
Hegseth impose un dépistage de la testostérone pour les soldats américains de plus de 30 ans, suscitant les critiques des experts médicaux
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a ordonné un dépistage annuel obligatoire de la testostérone pour tous les soldats âgés de 30 ans et plus, avec une hormonothérapie volontaire pour ceux présentant une carence. Cette politique, annoncée mercredi, suscite de vives critiques de la part d'experts médicaux qui estiment que le lien entre la testostérone et les performances au combat n'est pas scientifiquement établi.
L'annonce
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a dévoilé la politique dans une vidéo publiée sur X mercredi, accompagnée du texte « The High-T Department of War ». Tous les militaires âgés de 30 ans et plus seront testés pour une carence en testostérone lors de leur évaluation de santé annuelle. Les moins de 30 ans peuvent s'inscrire volontairement. Si une carence est détectée, un traitement de substitution de la testostérone sera proposé sur une base volontaire.
Si un traitement est recommandé, c'est entièrement votre choix de recevoir une thérapie de remplacement de la testostérone.
Hegseth a présenté l'initiative comme un moyen de restaurer les capacités naturelles plutôt que d'amélioration artificielle. Il a déclaré qu'elle préserverait la longévité et garantirait que les soldats aient la base biologique pour soutenir le combat. Le Pentagone n'a pas précisé si la thérapie serait disponible pour les plus de 231 000 femmes servant dans les forces armées, bien que le mémorandum ne les exclue pas explicitement.
Contestation scientifique
Les spécialistes médicaux ont rapidement contesté le postulat. Laurent Vaucher, urologue aux Hôpitaux universitaires de Genève, a déclaré à RTS que les niveaux de testostérone varient considérablement chez les hommes et que les performances dépendent de l'efficacité cellulaire et métabolique, pas seulement de la concentration hormonale.
Ce n'est pas votre taux de testostérone qui détermine vos performances.
Adrian Dobs, chercheuse à Johns Hopkins, a déclaré à Wired qu'elle était surprise par cette politique. Elle a noté que le diagnostic de l'hypogonadisme est complexe : les taux fluctuent selon les rythmes circadiens, le type de test utilisé et l'effort physique récent d'un individu. Un soldat revenant d'un entraînement de base, a-t-elle dit, ne peut pas être évalué de la même manière qu'un employé de bureau. Vaucher a également averti que la supplémentation en testostérone peut réduire la qualité du sperme, pouvant entraîner une infertilité, et augmenter le risque de coagulation sanguine, conduisant à une thrombose.
Contexte politique et culturel
Ce mandat de dépistage s'inscrit dans un schéma plus large. Hegseth prône depuis longtemps une armée plus masculine, renommant le département de la Défense en département de la Guerre, se moquant des généraux en surpoids et interdisant les barbes. Il avait auparavant soutenu que les femmes devraient être exclues des rôles de combat, bien qu'il ait assoupli cette position lors de son audience de confirmation. Cette politique s'aligne également sur les efforts du secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr. pour faciliter l'obtention de prescriptions de testostérone. La FDA a proposé des modifications réglementaires en juin pour assouplir les restrictions concernant la faible testostérone liée à l'âge.
Il a cette vision masculiniste de l'armée, à transpirer dans les salles de sport comme lui. Il ne veut des soldats qu'à son image.
L'utilisation de la testostérone a été multipliée par 13 aux États-Unis au cours des cinq dernières années selon Vaucher. Les Navy SEALs ont été scrutés après la mort d'une recrue en 2022 qui a révélé une utilisation généralisée de substances améliorant les performances, ce qui a incité la Marine à lancer un programme antidopage en 2023.
- Un recrue des Navy SEAL meurt lors de l'entraînement ; une enquête révèle une utilisation généralisée de la testostérone dans le programme d'élite.
- La Marine lance un programme antidopage pour détecter la testostérone et les substances apparentées.
- La FDA propose d'assouplir les restrictions sur les prescriptions de testostérone pour la faible testostérone liée à l'âge.
- Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth annonce un dépistage annuel obligatoire de la testostérone pour les soldats âgés de 30 ans et plus.
Prochaines étapes
Les dépistages annuels commenceront avec le prochain cycle d'évaluation de santé pour le personnel de 30 ans et plus. Les soldats présentant un faible taux de testostérone peuvent choisir un traitement, mais le Pentagone n'a pas précisé comment la carence sera définie ni quels traitements seront proposés. Le silence de la politique concernant les soldates laisse des questions ouvertes sur sa portée. Pendant ce temps, les modifications réglementaires proposées par la FDA sont toujours à l'étude, et l'effort plus large de l'administration pour promouvoir la thérapie à la testostérone continue de susciter à la fois soutien et critiques de la part des professionnels de santé.


