
Des frappes aériennes israéliennes tuent 11 personnes dans le sud du Liban, le Hezbollah menace de représailles
Des frappes aériennes israéliennes sur les villages d'Ansar et Deir al-Zahrani dans le sud du Liban ont tué au moins 11 personnes samedi 15 août, les attaques les plus meurtrières depuis qu'un fragile cessez-le-feu est entré en vigueur à la fin juin. Le Hezbollah a menacé d'une 'réponse appropriée' alors que les civils fuyaient vers le nord.
Des frappes israéliennes tuent 11 personnes dans le sud du Liban
Des frappes aériennes israéliennes ont touché les villages d'Ansar et Deir al-Zahrani dans le sud du Liban samedi 15 août, tuant au moins 11 personnes et en blessant 19 selon le ministère libanais de la Santé. Ces frappes sont les plus meurtrières depuis qu'un fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah est entré en vigueur à la fin juin. La zone d'Ansar avait jusqu'alors été épargnée par les attaques israéliennes.
À Ansar, une frappe aérienne à l'aube sur une maison a tué sept personnes, dont trois enfants et deux femmes. Le président libanais Joseph Aoun a déclaré qu'une "famille entière" avait été anéantie. Une deuxième frappe sur Deir al-Zahrani samedi matin a tué quatre personnes et en a blessé 17. Un journaliste de l'AFP a vu une maison détruite à Ansar. Les attaques ont déclenché une nouvelle vague de déplacements, les voitures obstruant l'autoroute vers le nord tout au long de samedi alors que des habitants effrayés fuyaient vers des zones plus sûres, craignant de nouvelles frappes.
- Ansar (tués)
- 7 personnes
- Ansar (blessés)
- 2 personnes
- Deir al-Zahrani (tués)
- 4 personnes
- Deir al-Zahrani (blessés)
- 17 personnes
Commandants ciblés
L'armée israélienne a déclaré avoir attaqué des "infrastructures terroristes" du Hezbollah et tué deux commandants. L'un a été identifié comme Abu Hassan Alaa, membre de l'unité Badr, impliqué dans une attaque de drone qui a grièvement blessé trois soldats israéliens, dont un officier, au col d'Ali al-Taher. Le second était Ali Samir al-Haj Hassan, membre de l'unité d'élite Radwan. L'armée israélienne a déclaré n'avoir appris qu'après coup que la famille de Hassan se trouvait dans la maison avec lui, et que les membres de la famille n'étaient pas la cible de l'opération.
Cycle d'escalade
Israël a présenté les frappes comme une réponse aux attaques de drones du Hezbollah dans la zone de sécurité, une bande d'environ 10 kilomètres de profondeur au Liban que l'armée israélienne contrôle unilatéralement. Le journaliste Raviv Drucker de Channel 13 a écrit sur X que Netanyahu et l'armée justifiaient les frappes aériennes comme une réponse à une violation du cessez-le-feu par le Hezbollah, mais que l'armée israélienne opérait au col d'Ali al-Taher pour éliminer des combattants du Hezbollah dans un bunker souterrain. Le Hezbollah a considéré cela comme une violation du cessez-le-feu et a répondu par un drone explosif, ce qui a à son tour déclenché les frappes israéliennes.
- Les pourparlers directs entre le Liban et Israël commencent sous médiation américaine
- Un fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah entre en vigueur à la fin juin
- Des frappes aériennes israéliennes sur Ansar et Deir al-Zahrani tuent au moins 11 personnes
- Prochain cycle de négociations prévu à Rome
Réactions politiques
Le ministre de la Défense Israel Katz a écrit sur X qu'Israël défendrait ses soldats et ses civils avec toute sa force.
Aucune facture ne restera impayée. Nous défendrons nos soldats et nos civils avec toute notre force.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah d'exposer délibérément les civils au danger. Le Hezbollah a rejeté l'accusation et a déclaré qu'une famille avait été "anéantie" sur ordre de Netanyahu. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a qualifié les attaques d'"affaire extrêmement grave" qui compromet les efforts de stabilisation et a exigé qu'Israël mette fin à l'"escalade dangereuse".
Perspectives diplomatiques
Le Hezbollah a menacé d'une "réponse appropriée" si les frappes israéliennes continuent et a attaqué le gouvernement libanais pour avoir mené des pourparlers directs avec Israël, qui se déroulent depuis avril sous médiation américaine. Le Hezbollah a qualifié les négociations d'"humiliantes" et de "pari voué à l'échec", et a qualifié Israël et les États-Unis de "complices", accusant le gouvernement de faire des "cadeaux" à l'ennemi. Le prochain cycle de négociations sur un accord de paix est prévu pour début septembre à Rome. Israël exige que le Hezbollah désarme avant de se retirer du territoire libanais, tandis que le gouvernement libanais cherche un retrait des troupes israéliennes. Le Hezbollah, qui n'était pas partie à l'accord de juin, rejette le désarmement. Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, l'armée israélienne maintenant une bande de terre occupée le long de la frontière qu'elle décrit comme une défense avancée.


