General Mills nomme la directrice des opérations Dana McNabb au poste de PDG pour succéder à Jeff Harmening en janvier
Dana McNabb succédera à Jeff Harmening à la direction générale de General Mills le 1er janvier 2027, prenant les rênes après 27 ans dans le groupe agroalimentaire, confronté à l'inflation et à la concurrence des marques de distributeur.
Transition à la direction
General Mills a annoncé le 30 septembre 2026 que sa directrice des opérations, Dana McNabb, prendra la direction générale du groupe. Elle assumera officiellement ses fonctions le 1er janvier 2027, succédant à Jeff Harmening, qui deviendra président exécutif après avoir dirigé le fabricant d'aliments emballés pendant près de dix ans. Agée de 50 ans, Dana McNabb a passé 27 ans chez General Mills, où elle a gravi les échelons de la direction générale, de la stratégie d'entreprise, du marketing de marque et des opérations internationales. Avec cette nomination, elle devient la première femme à diriger General Mills et rejoint le petit nombre de femmes à la tête de grandes entreprises de biens de consommation aux États-Unis.
- General Mills dépasse les attentes de chiffre d'affaires et de bénéfice au premier trimestre et confirme ses prévisions annuelles
- Le conseil d'administration nomme la directrice des opérations Dana McNabb future directrice générale
- Dana McNabb prend ses fonctions de directrice générale tandis que Jeff Harmening devient président exécutif
Le mandat de Harmening et l'évolution du portefeuille
Le mandat de Jeff Harmening à la direction générale s'est accompagné de changements dans le portefeuille du fabricant de Cheerios. Durant ses neuf années à la tête du groupe, il a piloté l'entrée dans le segment des aliments pour animaux de compagnie avec l'acquisition de Blue Buffalo, développé les investissements dans les capacités numériques et remanié les gammes de produits. General Mills a également engagé la cession de ses activités de yaourts en Amérique du Nord afin de simplifier ses actifs et de concentrer ses ressources sur ses produits phares. Jeff Harmening restera impliqué dans la direction du groupe en tant que président exécutif à partir de janvier, en appui à la gouvernance et à la stratégie.
Vents contraires et priorités stratégiques
Cette succession intervient alors que les conseils d'administration des groupes de biens de consommation aux États-Unis font face à une croissance atone, à l'évolution des habitudes des consommateurs et à un contexte économique difficile. Les fabricants d'aliments emballés subissent une inflation persistante, un ralentissement des dépenses des ménages et la concurrence des marques de distributeur moins chères, qui continuent de gagner des parts de marché sur les produits de marque traditionnels. General Mills doit aussi gérer la hausse de ses coûts, notamment l'incertitude liée aux droits de douane américains, la hausse des prix des matériaux d'emballage liée à ces droits et le renchérissement des coûts de la chaîne d'approvisionnement en raison du conflit au Moyen-Orient. Pour protéger ses marges opérationnelles, l'entreprise a augmenté ses prix tout en cherchant à retenir les consommateurs attentifs à leur budget et à séduire les jeunes acheteurs.
Stephanie Link, stratège en chef des investissements chez Hightower Advisors, actionnaire de General Mills, a décrit les priorités stratégiques de la nouvelle dirigeante.
L'objectif pour elle est de ramener l'entreprise sur le chemin d'une croissance rentable, de poursuivre les cessions au-delà des yaourts nord-américains afin de resserrer la gamme de produits et de se concentrer sur les marques phares, en particulier les offres axées sur la santé, et de moderniser la chaîne d'approvisionnement.
Accueil du marché et prévisions
Début septembre 2026, General Mills a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes des analystes pour le chiffre d'affaires et le bénéfice du premier trimestre, et la direction a confirmé ses prévisions pour l'ensemble de l'exercice. Malgré ces résultats, l'action du groupe a reculé d'environ 27 % sur l'ensemble de l'année 2026. Après l'annonce mercredi matin, le titre a perdu environ 3 % en séance.
Brian Mulberry, stratège en chef des marchés chez Zacks Investment Management, a qualifié cette nomination d'étape constructive, qui doit encore produire des résultats financiers tangibles.
La nomination de Dana McNabb apparaît comme un choix crédible pour accélérer le redressement de General Mills, mais les investisseurs voudront des preuves que l'entreprise peut reconquérir les consommateurs tout en rétablissant sa rentabilité.
Brian Mulberry a souligné que la perception de la valeur par les consommateurs reste déterminante.
Son principal défi est de rendre les marques familières dignes de leur prix sur un marché où les consommateurs restent très sélectifs.
