
Barcelona bat un record de chaleur vieux de 112 ans alors qu'une étude révèle une forte inégalité d'accès à la climatisation entre riches et pauvres
Barcelone a atteint 40,9 °C cette semaine, sa température la plus élevée en 112 ans, tandis qu'un nouveau rapport de l'IDRA montre que seulement 39 % des foyers à faible revenu disposent de la climatisation, contre 71 % des foyers à revenu élevé.
Chaleur record en Catalogne
Barcelone a enregistré 40,9 °C mercredi, la température la plus élevée en 112 ans de données, alors qu'une série de vagues de chaleur continue de frapper la Catalogne, l'Espagne et une grande partie de l'Europe continentale. Le programme européen d'observation de la Terre Copernicus a lié la succession d'épisodes de chaleur extrême – en mai, fin juin et début juillet – à de graves répercussions sur la santé, notamment des décès prématurés.
Nous avons des villes conçues pour un climat qui n'existe plus. Et nous devons nous dépêcher.
Bilan sanitaire et mortalité
Le ministère espagnol de la Santé estime que 27 564 décès sont attribuables aux températures élevées entre 2015 et 2025, la mortalité augmentant de 9,1 % à 10,7 % pour chaque degré au-dessus du seuil de risque. L'Organisation mondiale de la santé estime les décès liés à la chaleur en Europe à environ 63 000 en 2024 et prévient d'une forte augmentation. En Catalogne seulement, 1 772 personnes sont mortes de la chaleur en 2022, l'été européen le plus chaud jamais enregistré ; 1 327 de ces décès sont survenus dans la province de Barcelone.
L'inégalité derrière les chiffres
Une étude de l'Institut de Recerca Urbana de Barcelona (IDRA) pour le Conseil provincial de Barcelone révèle que la mortalité due à la chaleur est profondément liée à la classe sociale. Le profil de victime le plus courant est une femme âgée avec des antécédents médicaux, vivant seule dans un quartier à faible revenu sans climatisation. Le rapport note une probabilité 56 % plus élevée que la personne vulnérable soit une femme.
- Première vague de chaleur de l'été touche l'Europe
- Deuxième vague de chaleur ; Copernicus note des impacts sanitaires
- Barcelone enregistre 40,9 °C, le plus élevé en 112 ans
- Une étude de l'IDRA révèle une forte inégalité dans la mortalité liée à la chaleur et l'accès à la climatisation
L'accès aux systèmes de refroidissement reflète les revenus : seulement 38,9 % des foyers gagnant moins de 1 000 € par mois disposent d'une forme de refroidissement, tandis que ce chiffre atteint 71,2 % pour ceux gagnant plus de 3 000 €. La moyenne provinciale s'établit à 57,2 %.
La capacité à se protéger de la chaleur est très inégale.
Appels à un changement structurel
Le rapport de l'IDRA préconise un accès garanti à la climatisation pour les plus vulnérables – les personnes âgées à faible revenu vivant seules, ainsi que les centres de santé, les maisons de retraite et les écoles. Il appelle également à une loi nationale sur la protection contre la chaleur extrême, à un Fonds climatique provincial financé par la taxation des secteurs les plus polluants, et à un système public d'indicateurs de la chaleur et de l'inégalité climatique. Martínez a critiqué le fait qu'une partie de l'aide à la transition énergétique bénéficie à ceux qui ont déjà la capacité économique d'investir, et a souligné le manque d'abris climatiques dans les quartiers les plus pauvres.
- Revenu < 1 000 €/mois
- 38.9 %
- Revenu > 3 000 €/mois
- 71.2 %
- Moyenne provinciale
- 57.2 %
Les experts soutiennent que la chaleur doit être traitée comme une urgence de santé publique structurelle, et non simplement comme un inconfort estival, avec des mesures de prévention, des budgets et des protocoles d'action similaires à ceux d'autres risques publics.


