
Grève CGT : les expéditions de carburant bloquées dans trois raffineries de TotalEnergies en France
Les expéditions sont bloquées dans les raffineries de Normandie, de Donges et de La Mède le jeudi 8 octobre 2026. La CGT affirme que plus de 50 % des salariés sont en grève, tandis que TotalEnergies avance une participation inférieure à 2 % et assure que les approvisionnements se poursuivent par d'autres moyens logistiques.
Expéditions bloquées sur trois sites
Des salariés de TotalEnergies ont commencé à bloquer les expéditions de carburant le matin du jeudi 8 octobre 2026 dans les raffineries de Normandie près du Havre, à Donges en Loire-Atlantique et à la bioraffinerie de La Mède dans les Bouches-du-Rhône. Le blocage a débuté à l'aube, à la suite d'un appel national de la CGT qui couvre l'ensemble du groupe. Le syndicat présente cette grève comme un mouvement pour l'emploi et les salaires. Éric Sellini, coordinateur CGT du groupe, a déclaré à l'AFP que les expéditions sur ces sites sont touchées.
Les expéditions seront arrêtées, ou le sont déjà.
La direction ne conteste pas le blocage des expéditions. Elle indique que le groupe continue d'approvisionner son réseau de stations-service et ses clients par ses autres moyens logistiques. La direction à Paris a précisé que les expéditions par pipeline se poursuivent.
Des chiffres de grève contestés
La CGT affirme que plus de 50 % des salariés en poste sur les sites concernés sont en grève. La direction de TotalEnergies situe la participation à moins de 2 % dans l'ensemble de ses raffineries et bioraffineries. À Donges, la CGT a compté 60 % de grévistes sur l'équipe du matin et 52 % sur celle de l'après-midi. Sébastien Gélard, secrétaire général CGT du site, a indiqué que les unités continuent de fonctionner mais que la raffinerie n'expédiera aucun produit aujourd'hui.
Aucun produit ne sortira de la raffinerie aujourd'hui.
Gélard a décrit des arrêts d'une durée « de deux heures à la journée entière ». La grève est prévue pour 24 heures et le travail doit reprendre normalement vendredi matin.
- Équipe du matin
- 60 %
- Équipe de l'après-midi
- 52 %
Emploi et salaires
Le syndicat majoritaire à Donges dit se mobiliser pour l'emploi et les conditions de travail. La CGT décrit des effectifs « sous pression », citant des départs non remplacés, un recours « massif » à l'intérim, des contrats à durée déterminée répétés et la sous-traitance, avec des conséquences pour la sécurité. À Donges, le site compte 300 salariés en trois équipes, dont 15 % d'intérimaires ou de précaires. Gélard a déclaré à l'AFP que la première revendication est l'emploi.
La première revendication, c'est l'emploi, il y a un manque constant de personnel.
Le syndicat exige l'embauche de tous les intérimaires, la couverture des postes vacants par des contrats à durée indéterminée de TotalEnergies, une augmentation de 200 euros par mois pour tous et un salaire de base minimum à 1,2 fois le Smic. Il affirme que les salaires stagnent et que dans certaines filiales du groupe ils sont rattrapés par le Smic. La direction a annoncé une avance de 1 000 euros sur la prime annuelle, le montant total devant être discuté en décembre lors des négociations salariales annuelles, mais la CGT a maintenu son préavis de grève.
Contexte et suites
Le groupe a déclaré un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars au premier semestre, soit environ 10 milliards d'euros, en hausse de 73 % sur un an. La grève intervient dans un contexte de difficultés logistiques liées à la guerre au Moyen-Orient et au plafonnement des prix à la pompe décidé par le groupe, qui a provoqué une ruée des automobilistes vers ses stations. La CGT affirme que 27 stations Argedis ont été fermées à cause de la grève, tandis que la direction en compte 11, sur environ 180 stations Argedis et 3 300 dans l'ensemble du groupe.
- Décompte CGT
- 27 stations
- Décompte direction
- 11 stations

