
L'ex-numéro deux du parquet admet avoir informé García Ortiz de réunions secrètes avec la « plombière » du PSOE au sujet de Repsol et du PP
Le témoignage devant l'Audience nationale détaille deux rencontres en mars 2025 où le procureur Diego Villafañe et l'avocat Jacobo Teijelo ont discuté de plaintes pour fraude dans les hydrocarbures et de liens présumés entre le PP et Repsol, l'ancien procureur général Álvaro García Ortiz ayant ensuite minimisé l'affaire.
Réunions secrètes au bureau du procureur général
Diego Villafañe, ancien numéro deux du procureur général Álvaro García Ortiz, a déclaré au juge Santiago Pedraz le 15 juillet 2026 à Madrid avoir tenu deux réunions au siège de la Fiscalía General, rue Fortuny, avec Leire Díez, une ancienne militante du PSOE connue comme la « plombière » du parti, et l'avocat Jacobo Teijelo, qui représente l'ancien secrétaire à l'Organisation du PSOE, Santos Cerdán. La première rencontre a eu lieu le 6 mars 2025, Villafañe étant accompagné de la procureure Beatriz López Pesquera. Une seconde réunion a suivi quelques jours plus tard, à laquelle seul Villafañe a participé. Les deux n'ont pas duré plus de 15 minutes et n'ont pas été officiellement enregistrées, une routine dans un bâtiment où seuls les journalistes sont soumis à un contrôle d'identité.
- Leire Díez envoie des messages à la présidente du PSOE Cristina Narbona proposant son aide après la mise en examen de Begoña Gómez.
- Première réunion à la Fiscalía General : Villafañe, López, Teijelo et Díez.
- Deuxième réunion avec la seule présence de Villafañe.
- Álvaro García Ortiz est formellement inculpé pour avoir divulgué des informations sur le partenaire d'Isabel Díaz Ayuso.
- Villafañe et López témoignent devant le juge Santiago Pedraz.
Villafañe a décrit les séances comme « martiennes » et insignifiantes, affirmant n'avoir jamais compris comment elles avaient été organisées, car il recevait régulièrement des avocats et des citoyens. López a partagé cet avis, ajoutant que les discussions portaient sur des plaintes concernant des enquêtes pour fraude à la TVA dans le secteur des hydrocarbures.
Ce que les procureurs auraient discuté
Selon le témoignage de Villafañe, Teijelo a évoqué le nom de Miguel Ángel Rodríguez, chef de cabinet de la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, du Parti populaire (PP) conservateur. L'avocat a affirmé que Rodríguez s'apprêtait à rejoindre le groupe énergétique Repsol (présidé par Antonio Brufau) et a utilisé ce lien présumé pour associer le PP à de prétendues manœuvres de Repsol visant à éliminer les opérateurs indépendants de carburants par le biais d'enquêtes instrumentalisées. Villafañe a également déclaré que Teijelo s'était plaint des retards du procureur anticorruption José Grinda dans le signalement de certaines de ces dénonciations, et que Grinda et le chef de l'Anticorruption, Alejandro Luzón, étaient les cibles du réseau que l'enquête appelle les « cloacas » (égouts) du PSOE.
L'implication de García Ortiz
Après la première réunion, Villafañe et López ont croisé García Ortiz par hasard dans le couloir de la Fiscalía. À sa demande, ils l'ont informé dans son bureau de ce qui avait été discuté. Villafañe a témoigné que le procureur général considérait l'affaire comme dépourvue de pertinence pénale et a ensuite dit à l'un des procureurs de l'oublier.
Oubliez ça, ne vous inquiétez pas.
Ni le Parquet anticorruption ni le Parquet de l'Audience nationale n'ont jamais été informés des rencontres.
Le témoignage de Narbona et l'enquête plus large
Le même jour, la présidente du PSOE, Cristina Narbona, a comparu comme témoin devant Pedraz. Elle a déclaré qu'il y avait des signes inquiétants concernant la conduite de Leire Díez, faisant référence à des messages que l'ancienne militante lui avait envoyés en 2024, proposant son aide après la mise en examen de Begoña Gómez, l'épouse du Premier ministre. Narbona n'a pas précisé ce qu'impliquaient ces signes.
Il y a des indications inquiétantes.
Le témoignage des deux procureurs s'inscrit dans le cadre de la « affaire Leire », qui cherche à déterminer si ces rencontres faisaient partie d'une stratégie, prétendument menée par Santos Cerdán, visant à perturber les opérations policières et judiciaires susceptibles de nuire au gouvernement ou au PSOE. Leire Díez et Jacobo Teijelo sont tous deux mis en examen dans le cadre de cette procédure.


