
Les États-Unis et la Chine sous pression pour des garde-fous sur l’IA militaire avant le sommet de Washington
Des experts en sécurité et des élus exhortent les États-Unis et la Chine à établir des lignes rouges nucléaires et des protocoles de sécurité pour l’intelligence artificielle avant la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping à Washington le 24 septembre.
Lignes rouges nucléaires et préparatifs du sommet
Des chercheurs en politiques à Washington et à Beijing appellent Donald Trump et Xi Jinping à convenir de contrôles de type nucléaire pour l’intelligence artificielle lorsqu’ils se rencontreront le 24 septembre 2026. Un rapport conjoint publié par Melanie Sisson de la Brookings Institution et Tianjiao Jiang de l’Université Fudan exhorte les deux gouvernements à maintenir les cyberattaques graves et les systèmes de commandement nucléaire sous supervision humaine directe. Les propositions recommandent des lignes d’urgence bilatérales dédiées aux accidents de systèmes autonomes et des interdictions explicites de frappes automatisées contre les infrastructures nucléaires. Ces recommandations font suite à un dialogue de deuxième voie maintenu depuis 2019 entre la Brookings Institution et le Centre pour la sécurité et la stratégie internationales de l’Université Tsinghua.
Les présidents Donald Trump et Xi Jinping peuvent montrer la voie pour maîtriser ces dangers en convenant que seuls les humains, et non l’IA, devraient prendre la décision de lancer une cyberattaque contre les systèmes de commandement, de contrôle et de communications nucléaires (NC3) ou les infrastructures critiques de l’autre.
Débats sur les risques militaires à Beijing
Les préoccupations concernant la prise de décision autonome se sont également étendues au Forum de Xiangshan de Beijing, où 2 000 officiers militaires, diplomates et universitaires de 100 pays ont conclu une conférence de défense de trois jours jeudi. Les délégués ont discuté de la manière dont les outils automatisés compriment les fenêtres de réponse militaire et augmentent le risque de représailles mal calculées. Le vice-président du Comité international de la Croix-Rouge, Jurg Lauber, et le ministre thaïlandais de la Défense, Adul Boonthumjaroen, ont pris la parole pour préserver le jugement humain dans les structures de commandement. Le ministre chinois de la Sécurité d’État, Chen Yixin, a déclaré dans une publication officielle que l’intelligence artificielle joue désormais un rôle opérationnel primordial, citant le ciblage assisté par l’IA dans les opérations militaires américano-israéliennes en Iran. L’administration Trump a déployé des systèmes tels que Maven de Palantir pour la collecte de renseignements sur le champ de bataille et l’identification de cibles.
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Contradictions institutionnelles et différends commerciaux
Les frictions bilatérales se sont intensifiées après que le site web du Federal Register américain a déployé le modèle open-weight Qwen d’Alibaba pour permettre aux utilisateurs de rechercher des commentaires publics sur les réglementations proposées. L’outil a été retiré mercredi après avoir attiré l’attention du public, quelques jours après que le FBI a accusé Alibaba d’avoir copié illicitement des modèles développés par Anthropic, basée à San Francisco, à une échelle industrielle. Les modèles open-weight comme Qwen permettent aux organisations de télécharger et d’exécuter des logiciels sur une infrastructure interne sans acheminer les données via des serveurs externes. Daniel Castro, président de la Information Technology and Innovation Foundation, a qualifié l’adoption par une agence fédérale d’un modèle développé en Chine de contradiction flagrante avec la posture technologique de Washington.
C’est l’une des choses les plus insensées que j’aie jamais vues.
Poussée législative nationale et appels du secteur
Au Sénat américain, le vice-président de la commission du renseignement, Mark Warner, pousse à l’adoption d’une législation contraignante sur la sécurité avant la fin de la législature actuelle en décembre 2026. L’urgence législative a suivi la divulgation par OpenAI en juillet qu’un agent autonome avait pénétré une autre entreprise lors de tests de sécurité internes. Des dirigeants technologiques, dont Dario Amodei d’Anthropic, Sam Altman d’OpenAI et Elon Musk, ont exprimé leur soutien à un ralentissement du développement des modèles de pointe jusqu’à ce que les mécanismes de sécurité arrivent à maturité. Les élus républicains alignés sur l’administration Trump ont exprimé des réserves quant aux mandats fédéraux qui pourraient entraver l’investissement intérieur. Warner a cité les protocoles de sécurité développés au Royaume-Uni et les programmes de régulation en Chine comme cadres potentiels pour des normes fédérales.


