Hambourg remplace les accompagnateurs scolaires professionnels par des bénévoles, réduisant le soutien pour certains élèves handicapés
Sous pression budgétaire, l'autorité éducative de Hambourg prévoit de remplacer les accompagnateurs scolaires qualifiés par des bénévoles et de supprimer entièrement le soutien pour les enfants présentant certains besoins spéciaux, suscitant de vives critiques du syndicat des enseignants.
Ce que comporte la réforme
L'autorité éducative de Hambourg, dans une lettre adressée à tous les chefs d'établissement et obtenue par l'agence Deutsche Presse-Agentur, a annoncé qu'à partir de la prochaine année scolaire, l'accompagnement scolaire pour les enfants relevant de l'inclusion ne fera plus systématiquement appel à du personnel pédagogique qualifié. L'autorité soutient que l'accompagnement est une « aide subalterne et de soutien » et non une tâche éducative, de sorte que les professionnels de la pédagogie sociale ne seront approuvés qu'à titre exceptionnel. À la place, des participants de l'Année sociale volontaire (FSJ) seront déployés de manière flexible pour superviser les enfants sur le chemin de l'école et pendant les cours. Les postes FSJ non pourvus ne pourront plus être convertis en heures pour du personnel spécialisé.
Pour les enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux dans les domaines de l'apprentissage, du langage et du développement émotionnel ou social, l'accompagnement scolaire sera entièrement supprimé la première année. Ils recevront à la place des offres éducatives individualisées et un éventuel soutien externe. Ce n'est que si une participation adéquate n'est pas atteinte après un an que l'accompagnement pourra être à nouveau discuté, en tant qu'aide subalterne. La mesure s'applique à tous les nouveaux cas, aux cas de l'année scolaire 2025/26 et à tous les élèves ayant des besoins inchangés à long terme. Le pouvoir de décision restera entre les mains des « conférences de décision » qui incluent des représentants de l'école et du centre ReBBZ, mais l'autorité éducative aura désormais le dernier mot.
Les chiffres derrière les coupes
Les propres chiffres de l'autorité montrent une forte hausse des cas approuvés : d'environ 460 au cours de l'année scolaire 2011/12, à 3 226 l'année scolaire dernière (2024/25), et 4 011 pour l'année en cours (2025/26). Les coûts annuels sont passés de 6,75 millions d'euros en 2014 à près de 32,6 millions d'euros en 2024, puis à 42,15 millions d'euros l'année dernière.
- 2014
- 6.75 millions €
- 2024
- 32.6 millions €
- 2025
- 42.15 millions €
Parallèlement, le nombre d'élèves ayant des besoins éducatifs spéciaux diagnostiqués est passé à 15 606 cette année scolaire, soit 7,0 % de tous les élèves, environ 1 100 de plus que l'année précédente et près de 3 000 de plus que pendant l'année scolaire 2019/20, avant la pandémie.
- 2011/12
- 460
- 2024/25
- 3226
- 2025/26
- 4011
Le syndicat et l'opposition mettent en garde contre une baisse de la participation
Le syndicat de l'éducation et de la science GEW a vivement critiqué le projet. Son président à Hambourg, Sven Quiring, a déclaré :
L'inclusion est un droit humain, et non un service volontaire que l'on peut réduire en fonction de la situation budgétaire.
Il a fait valoir que le recul de l'accompagnement qualifié et le durcissement de l'accès au soutien aggraveraient les perspectives éducatives et de participation des enfants et jeunes concernés, et laisseraient les enseignants et les écoles seuls face à des défis supplémentaires. Le syndicat a apporté son soutien à une pétition contre les coupes lancée par les familles et les professionnels concernés.
La fraction de gauche au Parlement de Hambourg a également attaqué ces changements. Un porte-parole a déclaré :
Les changements annoncés équivalent à des coupes massives, tant sur le plan quantitatif que qualitatif.
La GEW a en outre mis en garde contre le fait de traiter l'accompagnement scolaire comme une simple « aide subalterne ». Pour les élèves ayant des besoins de développement physique et moteur, des troubles du spectre autistique ou des besoins de soutien psychosocial, un accompagnement fiable et compétent est une condition préalable centrale à une inclusion réussie.


