancien secrétaire d'État N-VA Theo Francken avait évacué 280 chrétiens syriens sans visas ni bourses sous une administration précédente. La députée CD&V Els Van Hoof a fait valoir que les 13 étudiants représentent une migration légale régulière et a remis en question les données derrière les allégations d'effet domino. Les universitaires belges ont également souligné qu'exiger que les candidats se présentent physiquement au consulat belge à Jérusalem est impossible dans les conditions actuelles de fermeture des frontières, notant que l'Italie a déjà évacué environ 200 étudiants gazaouis dans des circonstances comparables.


