
Les procureurs polonais classent l'enquête sur l'incursion de drones russes sans identifier les auteurs
Le parquet de district de Lublin a classé son enquête sur l'incursion de drones des 9 et 10 septembre 2025, faute d'avoir pu identifier un auteur. Les enquêteurs ont trouvé des cartes SIM polonaises dans certains des drones, et l'essentiel du dossier est classifié.
Le parquet classe l'affaire
Le parquet de district de Lublin a classé son enquête sur l'incursion de drones de la nuit du 9 au 10 septembre 2025, faute d'avoir identifié les responsables. Son porte-parole, Marcin Kozak, a annoncé la décision lors d'un point presse le jeudi 8 octobre 2026, précisant que l'essentiel du dossier est classifié. Selon lui, les drones ont été lancés depuis le territoire d'un État hostile qui refuse de coopérer avec les autorités polonaises. Il a comparé ce dilemme à celui auquel les autorités néerlandaises ont été confrontées après la destruction du Boeing malaisien. Interrogé par Rzeczpospolita, Marcin Kozak a expliqué les motifs de la décision.
Je peux seulement dire que l'enquête a été classée parce que l'auteur de l'infraction consistant à violer l'espace aérien polonais, et à créer de ce fait une menace pour la sécurité publique, n'a pas été identifié.
L'incursion et les drones
Deutsche Welle a rapporté qu'une vingtaine de drones russes ont pénétré dans l'espace aérien polonais lors d'une vaste attaque russe contre l'Ukraine. Rzeczpospolita, citée par Niezalezna.pl, avance le chiffre de plus de 30, tandis que Radio ZET évoque plusieurs dizaines. Des débris ont été retrouvés dans 27 localités de cinq voïvodies (lubelskie, mazowieckie, swietokrzyskie, lodzkie et warminsko-mazurskie), bien qu'une relation du communiqué des procureurs par wnp.pl fasse état de 24 localités. Wpolityce.pl décrit les drones comme des appareils de type Gerbera, pour la plupart non armés et dépourvus de charges militaires ou d'explosifs. Deutsche Welle rapporte que la défense aérienne polonaise a été contrainte d'abattre des drones pour la première fois, et que Varsovie a qualifié l'incident d'acte d'agression et convoqué des consultations urgentes avec l'OTAN. Le ministère russe de la Défense a affirmé ne pas avoir prévu de frapper des cibles en Pologne, tandis que Varsovie estime que la violation de son espace aérien était planifiée.
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L'ancien chef du Service de contre-espionnage militaire, Maciej Materka, a déclaré à RMF24 que la Pologne ne peut pas présumer que les drones étaient accidentels.
Nous ne pouvons pas être naïfs et supposer que ces drones, qui ont pénétré dans l'espace aérien polonais, l'ont fait par accident.
Materka a déclaré que la Russie recourt à des méthodes de plus en plus brutales et mène une guerre cognitive, plaçant la Pologne dans une guerre hybride contre un adversaire qu'elle ne connaît pas entièrement.
La réponse militaire examinée
Les procureurs ont également examiné la réponse de l'armée polonaise. Sur décision du commandant opérationnel des branches des forces armées, des chasseurs F-35 ont tiré des missiles air-air destinés à détruire trois drones menaçant la sécurité de l'État. Les missiles ont manqué leurs cibles et des fragments sont tombés sur des terres agricoles et en forêt près de Choiny, Krzywowierzba-Kolonia, Cześniki et Wyhalew, où des matières explosives ont explosé. Les procureurs ont conclu que l'armée avait agi en état de nécessité et dans le cadre de ses compétences, et ont classé ce volet sans poursuites. Une enquête distincte sur une frappe de missile involontaire sur un immeuble d'habitation à Wyryki-Wola pendant les opérations militaires avait été classée plusieurs semaines plus tôt. Marcin Kozak a déclaré ne pas pouvoir préciser quels drones ont été abattus.
Le parquet a formulé son appréciation en ces termes :
Sur ce point, la conclusion est sans ambiguïté : l'armée a réagi de manière appropriée et a suivi les procédures applicables. Elle avait le droit d'abattre des objets hostiles.
Cartes SIM et documents classifiés
Certains des drones abattus transportaient des cartes SIM polonaises, selon Rzeczpospolita citée par Niezalezna.pl et RMF24. Marcin Kozak n'a pas dit si ces cartes avaient été volées ou achetées illégalement, et ce volet de l'enquête est classifié. Wpolityce.pl, citant l'enquête, situe les plateformes de lancement dans les oblasts russes de Briansk, Koursk et Belgorod ainsi qu'en territoire ukrainien occupé, et indique que certains drones ont survolé la Biélorussie avant d'entrer en Pologne. Le même média qualifie l'issue de capitulation des enquêteurs. La motivation de la décision reste classifiée, et la question de l'origine des cartes SIM n'est pas résolue.

