
Mette Frederiksen obtient un troisième mandat de Premier ministre du Danemark après des négociations de coalition record
La sociale-démocrate Mette Frederiksen dirigera une coalition minoritaire centre-gauche de quatre partis, mettant fin à 69 jours de négociations qui ont suivi des élections de mars sans majorité claire.
L'accord de coalition
Mette Frederiksen a annoncé lundi soir être parvenue à former un nouveau gouvernement, plus de deux mois après les élections législatives danoises du 24 mars. La sociale-démocrate de 48 ans a rencontré le roi Frederik X à bord du yacht royal Dannebrog à Odense pour confirmer l'accord. La coalition rassemble les sociaux-démocrates de Frederiksen, le Parti populaire socialiste (SF), les Modérés centristes menés par le ministre sortant des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen, et le Parti social-libéral (Radikale Venstre).
J'ai annoncé qu'après de longues négociations, un gouvernement peut être formé.
Les quatre partis détiennent ensemble 82 des 179 sièges du Folketing, soit huit de moins qu'une majorité. Les gouvernements minoritaires sont courants au Danemark, et les médias indiquent que l'Alliance rouge-verte (Enhedslisten) devrait apporter un soutien externe pour faire adopter les lois.
Le chemin vers l'accord
Frederiksen a convoqué des élections anticipées en février, cherchant apparemment à capitaliser sur un regain de popularité dû à ses confrontations avec le président américain Donald Trump au sujet du Groenland. Le pari n'a pas été pleinement gagnant : ses sociaux-démocrates ont remporté 38 sièges, leur pire résultat depuis 1903, bien qu'ils soient restés de loin le premier parti. Ni le bloc de gauche ni celui de droite n'ont obtenu de majorité, déclenchant une période prolongée de marchandage.
Deux tentatives antérieures de former un gouvernement ont échoué. Le premier cycle de négociations de Frederiksen a capoté, et le roi Frederik X a alors chargé l'ancien ministre de la Défense Troels Lund Poulsen, du parti libéral Venstre, de tenter de former une coalition centre-droit. Cet effort a également échoué, et le roi a reconduit Frederiksen pour une ultime tentative fin mai. La période de négociation de 69 jours est un record dans l'histoire danoise.
Concessions politiques et priorités
Un obstacle clé lors des pourparlers était la proposition de Frederiksen d'un impôt sur la fortune, qu'elle avait avancée en convoquant les élections. Elle a abandonné cette demande après qu'il est apparu qu'il n'existait pas de majorité parlementaire pour la soutenir. Le programme du nouveau gouvernement sera présenté mardi, et les noms des ministres seront annoncés mercredi.
Frederiksen a indiqué que la sécurité et l'immigration seraient des piliers centraux. Son précédent gouvernement a mené une politique migratoire restrictive, et elle a proposé un « frein d'urgence » sur l'asile et un contrôle renforcé des criminels étrangers, évoquant une possible recrudescence migratoire liée à la guerre en Iran. La campagne électorale a également été dominée par le débat sur l'élevage industriel porcin, un secteur important mais très polluant au Danemark.
Notre programme gouvernemental est bon pour les personnes qui vivent aujourd'hui au Danemark et pour les générations futures, ainsi que pour les animaux.
Le contexte groenlandais
Le deuxième mandat de Frederiksen a été marqué par une hausse du coût de la vie qui a érodé son soutien, mais elle a regagné du terrain pendant la crise autour des visées déclarées de Trump sur le Groenland, un territoire danois autonome. L'affrontement avec Washington a contribué à la présenter comme une défenseure de la souveraineté danoise. Dans le discours du nouveau gouvernement, l'accent s'est toutefois déplacé vers le tableau plus large de la sécurité arctique et « la menace russe », plutôt que les manœuvres américaines.
Le Danemark rejoint désormais l'Espagne et Malte comme l'un des trois seuls pays de l'UE dirigés par un gouvernement social-démocrate, après la victoire électorale de Robert Abela à Malte le week-end dernier.
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- La première tentative de Frederiksen de former un gouvernement échoue
- Le roi charge Troels Lund Poulsen (Venstre) de former un gouvernement centre-droit ; la tentative échoue
- Le roi reconduit Frederiksen pour une ultime tentative de négociation
- Frederiksen annonce une coalition centre-gauche de quatre partis après 69 jours de pourparlers
- Le programme du gouvernement doit être présenté
- Les nouveaux ministres doivent être annoncés
- Sociaux-démocrates
- 38 seats
- Parti populaire socialiste
- 20 seats
- Modérés
- 14 seats
- Sociaux-libéraux
- 10 seats


