
La vainqueure de l'élection berlinoise Elif Eralp sous le feu des critiques pour son passé au sein de Rote Hilfe
Après la victoire de Die Linke à l'élection régionale berlinoise du 20 septembre 2026, la cheffe du parti Elif Eralp a confirmé avoir appartenu par le passé à Rote Hilfe, une organisation classée à l'extrême gauche par les services de renseignement intérieur.
Un passé militant sous examen
Après l'élection régionale berlinoise du 20 septembre 2026, des articles publiés par la Frankfurter Allgemeine Zeitung ont révélé que la tête de liste de Die Linke, Elif Eralp, avait appartenu par le passé à l'organisation Rote Hilfe. Le siège berlinois de Die Linke a confirmé qu'Eralp en était membre jusqu'en 2025. Selon les déclarations du parti, elle avait adhéré pendant ses études de droit pour soutenir l'aide juridique à des personnes engagées dans des causes de gauche et sociales et dépourvues de ressources financières.
Le parti a indiqué qu'Eralp est restée membre passive pendant des années et qu'elle avait déclaré cette affiliation sur son profil officiel à la Chambre des députés de Berlin avant de démissionner en 2025 en raison de divergences politiques. La révélation est intervenue après la victoire électorale de Die Linke, qui a obtenu près de 26 % des voix, devançant l'Union chrétienne-démocrate (CDU). Eralp a été désignée tête de liste en octobre 2025 et se prépare à des discussions exploratoires en vue de former un gouvernement régional avec les Verts et le Parti social-démocrate (SPD).
- Rote Hilfe est fondée à l'initiative du KPD/ML.
- Les services de renseignement intérieur allemands commencent à surveiller Rote Hilfe.
- Elif Eralp démissionne de Rote Hilfe.
- Die Linke désigne Elif Eralp comme tête de liste pour l'élection régionale berlinoise.
- Die Linke remporte l'élection régionale berlinoise avec près de 26 % des voix.
- La Frankfurter Allgemeine Zeitung révèle l'adhésion passée d'Eralp à Rote Hilfe.
Évaluation des services de renseignement et contexte de l'organisation
L'Office fédéral de protection de la Constitution surveille Rote Hilfe depuis 2012 et la désigne comme le groupe le plus important de l'extrémisme de gauche allemand. Selon les rapports des services de renseignement, l'activité principale de l'organisation consiste à soutenir des délinquants d'extrême gauche confrontés à des procédures judiciaires ou à l'emprisonnement. Les conclusions des services indiquent que le groupe apporte une aide financière pour les frais d'avocat, les amendes et les peines pécuniaires, tout en refusant son aide si un prévenu coopère avec les autorités ou présente des excuses à l'audience.
Rote Hilfe a été fondée le 26 janvier 1975, à l'initiative du Parti communiste marxiste-léniniste d'Allemagne (KPD/ML), et son siège se trouve à Göttingen. L'organisation décrit sa mission sur son site internet :
La répression d'État frappe des individus, mais vise l'ensemble du mouvement. Rote Hilfe est une organisation de solidarité transversale pour tous les militants de gauche. Elle est solidaire de celles et ceux qui sont politiquement persécutés et oppose à la criminalisation d'État le principe de la solidarité collective.
L'organisation a versé environ 220 000 euros d'aide au cas par cas en 2019. Ses effectifs sont passés de 8 500 membres en 2017 à environ 19 800 en 2026, ce qui en fait la plus grande organisation de la mouvance de gauche allemande.
- 2017
- 8500 membres
- 2026
- 19800 membres
Réactions politiques et discussions de coalition
La révélation a suscité les critiques de responsables conservateurs à l'approche des négociations de coalition à Berlin. La secrétaire d'État parlementaire CDU Gitta Connemann a appelé le SPD et les Verts à refuser toute coalition avec Die Linke sous la direction d'Eralp, affirmant que l'adhésion à un groupe surveillé témoignait d'un mépris de l'État de droit.
Ni le SPD ni les Verts ne peuvent former une coalition avec une personne comme celle-là s'ils ne veulent pas dire adieu au centre politique.
Connemann a également soutenu les déclarations du ministre-président bavarois Markus Söder sur d'éventuelles conséquences financières pour Berlin. L'attention s'est aussi portée sur d'autres événements récents autour de Die Linke, notamment la présence d'une figure d'un clan arabe et d'un militant pro-palestinien controversé lors d'une fête post-électorale à Neukölln. Le député Die Linke Ferat Koçak fait l'objet de critiques sur ses liens avec des milieux claniques. Malgré ces critiques, les discussions exploratoires entre Die Linke, les Verts et le SPD restent prévues pour déterminer la formation du prochain Sénat de Berlin.

