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Diplomatie·-2 h

Meloni riposte à Trump qui affirme qu'elle l'a « supplié » pour une photo au G7 ; le chef de la diplomatie italienne annule sa visite aux États-Unis

Giorgia Meloni a fermement démenti l'affirmation de Donald Trump selon laquelle elle l'aurait supplié pour une photo lors du sommet du G7, le ministre italien des Affaires étrangères annulant un voyage prévu à Washington en signe de protestation.

D'alliée à adversaire

Giorgia Meloni était le seul dirigeant européen invité à l'investiture de Donald Trump en 2025, signe de leur proximité idéologique. Dix-huit mois plus tard, cette relation est en ruines. Lors du sommet du G7 en France cette semaine, les deux dirigeants ont été décrits comme interagissant avec une « froideur protocolaire », et le cabinet de Meloni a noté que leur brève rencontre bilatérale s'est déroulée « sans plaisanteries ni badinage ». Une vidéo montrant Meloni détournant le regard tandis que d'autres dirigeants discutaient d'un événement UFC organisé par Trump à la Maison-Blanche est devenue virale.

L'affirmation sur la photo et la réponse de Meloni

La rupture a éclaté au grand jour le 19 juin, lorsque Trump a déclaré à la télévision italienne La7 que Meloni l'avait « supplié » pour une photo au G7. « Elle voulait tellement une photo avec moi. Je ne l'aurais pas prise, mais j'ai eu pitié d'elle », a-t-il déclaré. En quelques heures, Meloni a publié une vidéo sur X qualifiant ce récit de « complètement faux » et affirmant être « honnêtement sans voix ».

Il est regrettable qu'il ne montre pas la même détermination envers les ennemis de l'Occident, les ennemis des États-Unis, envers des dirigeants avec lesquels il semble beaucoup plus conciliant. Cependant, il y a une chose qu'il doit retenir : moi et l'Italie ne supplions jamais.

Rome réagit

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a annoncé qu'il annulait une visite à Washington prévue les 21 et 22 juin.

Les commentaires graves et insultants du président Trump envers le Premier ministre offensent toute l'Italie.

Le vice-Premier ministre Matteo Salvini a ajouté que « quiconque insulte Giorgia insulte nous tous », tandis que le ministre de la Défense Guido Crosetto a déclaré qu'il n'imaginait pas Meloni supplier quiconque, même sous la menace.

Tensions plus larges au G7

Cette querelle s'inscrit dans un schéma récurrent. Trump s'est heurté à plusieurs reprises à ses homologues du G7 : il a comparé défavorablement le Premier ministre britannique Keir Starmer à Winston Churchill lorsque Londres a hésité à autoriser l'utilisation d'une base dans l'océan Indien pour des frappes contre l'Iran ; il a qualifié le Premier ministre canadien de « gouverneur » lors de différends commerciaux ; et il a lancé des piques personnelles à l'encontre d'Emmanuel Macron au sujet d'une vidéo de 2025 montrant son épouse le poussant au visage. Macron a qualifié ces remarques de « pas élégantes et pas dignes de la fonction ».

Une stratégie mise à l'épreuve

Le politologue Piero Ignazi de l'Université de Bologne a estimé que cette crise impose un choix à Meloni.

Meloni ne peut pas constamment changer de position en fonction des déclarations de Trump. Elle doit décider si elle veut adopter une ligne moins conciliante ou, comme d'autres pays, par exemple le Canada, adopter une approche plus déterminée.

Les figures de l'opposition en Italie ont saisi cette querelle comme la preuve que la stratégie de longue date de Meloni, visant à servir de pont entre Washington et l'Europe, a atteint ses limites.

Rome · Washington, D.C. · Versailles

8 sources

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