
La Diète polonaise rejette la motion de censure contre le ministre de l'Intérieur Kierwiński par 232 voix contre 202
La Diète polonaise a rejeté mercredi une motion de l'opposition visant à destituer le ministre de l'Intérieur Marcin Kierwiński, avec 232 députés de la coalition votant contre et 202 députés de l'opposition pour.
Le vote
La Diète a rejeté la motion de censure contre le ministre de l'Intérieur et de l'Administration Marcin Kierwiński lors de sa 59e séance du 10 juin. 435 députés ont pris part au scrutin. La motion a été rejetée par 232 voix contre et 202 pour, avec une abstention. La majorité statutaire requise pour adopter la motion était de 231 voix.
Cette motion est un grand réquisitoire contre les gouvernements du PiS, car pendant ces trois années, avec le ministre Siemoniak — puisqu'il était également chef du MSWiA — nous avons nettoyé le marécage que nous avons trouvé dans ce département et ses services subordonnés.
Le vote s'est déroulé selon les lignes de la coalition. Tous les députés votants de Droit et Justice (PiS) et de la Confédération ont soutenu la motion, ainsi que les membres des cercles Demokracja et Razem, de la Konfederacja Korony Polskiej, et quatre députés indépendants. La coalition au pouvoir — Coalition civique (150), PSL-TD (30), la Gauche (21), Pologne 2050 (13), Centrum (15) et trois indépendants — a voté contre.
Accusations de l'opposition
Les députés du PiS ont soutenu que Kierwiński porte la responsabilité politique de l'affaiblissement de l'appareil de sécurité intérieure de l'État. Lors du débat, le député du PiS Andrzej Śliwka a qualifié le ministre d'« homme du chaos », évoquant le chaos dans la gestion, dans les services et dans les dépenses d'argent public.
Le ministre Kierwiński est un homme du chaos : chaos dans la gestion, chaos dans les services et, plus scandaleusement, chaos dans les dépenses d'argent public.
La motion de l'opposition énumérait plusieurs griefs spécifiques : une réponse inadéquate aux actes de sabotage ferroviaire, après lesquels les suspects auraient quitté le territoire polonais ; l'incapacité à sécuriser la frontière occidentale, permettant à l'Allemagne de « refouler les migrants illégaux » ; l'implication du ministre dans la transcription des mariages homosexuels ; et les actions catastrophiques des services, notamment l'entrée dans l'appartement de la mère du président Karol Nawrocki déclenchée par de fausses alertes. Le PiS a également souligné les problèmes de personnel et un grand nombre de postes vacants dans la police.
La défense du gouvernement
Le vice-Premier ministre Radosław Sikorski a défendu Kierwiński avant le vote, le qualifiant de ministre très bon et efficace. Sikorski a lié la motion à une série de fausses alertes ayant touché des personnalités publiques, dont l'éditeur Tomasz Sakiewicz.
Il s'est avéré qu'il s'agissait d'événements fabriqués par des provocateurs, de prétendus criminels. Les services supervisés par le ministre Kierwiński les ont appréhendés et les ont traduits devant le procureur.
Sikorski a soutenu que l'opposition devrait présenter des excuses au gouvernement et à Kierwiński pour ses insinuations. Le Premier ministre Donald Tusk et le ministre de la Défense Władysław Kosiniak-Kamysz ont également pris la parole pour défendre le ministre.
Kierwiński lui-même a déclaré à la chambre que les huit années de direction du PiS au ministère avaient été « une grande menace pour la sécurité de l'État ». Il a noté qu'il s'agissait déjà de la deuxième motion du PiS pour son limogeage sous cette législature, la première ayant été soumise au printemps 2024.
C'est la meilleure preuve que je fais bien mon travail. Je ne connais pas de situation où ceux qui sont poursuivis par la police ont une bonne opinion de la police.
Examen en commission
Avant le vote en séance plénière, la commission de l'Administration et des Affaires intérieures de la Diète a débattu de la motion pendant plus de trois heures et a rendu un avis défavorable. La commission a voté à 19 contre 13 pour recommander le rejet, sans abstention.
Contexte plus large
Le ministère a souligné les mesures concrètes prises après les incidents de sabotage ferroviaire, notamment un nouvel accord polono-ukrainien sur la coopération dans la lutte contre la criminalité, le sabotage et la subversion, et le lancement des opérations « Horyzont » et « TOR » visant à protéger les infrastructures critiques. Les députés de la coalition ont également rappelé à la chambre que c'était sous le précédent gouvernement PiS que la police avait été utilisée contre les participantes à la Grève des femmes et les manifestations pacifiques, et qu'un ancien chef de la police nommé par le PiS avait endommagé le siège de la force avec un lance-grenades.


