Une frappe de missiles houthis sur l'aéroport de Riyad fait au moins 13 morts et des centaines de blessés
Les forces houthies ont tiré des missiles sur l'aéroport international King Khalid samedi 10 octobre, la frappe la plus meurtrière contre l'Arabie saoudite depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran en février.
La frappe sur Riyad
Samedi 10 octobre, les forces houthies ont tiré des missiles sur l'aéroport international King Khalid, à Riyad, la capitale saoudienne. Des images de surveillance montrent une boule de feu au moment où des passagers couraient se mettre à l'abri, et des séquences diffusées par l'Arabie saoudite ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Les bilans diffèrent selon les sources. La BBC fait état d'au moins 14 morts et de centaines de blessés, tandis que The Independent et la transcription du podcast du FT donnent 13 morts, la transcription citant plus de 300 blessés. The Independent compte également la frappe de l'aéroport comme la troisième installation touchée en une semaine par les forces houthies. Bloomberg décrit des missiles et des drones tirés depuis le Yémen par le groupe soutenu par l'Iran comme ayant semé le chaos à travers l'Arabie saoudite.
Pourquoi l'attaque compte
Le Financial Times qualifie la frappe de plus meurtrière contre l'Arabie saoudite depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran en février. Emile Hokayem, de l'International Institute for Strategic Studies, s'exprimant dans un podcast du FT, a déclaré qu'aucune attaque iranienne contre un État du Golfe n'avait causé autant de victimes civiles. Il a ajouté que l'aéroport de Riyad devrait accueillir plusieurs visiteurs de très haut rang dans les semaines à venir, ce qui fait de l'attaque un problème de réputation et de sécurité pour la capitale. Il a résumé la situation simplement :
Il est indéniable que c'est une évolution très malvenue pour l'Arabie saoudite.
Les houthis espèrent infliger des dégâts économiques à un royaume qui poursuit un plan ambitieux visant à détacher son économie du pétrole. Le podcast rappelle aussi une attaque de drones en septembre qui a frappé l'oléoduc est-ouest traversant le pays.
- Début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran
- Une attaque de drones frappe l'oléoduc est-ouest
- Une frappe de missiles houthie touche l'aéroport international King Khalid, à Riyad
Pourquoi les défenses saoudiennes ont été prises en défaut
L'Arabie saoudite a dépensé des centaines de milliards de dollars en plusieurs décennies pour son armée, ce qui la place parmi les dix premiers pays pour les dépenses d'armement. Selon les analystes, le royaume a acheté des armes à « effet de prestige », comme des avions de combat de haute technologie et les derniers intercepteurs de missiles, tandis que les houthis s'appuient souvent sur des drones bon marché ou des missiles de croisière volant à basse altitude que les forces saoudiennes ont du mal à détecter. Les défenses saoudiennes ont aussi été conçues autour de menaces venant de l'est ou du nord-est, de l'Iran ou de l'Irak, plutôt que du Yémen, au sud-ouest. Enfin, l'armée a été scindée en deux branches concurrentes pour se prémunir contre les coups d'État, et chaque branche souffre d'une prise de décision très centralisée qui limite la flexibilité, selon les analystes. Burcu Ozcelik, spécialiste des questions de sécurité au Moyen-Orient au Royal United Services Institute de Londres, résume les dégâts :
C'est un moment extrêmement ébranlant pour Riyad, humiliant à bien des égards.
La reprise des combats a rallumé une guerre que le royaume avait déclenchée en 2015.
Le rôle des États-Unis et la suite
L'Arabie saoudite s'appuie depuis longtemps sur le soutien financier, militaire et du renseignement des États-Unis, en particulier dans sa lutte contre les houthis. Washington a, à ce jour, montré un intérêt limité pour une participation directe aux combats. La BBC demande pourquoi les États-Unis se retiennent et ce que cela signifie pour les populations prises entre deux feux. Le FT demande comment les alliés de l'Arabie saoudite, notamment les États-Unis, la Turquie et le Pakistan, réagiront au danger. Le même programme du FT demande pourquoi les houthis sont si difficiles à vaincre.
