
Les médecins espagnols entament leur dernière semaine de grève avant l'été et menacent d'une action illimitée en septembre
Plus de 600 médecins se sont rassemblés à Madrid pour le début de la cinquième et dernière semaine de grève nationale contre les réformes de santé, les syndicats annonçant une grève illimitée après la pause estivale.
Cinquième semaine de protestation
Les médecins espagnols ont lancé le 15 juin leur cinquième et dernière semaine de grève avant l'été, dans le cadre d'une série de débrayages contre le projet de réforme de l'Estatuto Marco. La manifestation devant le ministère de la Santé à Madrid a rassemblé environ 600 praticiens venus de tout le pays, selon les estimations syndicales.
Le comité de coordination regroupe six syndicats médicaux : la Confederación Española de Sindicatos Médicos (CESM), le Sindicato Médico Andaluz (SMA), Metges de Catalunya (MC), l'Asociación de Médicos y Titulados Superiores de Madrid (AMYTS), le Sindicato Médico de Euskadi (SME) et le Sindicato de Facultativos de Galicia Independientes (O'MEGA). Ils se sont engagés à respecter les mois d'été en raison de la surcharge des effectifs, mais prévoient d'annoncer les modalités d'une grève illimitée et d'autres mesures en septembre si aucune avancée n'est constatée.
Le litige autour de l'Estatuto Marco
Le projet de loi a été approuvé par le Conseil des ministres le 2 juin, sur la base d'un accord conclu en janvier entre le ministère de la Santé et quatre autres syndicats (SATSE-FSES, FSS-CCOO, UGT, CSIF). Le statut actuel régissant les conditions de travail des professionnels de santé n'a pas été mis à jour depuis 23 ans.
Les médecins grévistes réclament un statut-cadre distinct reconnaissant leurs formations, responsabilités et rythmes de travail spécifiques. Ils demandent des gardes volontaires comptabilisées pour la retraite et mieux rémunérées, ainsi qu'une classification professionnelle reflétant leurs qualifications.
Il s'agit du plus grand conflit sanitaire des deux dernières décennies.
Blocage politique
La semaine dernière, la ministre de la Santé Mónica García a convoqué le Conseil interterritorial du système national de santé (CISNS) pour discuter de la réforme et de la grève avec les communautés autonomes. La réunion s'est terminée sans accord, les régions ayant refusé de voter sur les points répondant aux revendications des professionnels de santé.
Les communautés autonomes ont décidé de ne pas s'engager sur ces revendications qui résoudraient le conflit. Aujourd'hui, les communautés auraient pu débloquer la situation en assumant leur part de responsabilité (...) mais elles ont décidé de ne pas le faire, elles ont choisi de regarder ailleurs.
Les dirigeants syndicaux ont appelé le Premier ministre Pedro Sánchez à intervenir directement, arguant que le ministère n'a présenté aucune nouvelle proposition et que les négociations restent gelées.
Impact sur les patients
Depuis le début des grèves, plus de trois millions d'actes médicaux (rendez-vous, consultations et interventions) ont été annulés, ont reconnu les syndicats. Miguel Lázaro, président de la CESM, a déclaré lors du rassemblement à Madrid : "Il y a trois millions de patients touchés pendant les jours de grève, auxquels nous présentons nos excuses."
En Castille-La Manche, où environ 7 500 médecins ont été appelés à la grève, le service régional de santé (Sescam) a récemment accepté de rétablir le plan de progression de carrière des médecins. Cependant, le président du syndicat local Juan José García Cruz reste critique, accusant le gouvernement régional de promesses non tenues depuis des années et insistant sur le fait que les médecins doivent négocier leurs conditions de travail séparément des autres travailleurs de la santé.
Perspectives
La phase de consultation publique du projet de loi Estatuto Marco devrait s'achever fin juin, après quoi le texte entamera son parcours parlementaire. Le ministère restant ferme et les syndicats promettant un automne agité, l'impasse ne montre aucun signe de résolution avant la pause estivale.


