
Frappes aériennes pakistanaises en Afghanistan : au moins 9 morts, Kaboul et Islamabad donnent des bilans contradictoires
L'aviation pakistanaise a frappé des cibles dans les provinces de Kunar et d'Helmand dans la nuit de mercredi, détruisant trois maisons et tuant au moins neuf civils selon les responsables talibans, tandis qu'Islamabad fait état de 22 combattants tués.
Frappes aériennes pakistanaises dans les provinces de Kunar et d'Helmand
L'armée de l'air pakistanaise a mené une série de frappes aériennes à l'intérieur de l'Afghanistan tard mercredi 30 septembre 2026. Le bombardement a visé des localités des provinces de Kunar et d'Helmand, touchant trois maisons d'habitation et les détruisant entièrement, selon les déclarations du gouvernement taliban de facto à Kaboul. Les autorités afghanes ont indiqué que les frappes ont touché des districts des deux provinces. L'opération aérienne transfrontalière met fin à une période d'environ trois mois d'accalmie relative entre les deux voisins d'Asie du Sud. Les deux États sont désormais exposés à une possible reprise totale des hostilités armées le long de leur frontière commune après cette action militaire.
Les responsables talibans font état de victimes civiles dans des maisons détruites
Les bilans des autorités afghanes font état de morts civils causés par le bombardement nocturne. L'administration talibane de facto a annoncé qu'au moins 9 civils ont été tués et 11 autres blessés lors des frappes dans les provinces de Kunar et d'Helmand. Zabihullah Mujahid, porte-parole officiel du gouvernement taliban, a confirmé que les neuf victimes étaient toutes des femmes et des enfants. Mujahid a publié des photographies des victimes et des trois maisons détruites pour étayer le bilan des morts civils. Le porte-parole a formellement condamné l'opération transfrontalière pakistanaise.
Nous condamnons cet acte, qui constitue une attaque et un crime violant tous les principes admis.
Mujahid a répété que le bombardement avait visé des habitations civiles et non des installations militantes dans les deux provinces. L'administration talibane a déclaré que l'opération violait les principes établis régissant les relations entre États voisins. Les responsables afghans ont qualifié le bombardement d'assaut transfrontalier sans provocation contre des habitations.
Le Pakistan annonce 22 combattants tués dans des frappes contre des cachettes
Le gouvernement pakistanais a livré un récit opposé de l'opération aérienne transfrontalière. Dans une annonce officielle, les autorités pakistanaises ont confirmé que l'armée de l'air avait mené des frappes ciblées contre des cachettes d'organisations terroristes situées à l'intérieur de l'Afghanistan. Selon Islamabad, les frappes ont tué 22 personnes identifiées comme terroristes sur les sites visés. Les responsables pakistanais ont déclaré que l'opération militaire avait détruit de grandes quantités d'armes et de munitions stockées dans ces cachettes. Le gouvernement pakistanais a soutenu que la mission aérienne visait des infrastructures militantes et non des habitations.
- Décompte officiel taliban (civils)
- 9
- Décompte officiel pakistanais (combattants)
- 22
Les autorités pakistanaises ont affirmé que les complexes visés servaient de bases arrière pour des attaques armées de l'autre côté de la frontière. Islamabad a indiqué que l'opération visait à réduire les capacités des militants après des activités insurgées répétées sur le territoire pakistanais.
Accusations de sanctuaires et différends transfrontaliers
Les frappes transfrontalières font suite à des frictions prolongées entre le Pakistan et l'Afghanistan, deux pays voisins autrefois proches alliés. Les relations bilatérales se sont dégradées principalement en raison des activités d'organisations djihadistes opérant sur le territoire pakistanais. Islamabad accuse à plusieurs reprises l'administration talibane de facto à Kaboul d'offrir un sanctuaire à des militants extrémistes qui planifient et mènent des attaques à l'intérieur du Pakistan. Le gouvernement taliban à Kaboul nie ces accusations et rejette les affirmations selon lesquelles il abrite des factions armées. Les responsables afghans affirment que la violence extrémiste est un problème intérieur pakistanais et non un problème venant du sol afghan. Kaboul a répété que les autorités pakistanaises doivent régler leurs difficultés de sécurité intérieure à l'intérieur de leurs propres frontières.

