
La justice espagnole maintient le mandat d'arrêt contre le fugitif de l'ETA retrouvé vivant dans les décombres du séisme au Venezuela
Luis María Olalde, alias « Txistu », ancien membre de l'ETA recherché pour une attaque en 1979 qui a tué deux gardes civils espagnols, a été secouru des décombres de son immeuble effondré à Caracas après les séismes du 25 juin. Les autorités espagnoles ont désormais entamé une procédure d'extradition.
Les violents séismes qui ont frappé le Venezuela fin juin, tuant plus de 4 500 personnes, ont conduit à la découverte inattendue d'un fugitif recherché de longue date. Luis María Olalde Quintela, connu sous le nom de « Txistu », ancien membre du groupe séparatiste basque ETA, a été extrait vivant des décombres de son immeuble résidentiel dans le quartier de San Bernardino à Caracas. Son épouse, Alazne Solabarrieta Lecea, est morte dans l'effondrement.
Une attaque vieille de plusieurs décennies
Olalde est soupçonné d'avoir participé à une attaque de l'ETA contre une patrouille de la Garde civile espagnole le 13 janvier 1979, entre les villes guipuzcoanes d'Azpeitia et d'Azkoitia au Pays basque. Selon l'acte d'accusation déposé par l'association de victimes Dignidad y Justicia (DyJ), deux officiers, Francisco Gómez Jiménez et Miguel García Bayo, ont été tués, et plusieurs autres blessés. Une autre source rapporte qu'un troisième garde, Francisco Mota Calvo, est mort plus tard dans la journée lorsqu'une bombe a été accidentellement déclenchée lors de l'inspection des lieux. Olalde a fui l'Espagne pour le Venezuela plus tard cette même année.
Fuite au Venezuela
Olalde est arrivé au Venezuela dans les années 1980, avec d'autres membres de l'ETA, dans le cadre d'un prétendu accord d'asile verbal entre le gouvernement espagnol dirigé par Felipe González et le président vénézuélien Carlos Andrés Pérez. En 2003, la justice espagnole a demandé son extradition ainsi que celle de cinq autres etarras. Olalde s'est rendu au parquet vénézuélien, mais la Cour suprême du Venezuela lui a accordé la « pleine liberté » en mai 2003, invoquant des erreurs de procédure dans la demande d'extradition.
Bien que l'on estimât que le délai de prescription expirerait le 16 mai 2023, en raison du passage de vingt ans depuis la dernière décision de la Cour suprême vénézuélienne en date du 16 mai 2003, la vérité est que cette décision n'est pas devenue définitive, puisque par ordonnance du 9 juin 2003, l'extradition de l'accusé a été proposée au gouvernement.
La réponse judiciaire
Le 25 juin, le jour même où le sauvetage d'Olalde a été rendu public, le juge Francisco de Jorge de l'Audiencia Nacional espagnole a rejeté les arguments de la défense d'Olalde selon lesquels les crimes étaient prescrits et a ordonné le maintien du mandat d'arrêt international. La défense avait soutenu que le délai de prescription de 20 ans avait expiré en mai 2023. Le juge a répliqué que la décision vénézuélienne de 2003 n'était jamais devenue définitive, une ordonnance ultérieure du 9 juin 2003 ayant proposé l'extradition aux autorités vénézuéliennes. Cependant, la décision n'est pas définitive et a déjà fait l'objet d'un appel de la part de l'avocat d'Olalde.
Les victimes poussent à l'action
Le 7 juillet, le juge Santiago Pedraz a admis une plainte pénale déposée par DyJ, qui qualifiait la découverte d'« occasion procédurale exceptionnelle » de poursuivre une justice longtemps frustrée par la fuite d'Olalde. L'association a mis en garde contre « un certain risque de nouvelle dissimulation, de déplacement ou de disparition de l'accusé si des mesures ne sont pas prises d'urgence » et a demandé la communication immédiate du mandat d'arrêt international via Interpol.
Sa localisation constitue une occasion procédurale exceptionnelle de rendre effective une revendication longtemps frustrée par la fuite.
Olalde fait partie des 14 membres de l'ETA au sujet desquels l'Audiencia Nacional a récemment demandé des informations aux autorités vénézuéliennes dans le cadre d'une affaire ouverte en 2024 concernant le soi-disant Collectif des fugitifs politiques basques (EIPK). Un rapport de la Garde civile de septembre indique qu'Olalde fait partie d'une vingtaine de militants de l'ETA « considérés comme fugitifs de la justice », et une vieille photographie de lui figure encore sur le site web de la force, sollicitant la collaboration des citoyens.
- Attaque de l'ETA contre une patrouille de la Garde civile entre Azpeitia et Azkoitia ; deux officiers tués, plusieurs blessés.
- Olalde fuit l'Espagne pour le Venezuela.
- Olalde arrive au Venezuela dans le cadre d'un prétendu accord d'asile verbal entre Felipe González et Carlos Andrés Pérez.
- La Cour suprême vénézuélienne refuse l'extradition, accordant à Olalde la « pleine liberté » pour erreurs de procédure.
- Une ordonnance d'un tribunal espagnol propose l'extradition d'Olalde aux autorités vénézuéliennes, empêchant la décision de 2003 de devenir définitive.
- Séisme au Venezuela. Olalde est secouru des décombres ; le juge Francisco de Jorge rejette l'argument de la prescription et maintient le mandat d'arrêt international.
- Le juge Santiago Pedraz admet la plainte pénale de Dignidad y Justicia comme action populaire.
- L'Audiencia Nacional confirme que le mandat d'arrêt reste actif ; l'avocat d'Olalde a fait appel de la décision.
Le bilan du séisme
Selon un rapport officiel publié sur Telegram par le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, le bilan du séisme s'élève à 4 561 morts, le nombre de blessés restant à 16 740. Les données du ministère portugais des Affaires étrangères citées dans un rapport indiquent qu'au moins 114 ressortissants portugais et personnes d'origine portugaise sont morts, et 54 sont toujours portés disparus.
- Total des morts
- 4561 personnes
- Total des blessés
- 16740 personnes
- Morts portugais et luso-descendants
- 114 personnes
- Disparus portugais et luso-descendants
- 54 personnes

