
L'Italie prolonge de sept jours les contrôles frontaliers Schengen visant l'Espagne, Meloni et Sánchez s'accordent
Rome a prolongé de sept jours ses contrôles frontaliers temporaires sur les voyageurs en provenance d'Espagne, les alignant sur l'expiration des mesures espagnoles après des échanges avec Madrid. Les deux ministres de l'Intérieur chercheront des mesures de coopération pour remplacer les contrôles dans la semaine du 19 octobre.
Une prolongation de sept jours
L'Italie a prolongé de sept jours ses contrôles frontaliers temporaires sur les voyageurs en provenance d'Espagne, afin de les aligner sur l'expiration des mesures espagnoles. Des sources du Palazzo Chigi, le cabinet du président du Conseil, ont annoncé la décision après un échange entre Rome et Madrid. Le mercredi 30 septembre, le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi avait déjà prolongé de 15 jours les contrôles aux frontières aériennes et maritimes, après avoir consulté le comité national d'analyse de l'immigration et de la sécurité des frontières. Une première dépêche d'Adnkronos indiquait que les deux pays prolongeraient de 15 jours, mais des informations ultérieures du Palazzo Chigi font état de sept jours. Madrid avait de son côté prolongé ses propres contrôles sur les passagers arrivant d'Italie.
L'origine du bras de fer
Le différend est né d'une crise migratoire à Ceuta, l'enclave espagnole à la frontière nord du Maroc, où La Stampa rapporte qu'environ 72 000 personnes ont franchi la frontière en quelques heures. Rome a rétabli les contrôles à partir du 1er août, invoquant des préoccupations de sécurité et un risque d'infiltration, et Madrid a répondu en contrôlant les passagers arrivant d'Italie à partir du 8 août. Le ministère espagnol de l'Intérieur a indiqué que ses mesures avaient d'abord été instaurées pour un mois. Des sources italiennes au ministère de l'Intérieur ont rapporté que près de 500 000 personnes avaient été contrôlées entre le 1er et le 31 août, et que 31 avaient été refoulées, dont 8 Marocains. Les données du ministère espagnol jusqu'à 13 heures le 22 août faisaient état de 7 696 personnes invitées à présenter des documents à leur arrivée d'Italie, sur 696 vols contrôlés par 1 144 agents.
- L'Italie rétablit les contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne
- L'Espagne commence à contrôler les passagers arrivant d'Italie, d'abord pour un mois
- Données espagnoles : 7 696 personnes venues d'Italie invitées à présenter des documents avant 13 heures
- L'Italie prolonge les contrôles de 15 jours
- L'Italie décide une prolongation de sept jours alignée sur les mesures espagnoles
La position officielle
Le ministère de l'Intérieur a présenté la prolongation comme la suite de l'évaluation qui avait conduit aux mesures initiales. Selon ses propres termes, le ministère a déclaré :
Les éléments d'évaluation qui ont motivé le rétablissement du 1er août restent en place.
Le ministère a ajouté avoir également tenu compte des initiatives que l'Espagne a déjà lancées avec l'Union européenne, dans l'espoir que la situation puisse évoluer vers une normalisation. Piantedosi a qualifié son entretien téléphonique avec son homologue espagnol, Fernando Grande-Marlaska, d'échange constructif.
La politique derrière l'accord
Selon des sources proches de la présidente du Conseil italienne, Rome ne veut pas donner à Pedro Sánchez d'arguments à utiliser dans la campagne électorale espagnole, qui s'achève par un vote le 29 novembre. Les proches de Giorgia Meloni affirment que l'objectif est de tenir l'Italie à l'écart de cette campagne, afin que Sánchez n'ait pas d'adversaire extérieur à attaquer et que Vox n'ait pas de sujet à exploiter. Meloni a rencontré le chef de Vox, Santiago Abascal, à Bruxelles le 15 octobre. Il Messaggero rapporte que Meloni a pris la décision tard le 15 octobre alors qu'elle se trouvait encore au Conseil européen, quelques heures avant l'expiration de la prolongation précédente à minuit, et a suggéré qu'il pourrait s'agir de la dernière prolongation.
La suite
Les ministres évalueront ensemble des mesures de coopération de remplacement dans la semaine du 19 octobre. Meloni et Sánchez devaient se revoir le 16 octobre, d'abord lors d'une session du Conseil européen sur l'Ukraine, puis lors d'un déjeuner consacré à la crise migratoire. Il Messaggero s'attendait à ce que leurs approches divergent à nouveau sur les moyens d'arrêter les entrées irrégulières, tandis que La Vanguardia rapportait que le débat sur l'immigration s'annonçait vif, la régularisation des migrants par le gouvernement de Sánchez pouvant être de nouveau évoquée.

