
Paolo Fresco, président de Fiat et artisan de l'alliance avec GM, est mort à 93 ans
Le manager italien, surnommé « l'Américain » pour ses décennies passées chez General Electric, a dirigé le constructeur turinois de 1998 à 2003 et a orchestré l'alliance de 2000 avec General Motors.
Paolo Fresco, l'ancien président de Fiat qui a négocié l'alliance décisive avec General Motors, est mort le 12 juillet à l'âge de 93 ans (le rapport de La Stampa l'avait par erreur donné pour 83 ans). Fresco était une figure majeure de l'industrie italienne, ayant été vice-président de General Electric avant d'être appelé par Gianni Agnelli pour diriger Fiat à une période cruciale de mondialisation.
- Nommé vice-président de General Electric à New York
- Devient président de Fiat, nommé par Gianni Agnelli à 65 ans
- Négocie l'alliance décisive avec General Motors
- Quitte la présidence de Fiat
- Meurt à l'âge de 93 ans
De Gênes au sommet de GE
Né à Milan et élevé à Gênes, Fresco est diplômé en droit de l'Université de Gênes. Il a fréquenté le Liceo Classico Andrea Doria, où ses camarades de classe comptaient les jumeaux Villaggio et un cercle qui incluait un jeune Fabrizio De André et Gino Paoli parmi ses amis. Fresco a débuté sa carrière au cabinet d'avocats Lefebvre D'Ovidio avant de rejoindre Cge à 28 ans, puis de passer à la société mère américaine. Pendant trois décennies, il a gravi les échelons chez General Electric, devenant vice-président en 1991 et la main droite du PDG Jack Welch. Son opération phare y fut l'acquisition de Nuovo Pignone à Florence, qui prospéra sous la propriété de GE.
À la barre de Fiat et le pacte avec GM
En juin 1998, à 65 ans, Fresco est nommé président de Fiat par Gianni Agnelli. Surnommé « l'Americano » à Turin, il s'attelle immédiatement à donner au groupe une véritable envergure mondiale. Le moment décisif survient en 2000 lorsqu'il négocie personnellement l'alliance avec General Motors, un accord qui donne à GM une participation dans Fiat Auto et une option pour racheter le reste. Ce pacte rapportera plus tard une manne de plusieurs milliards d'euros au groupe italien lorsque le partenariat sera dénoué. Fresco quitte la présidence de Fiat en février 2003.
La foi d'un mondialiste
Fresco était un défenseur assumé de la mondialisation. « Elle ne fait de mal qu'à ceux qui n'y participent pas », disait-il, reprenant la célèbre maxime d'Andreotti, tout en insistant sur des « contrôles efficaces contre les abus ». Il était un ami proche de Mario Draghi, une amitié remontant à des randonnées en montagne dans leur jeunesse. Dans ses dernières années, il a salué la création de Stellantis comme « une opération bien meilleure pour Fiat ».
L'adieu d'Elkann
John Elkann, président de Stellantis et membre de la famille Agnelli, a rendu un hommage sincère : « Ci ha lasciato un grande italiano, un uomo intelligente e sensibile, e per me soprattutto un amico, oltre che mentore generoso, per il sostegno che mi diede agli inizi della mia carriera. »
Un grand Italien nous a quittés, un homme intelligent et sensible, et pour moi surtout un ami, ainsi qu'un mentor généreux, pour le soutien qu'il m'a apporté au début de ma carrière.
Elkann a ajouté que Fresco avait été « toujours loyal envers ma famille » et que ses cinq années à la présidence avaient donné à Fiat des perspectives mondiales, posant les bases du renouveau des années 2000. Il a conclu : « Aujourd'hui qu'il a rejoint sa femme bien-aimée Marlene, je me souviens de lui avec affection, estime et profonde gratitude. »
Philanthropie et dernières années
Après la mort de sa femme Marlene des suites de la maladie de Parkinson en 2015, Fresco a consacré une grande partie de sa fortune restante à la recherche sur cette maladie via une fondation portant leurs deux noms. Il citait souvent sa conviction que « le ressort positif du monde est l'amour » et se décrivait comme un optimiste jusqu'à la fin. Son œuvre, mêlant droit, pouvoir d'entreprise américain et la refonte de l'une des dynasties industrielles les plus célèbres d'Italie, a laissé une marque indélébile sur deux continents.


