
Jaguar Land Rover supprime 4 000 emplois pour économiser 1,7 milliard de livres face aux droits de douane et à la pression des véhicules électriques
Le constructeur automobile britannique a annoncé un programme de restructuration de deux ans visant à supprimer environ 10 % de ses effectifs mondiaux après que ses bénéfices trimestriels ont chuté de plus des deux tiers.
Restructuration mondiale et plan de départs volontaires
Jaguar Land Rover a confirmé lundi qu'il supprimera 4 000 emplois au cours des deux prochaines années dans le cadre d'un vaste plan de restructuration visant à réduire les dépenses opérationnelles de 1,7 milliard de livres (environ 2 milliards d'euros ou 2,3 milliards de dollars). Les réductions prévues représentent environ 10 % des effectifs mondiaux du constructeur, qui compte 43 000 personnes. JLR a son siège à Coventry et emploie 34 000 personnes au Royaume-Uni, où la coupe représente environ 12 % de la main-d'œuvre locale, soit un poste sur huit. La direction de l'entreprise a déclaré que la réduction des effectifs ne concernera pas principalement les ouvriers des chaînes de montage. Au lieu de cela, les suppressions de postes cibleront les postes de direction et le personnel de recherche et développement via un plan de départs volontaires. Le directeur général PB Balaji, qui était auparavant directeur financier de Tata Motors avant de prendre la tête du groupe il y a moins d'un an, a reconnu l'impact de cette annonce sur les employés.
Nous sommes conscients que ce sera une nouvelle difficile pour nos collègues concernés.
Pressions commerciales, coût de la cyberattaque et concurrence chinoise
Le plan de restructuration, baptisé « Growth Reimagined », fait suite à la pression croissante de la société mère Tata Motors après que les bénéfices trimestriels de JLR ont chuté de plus des deux tiers au cours du trimestre de printemps. Le constructeur de voitures de luxe, issu de la fusion de Jaguar et Land Rover en 2013, fait face à des tensions commerciales croissantes dues aux droits de douane américains imposés sous la présidence de Donald Trump. Les États-Unis représentent le plus grand marché d'exportation de l'entreprise, tandis que la demande en Chine a simultanément faibli. Sur le marché chinois, les constructeurs nationaux, dont BYD et Chery Automobile, ont gagné des parts de marché avec des véhicules hybrides et électriques à bas prix. L'entreprise finance également des programmes de transition vers les véhicules électriques à grande échelle tout en absorbant les pertes d'une cyberattaque l'année dernière qui a forcé un arrêt de plusieurs semaines dans toutes ses usines.
L'industrie automobile est confrontée à des défis importants, notamment les changements technologiques dans un contexte de concurrence intense et d'incertitude géopolitique persistante.
Contraction plus large dans l'industrie automobile européenne
Les suppressions d'emplois chez le plus grand constructeur automobile britannique reflètent des contractions plus larges des effectifs dans la production automobile européenne. La semaine dernière, le conseil de surveillance de Volkswagen a approuvé une initiative de restructuration visant à supprimer 50 000 emplois supplémentaires dans l'ensemble de ses activités. BMW a annoncé en juillet son intention de supprimer environ 8 000 postes, tandis que des concurrents comme Renault sont confrontés à des pressions similaires sur les coûts. Les constructeurs automobiles dans toute l'Europe doivent faire face à des coûts de fabrication élevés, à une évolution de la demande des consommateurs et aux délais réglementaires pour l'électrification des véhicules. Dans le cadre de sa stratégie opérationnelle révisée, JLR entend donner la priorité aux ventes de véhicules en Amérique du Nord et réduire la complexité organisationnelle afin de préserver sa viabilité financière à long terme.
- Volkswagen
- 50000 emplois
- BMW
- 8000 emplois
- Jaguar Land Rover
- 4000 emplois
Réponse du gouvernement et prochaines discussions
Cette réduction des effectifs représente un défi économique pour le gouvernement travailliste du Premier ministre Andy Burnham, qui a fait de la réindustrialisation nationale un objectif économique central. Lors de l'arrêt de l'usine provoqué par la cyberattaque de l'année dernière, le gouvernement britannique est intervenu avec une aide d'urgence en liquidités, offrant 1,5 milliard de livres de garanties de crédit aux entreprises de la chaîne d'approvisionnement en difficulté. Le secrétaire d'État britannique au Commerce, Jonathan Reynolds, a confirmé ce week-end que le gouvernement n'accordera pas de subventions de sauvetage public pour éviter les suppressions d'emplois prévues. Reynolds a déclaré que l'entreprise reste une entreprise industrielle importante dont les effectifs fluctuent en fonction des cycles économiques. Mardi, les ministres du gouvernement tiendront des discussions de crise à Londres avec Balaji et la secrétaire générale du syndicat Unite, Sharon Graham, pour évaluer le plan de restructuration.
- BMW annonce un plan de réduction des effectifs d'environ 8 000 employés
- Le conseil de surveillance de Volkswagen approuve un plan de suppression de 50 000 emplois supplémentaires
- Jaguar Land Rover annonce 4 000 suppressions d'emplois sur deux ans
- Le gouvernement britannique tient une réunion de crise avec la direction de JLR et le syndicat Unite


