Macroéconomie · Francfort

La BCE relève son taux de dépôt à 2,25 %, première hausse depuis septembre 2023, pour contrer l'inflation à 3,2 % alimentée par la guerre en Iran

La Banque centrale européenne a relevé jeudi son taux de dépôt de référence d'un quart de point, à 2,25 %, sa première hausse en près de trois ans, alors que la guerre en Iran obstrue le détroit d'Ormuz et fait flamber les prix de l'énergie dans toute la zone euro.

Texte IA fondé sur les articles de Trouw, NOS, NRC et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Francfort · Allemagne
Comment on en est arrivé là
  1. 28 févr.Israël et les États-Unis attaquent l'Iran ; l'Iran bloque le détroit d'Ormuz
  2. 15 maiL'inflation dans la zone euro atteint 3,2 % en mai, contre 1,9 % début 2026
  3. 11 juinLa BCE relève son taux de dépôt à 2,25 % lors de la réunion de Francfort

La décision

Le 11 juin, la BCE a annoncé une hausse d'un quart de point de son taux de dépôt, de 2 % à 2,25 %. Il s'agissait de la première modification des taux depuis juin 2025 et de la première hausse depuis septembre 2023. Le conseil des gouverneurs, composé de 29 membres, a agi après que l'inflation globale dans la zone euro, qui compte 21 pays, a atteint 3,2 % en mai, bien au-dessus de l'objectif de 2 % de la banque.

« La guerre au Moyen-Orient crée des pressions inflationnistes et la décision de relever les taux est robuste face à un éventail de scénarios sur l'évolution du choc. »

European Central Bank

Ce qui a fait monter les prix

L'inflation n'était que de 1,9 % en mars et avril, proche de l'objectif. Mais le conflit qui a commencé lorsqu'Israël et les États-Unis ont attaqué l'Iran fin février a bloqué le détroit d'Ormuz depuis plus de 100 jours, coupant environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz. Les coûts de l'énergie et des carburants ont bondi, faisant grimper les prix à la consommation dans l'ensemble du bloc. Aux Pays-Bas, l'inflation a atteint 3,5 % en mai.

Projections et risques

Le scénario de base de la BCE prévoit une inflation annuelle de 3 % en 2026, qui s'atténuerait à 2,3 % en 2027 et reviendrait à 2 % en 2028. Elle a en revanche revu à la baisse ses prévisions de croissance pour les 21 pays, à 0,8 %, imputant à la guerre la hausse des prix des matières premières et la baisse de la confiance. La présidente Christine Lagarde a prévenu que les perspectives dépendaient de l'intensité et de la durée du choc énergétique.

Réaction des marchés et des banques

Les marchés financiers anticipaient cette décision depuis au moins un mois, et plusieurs banques belges — Argenta, BNP Paribas Fortis, VDK — avaient déjà légèrement augmenté leurs taux d'épargne. La plupart des analystes s'attendent à deux autres hausses d'un quart de point cette année, bien que l'impact sur les taux hypothécaires soit probablement limité, car la trajectoire de resserrement est déjà intégrée dans les prix. Bert Colijn, économiste de la zone euro chez ING, a estimé que l'approche historiquement prudente était compréhensible compte tenu de la mollesse de l'économie.

« À l'époque, nous avions une économie plus forte. Tout le monde était resté coincé chez lui à cause du corona et avait économisé de l'argent parce que nous ne pouvions pas partir en vacances. Maintenant, l'économie n'est pas mauvaise, mais pas géniale non plus, donc la BCE est plus prudente. »

Bert Colijn, économiste de la zone euro chez ING

Ce que cela signifie pour les ménages

Les épargnants devraient en bénéficier progressivement, tandis que les emprunteurs seront confrontés à des coûts plus élevés. En rendant le crédit plus cher, la BCE vise à refroidir la demande et ainsi à contenir les prix. Mais Colijn a noté qu'un resserrement monétaire ne peut pas rouvrir une voie maritime. L'objectif plus large, a-t-il soutenu, est d'éviter une répétition de l'erreur de politique après l'invasion de l'Ukraine, lorsque la banque centrale a agi trop tard et a perdu le contrôle des anticipations d'inflation.

« Une hausse des taux d'intérêt n'ouvrira pas le détroit d'Ormuz. Il est néanmoins important que la BCE agisse. Il y a quatre ans, ils ont trop tardé à augmenter les taux, et ils ne veulent pas refaire cette erreur. »

Bert Colijn, économiste de la zone euro chez ING

Poser une question sur ce texte

Sources et contexte

Pollar est gratuit et sans publicité dans le texte. Ses membres le font vivre.

Soutenir Pollar