L'Espagne retire Gibraltar de sa liste de paradis fiscaux après 35 ans et y ajoute la Russie
Le ministère espagnol des Finances a publié aujourd'hui un arrêté retirant Gibraltar et cinq autres juridictions de la liste des paradis fiscaux du pays, après avoir vérifié l'échange effectif d'informations fiscales. La Russie est ajoutée en raison d'un régime fiscal jugé nocif.
Gibraltar retiré après 35 ans
Le Bulletin officiel de l'État espagnol a publié aujourd'hui un arrêté ministériel qui retire Gibraltar de la liste des juridictions non coopératives, où il figurait depuis 35 ans. Sont également retirés de la liste la Barbade, la Dominique, les Samoa, les Seychelles et Trinité-et-Tobago. Dans le même temps, la Russie entre dans la liste en raison d'un régime considéré comme nocif, s'alignant ainsi sur une décision antérieure de l'UE.
Le ministère des Finances, dirigé par Arcadi España, a indiqué que l'arrêté avait été soumis à consultation publique du 22 mai au 1er juin. La publication finale intervient un jour après la clôture de la période de consultation.
Enfin, une injustice historique de plus de 30 ans a été corrigée. Ce résultat comptera beaucoup pour de nombreuses personnes ayant des intérêts transfrontaliers, des entreprises, des travailleurs et ceux qui possèdent une résidence secondaire en Espagne.
Pourquoi Gibraltar a été retiré de la liste
Le ministère explique que Gibraltar a réalisé un échange effectif d'informations fiscales avec l'Espagne, l'une des conditions légales pour sortir de la liste. Un accord bilatéral de coopération fiscale signé entre les deux parties a été vérifié comme étant pleinement opérationnel. Gibraltar participe également au Forum mondial sur la transparence et l'échange de renseignements à des fins fiscales et a signé les accords internationaux pertinents.
En outre, le ministère note que Gibraltar ne maintient plus de régime de faible ou zéro imposition selon les paramètres fixés par l'OCDE. Le territoire fait partie du cadre BEPS inclusif et a ratifié l'accord Pilier II de l'OCDE, qui l'engage à un impôt minimum mondial sur les sociétés et à d'autres normes internationales.
La Russie ajoutée à la liste
La Russie est désormais classée comme juridiction non coopérative car elle maintient un régime fiscal jugé nocif, indique le ministère. Cette décision suit la même désignation adoptée plus tôt par l'Union européenne.
Ce que le changement débloque
Le retrait de la liste s'inscrit dans le cadre d'un accord plus large entre l'Espagne, le Royaume-Uni et l'UE qui prévoit également la suppression de la clôture frontalière de Gibraltar, prévue pour le 15 juillet. Le gouvernement espagnol affirme que le pacte bénéficiera à 300 000 Andalous de la région de Campo de Gibraltar, en stimulant les opportunités économiques et la stabilité institutionnelle.
- Ouverture de la consultation publique sur la liste actualisée des juridictions non coopératives.
- Clôture de la consultation publique.
- Publication de l'arrêté ministériel au BOE, retirant officiellement Gibraltar et cinq autres territoires de la liste.
- Suppression prévue de la clôture frontalière de Gibraltar dans le cadre de l'accord Espagne–Royaume-Uni–UE.
Prochaines étapes
Avec l'entrée en vigueur de l'arrêté ministériel, les autorités fiscales espagnoles traiteront Gibraltar et les cinq autres territoires retirés comme des juridictions standard à des fins fiscales. Le démantèlement de la clôture frontalière reste prévu pour la mi-juillet, tandis que le nouveau statut de la Russie pourrait entraîner des obligations de déclaration plus strictes pour les contribuables espagnols ayant des liens avec ce pays. Le ministère a indiqué que la liste continuera d'être examinée en fonction de l'évolution des critères de l'OCDE et de l'UE.

