
La BCE maintient ses taux à 2,25 % mais signale une hausse en septembre alors que le pétrole atteint 100 dollars dans le cadre de l'escalade de la guerre en Iran
La Banque centrale européenne a laissé son taux de dépôt à 2,25 % jeudi mais a prévenu qu'une nouvelle flambée des prix de l'énergie, avec le brut Brent touchant 100 dollars le baril, pourrait forcer une nouvelle hausse en septembre.
Décision et taux
La Banque centrale européenne a laissé son taux de dépôt de référence inchangé à 2,25 % jeudi, marquant une pause après la première hausse de juin en près de trois ans. La décision a été unanime, mais la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a révélé que certains membres du Conseil des gouverneurs s'étaient déjà demandé si une hausse des taux devait être envisagée lors de cette réunion. Les taux auxquels les banques peuvent emprunter auprès de la BCE pour un jour et une semaine restent respectivement à 2,65 % et 2,40 %.
Choc pétrolier et inflation
Cette pause intervient alors que le brut Brent a touché 100 dollars le baril pour la première fois en près de deux mois, en hausse pour un cinquième jour consécutif. Les Houthis du Yémen ont déclaré avoir frappé deux pétroliers saoudiens, élargissant les perturbations du transport maritime mondial de pétrole via la mer Rouge et le détroit d'Ormuz alors que le conflit entre les États-Unis et l'Iran s'intensifie. La BCE a déclaré qu'elle « surveillait de près l'intensité et la durée du choc, ainsi que ses effets indirects et de second tour », et a prévenu que « l'impact inflationniste complet du choc énergétique n'a pas encore produit ses effets ». Les prix du gaz naturel sont à leur plus haut niveau depuis plus de trois ans, ajoutant aux pressions sur les coûts. L'inflation dans la zone euro est passée de 3,2 % en mai à 2,8 % en juin, tandis que le taux de l'Allemagne a chuté à 2,3 % grâce à une remise sur le carburant, mais les deux restent au-dessus de l'objectif de 2 % de la BCE.
- La BCE relève ses taux pour la première fois en près de trois ans
- La BCE maintient ses taux à 2,25 % ; le brut Brent touche 100 dollars
- Prochaine réunion de la BCE ; les marchés tablent à 95 % sur une hausse de 25 points de base
Réaction des marchés
Les marchés financiers tablent à 95 % sur une hausse de taux de 25 points de base lors de la prochaine réunion de la BCE les 9 et 10 septembre, avec une probabilité similaire d'une nouvelle hausse d'ici décembre. Le rendement de l'obligation allemande à 10 ans, référence de la zone euro, a augmenté de 3 points de base à 3,20 %, se maintenant à un plus haut de 15 ans. Le rendement à deux ans, sensible aux anticipations de taux, est monté à 2,88 %, près d'un plus haut de deux ans. L'euro a baissé de 0,4 % à 1,1364 dollar, son plus bas niveau depuis le 1er juillet, tandis que l'indice paneuropéen STOXX 600 a chuté de 1,1 %.
Le fait que le marché anticipe pleinement une hausse des taux en septembre est justifié par ce que nous voyons sur les prix de l'énergie. Et il faudrait une forte baisse du prix du pétrole pour qu'ils ne la mettent pas en œuvre.
L'engagement de Lagarde
Lagarde a également répondu aux spéculations sur son avenir, déclarant qu'elle effectuerait son mandat complet jusqu'en octobre 2027. Plus tôt ce mois-ci, elle n'avait pas exclu un départ anticipé pour peser sur la politique française, mais jeudi elle a été catégorique.
Quand il y a des nuages à l'horizon, le capitaine reste sur le navire, et ce capitaine reste sur ce navire. Vous ne verrez pas mon dos avant 2027.
Quelle suite
Les analystes considèrent la réunion de septembre comme ouverte, avec des obstacles à un statu quo qui s'élèvent. Madison Faller de JPMorgan Private Bank a déclaré que les décideurs devraient voir les prix de l'énergie baisser rapidement et peu de signes de contagion à l'économie dans son ensemble, des conditions qui semblent de plus en plus difficiles à réunir. Conor Parle de Fidelity International a noté que les prix du gaz augmentaient déjà avant les dernières tensions au Moyen-Orient, poussés par la demande de reconstitution des stocks bas avant l'hiver et des importations chinoises plus élevées. Friedrich Heinemann du ZEW a qualifié la pause d'appropriée compte tenu de la situation imprévisible dans la guerre en Iran, mais a déclaré que la BCE sera mieux placée pour juger après la pause estivale, lorsque de nouvelles données sur l'inflation et la croissance arriveront.
- Zone euro (mai 2026)
- 3.2 %
- Zone euro (juin 2026)
- 2.8 %
- Allemagne (juin 2026)
- 2.3 %


