
L'ONU inscrit Israël et la Russie sur sa liste noire pour violences sexuelles liées aux conflits ; Israël rompt les liens avec le Secrétaire général
Un nouveau rapport des Nations Unies accuse les forces de sécurité israéliennes et les troupes russes de violences sexuelles systématiques, ce qui pousse Israël à annoncer qu'il rompt tout contact avec le Secrétaire général António Guterres.
Le rapport de l'ONU et ses conclusions
Les Nations Unies ont pour la première fois inscrit Israël et la Russie sur leur liste noire annuelle des parties suspectées de manière crédible de commettre des violences sexuelles systématiques dans les conflits armés. Le rapport, compilé par le Secrétaire général António Guterres et partagé avec les membres du Conseil de sécurité avant sa publication publique, documente ce qu'il décrit comme des schémas d'abus par les forces de sécurité israéliennes contre des détenus palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, et par les forces russes contre des prisonniers de guerre ukrainiens et des civils dans les territoires occupés.
Les allégations contre Israël incluent le viol, le viol en réunion, le viol avec objets, la tentative de viol, la violence physique contre les organes génitaux, les tirs ciblés sur les organes génitaux, la nudité forcée et les menaces de viol. L'ONU affirme avoir vérifié des cas impliquant 14 hommes, sept femmes, neuf garçons et une fille. Le rapport note également qu'Israël et la Russie ont tous deux refusé à plusieurs reprises l'accès aux enquêteurs de l'ONU dans les centres de détention et les zones de conflit.
Les violations consistaient en viols, y compris avec objets, viols en réunion, tentatives de viol, violence physique aux organes génitaux, cas de tirs ciblés sur les organes génitaux, touchers des seins et des organes génitaux, fouilles à nu et cavités effectuées sans justification apparente de sécurité, nudité forcée et menaces de viol.
La réponse furieuse d'Israël
Avant même la publication officielle du rapport, l'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon, a annoncé que son pays couperait tout contact avec Guterres et son bureau jusqu'à la fin de son mandat cette année. Danon a qualifié la décision d'inscrire Israël sur la liste noire d'« outrageante » et de « honteuse et absurde », accusant le Secrétaire général de répandre des mensonges et de mener une campagne contre l'État juif.
Nous en avons fini avec ce secrétaire général. La décision d'inscrire Israël sur la liste noire et de nous accuser d'utiliser la violence sexuelle comme arme de guerre est outrageante.
La mission d'Israël à l'ONU a déclaré qu'elle n'aurait plus aucun contact avec le bureau de Guterres. La mesure est largement symbolique, car les relations étaient déjà à un niveau historiquement bas : Israël avait déclaré Guterres persona non grata en 2024, et le pays accuse depuis longtemps l'ONU de partialité systématique contre Israël.
La réponse mesurée de l'ONU
Le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que l'organisation avait appris la décision d'Israël via les réseaux sociaux et a qualifié la rupture de symbolique, peu susceptible de changer les opérations quotidiennes. Il a souligné que la porte du Secrétaire général reste ouverte et que l'engagement est toujours préférable au désengagement.
De notre côté, la porte du secrétaire général reste ouverte. Nous pensons que les États membres devraient s'engager et continuer à s'engager. S'engager est toujours une meilleure solution que de se désengager.
La Russie et la liste noire élargie
Le rapport documente également 310 cas vérifiés de violences sexuelles commises par les forces russes contre des prisonniers de guerre ukrainiens et des civils dans les zones occupées. Moscou a rejeté les conclusions, accusant l'ONU de tenter de présenter la Russie comme un méchant. La liste noire comprend désormais 77 acteurs étatiques et non étatiques dans une douzaine de pays, avec une forte augmentation des cas en 2025 par rapport à l'année précédente. Le Hamas, qui avait été ajouté à la liste l'année dernière pour des violences sexuelles lors de l'attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, reste sur la liste.
Un fossé qui se creuse
La confrontation marque un nouveau creux dans les relations déjà très tendues entre Israël et les Nations Unies. Israël considère l'organisation comme politisée et partiale dans le conflit israélo-palestinien, tandis que l'ONU a constamment critiqué les actions israéliennes dans les territoires occupés. Le rapport intervient quelques jours seulement après que le New York Times a publié sa propre enquête sur des allégations généralisées d'abus sexuels contre des détenus palestiniens, ajoutant une pression supplémentaire à un affrontement diplomatique déjà explosif.
- Hamas attaque Israël ; l'ONU documente ensuite des violences sexuelles, y compris viol et viol en réunion lors de l'assaut.
- Le Secrétaire général de l'ONU Guterres avertit Israël et la Russie d'une possible inclusion sur la liste noire des violences sexuelles.
- Israël déclare Guterres persona non grata, lui interdisant l'entrée dans le pays.
- L'ONU documente une forte augmentation des cas de violences sexuelles liées aux conflits par rapport à 2024.
- Israël est informé de son inclusion sur la liste noire ; l'ambassadeur Danon annonce la rupture des liens avec Guterres.
- Rapport partagé avec les membres du Conseil de sécurité ; publication publique attendue dans environ 10 jours.


